Tout me fait chier


A rose by any other name…
26 novembre 2009, 22:06
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Comme vous avez pu le constater grâce au super widget sur la colonne de gauche de ce blog, je suis présentement en train de lire I was told there’d be cake (littéralement: On m’avait dit qu’il y aurait du gâteau, ou librement interprété: J’ai été attirée ici sous de faux prétextes, à savoir que j’allais bouffer sur le bras de quelqu’un). Il s’agit en fait d’une collection de texte à saveur autobiographique, un peu comme si quelqu’un publiait les billets de son blog, mais en les étoffant et en créant ainsi quelque chose qui s’apparente à de courtes nouvelles. Ce livre m’a été recommandé par Mathieu A., qui y voit une parenté avec ce que je fais sur ce blog (et pas juste à cause du titre, comme les mauvaises langues voudront vous le faire croire).

Ainsi, l’auteure nous raconte des épisodes de sa vie en les agrémentant de remarques amusantes, de ses pensées, etc., toujours sur un ton léger qui me fait parfois rire à voix haute. Je me suis identifiée à elle lorsqu’elle racontait ses péripéties en tant qu’assistante personnelle, emploi que je viens juste de quitter. Mais ce qui m’a le plus touchée, c’est lorsqu’elle a parlé de son prénom original (Sloane) et de l’effet que ça avait eu sur elle.

Comme la plupart d’entre vous le savez, je m’appelle Aimée. Oui, c’est mon vrai nom, chose que je me fais demander régulièrement. Je pense qu’il faut que j’aie l’air assez arrogante pour que les gens puissent croire que j’aurais pu m’autobaptiser ainsi.

Quand j’étais petite, j’étais tellement malheureuse de porter ce nom. Un enfant ne désire qu’une chose: être accepté, être normal, comme les autres. Non seulement j’étais la seule à porter ce nom, mais en plus il voulait dire quelque chose, il avait une vague connotation quétaine et, évidemment, il prêtait à toutes sortes de jokes plates, du genre: “Ils devaient t’aimer, tes parents, hein!”

Soupir. Non mais, c’est comme dire que tous les autres parents aiment moins leurs enfants??? Et je n’ai qu’une chose à ajouter concernant la période du primaire: il y a 3 groupes de verbes en conjugaison, le premier comprend les verbes en ER et le verbe modèle est… Ouaip.

Adolescente, je me souviens que ma meilleure amie, qui essayait de se rapprocher d’un jeune blondinet insipide qui faisait battre son coeur, a prononcé mon nom à un certain moment et ce dernier a répondu: “Aimée? Est-ce que c’est un code?” Il faut dire que cet ado avait quand même une grande perspicacité face aux filles, qui parlent en effet un langage idiosyncratique qu’elles ne comprennent qu’entre elles. Mais il était aussi incroyablement fendant de penser ça.

C’est aussi vers la fin de mon secondaire qu’est sorti le fabuleux hit de la comédie musicale Roméo et Juliette “Aimer, c’est ce qu’il y a de plus beau.” Bon, c’était quand même flatteur, mais sérieusement, me faire chanter ça dès que je mettais les pieds hors de la maison, c’était trop. C’est aussi sans compter les “Aimer d’amour” et consorts. Il n’y a qu’une seule personne qui a réussi à m’appeler Aimée d’amour, c’était JF, un livreur quand je travaillais chez St-Hubert. Quand j’ai donné ma démission, il m’a acheté le CD de Boule Noire. Je l’ai encore. Mon amie Stéphanie, elle, m’appelait Trèsaimée en l’honneur du jingle du shampooing Tresemmé.

Et puis, il y a toujours ce moment délicat où tu rencontres un gars, tu vois que tu lui plais, et là, il te demande ton nom. Silence. “Aimée”. “Quoi?” “Aimée. Comme le verbe. Ou plutôt, le participe passé.” (On est correctrice ou on ne l’est pas.) Et, toujours la même réaction: après m’avoir regardée avec des yeux éperdument niais, comme si les cloches du ciel sonnaient dans sa tête, il me sort invariablement un: “Ah, ça te fait bien.”

C’est un truc assez dépanneur quand tu es en manque, mais franchement, les gars, je m’appelle Aimée pour tout le monde, pas juste pour ceux qui ont besoin de se m…

Aujourd’hui, j’aime beaucoup mon prénom. Évidemment, en vieillissant, on chérit ce qui nous distingue des autres, et j’ai vraiment adopté mon prénom en tant qu’identité. Et ça m’agace presque d’en rencontrer d’autres, parfois. J’ai appris à aller au Jean Coutu et à réclamer des photos au nom d’Annie. Ou Amy (quoique je ne prononce jamais mon nom avec un accent anglais. Ce besoin de rationaliser!). Il y a aussi ceux qui comprennent la phonétique, mais pas le concept. J’ai déjà vu mon nom orthographié “Emay”.

Mais si vous voulez savoir la vérité, je suis très fière de porter un prénom de gars, celui de mon arrière-grand-père Aimé “Ti-mé” Gauthier, celui de Popa “Ti-mé” dans La petite vie.




Virus, zombies et extraterrestres: imaginaires de l’infection et de l’épidémie
16 novembre 2009, 13:33
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Je suis depuis quelques années fascinée par le retour en force du film d’épidémie, qu’on parle ici d’un point de vue strictement médical ou dans un registre plus fantaisistes, avec la horde de films de zombies comme 28 days later, Dawn of the dead et son petit frère Shaun, ou encore le remake intergalactique très peu intéressant de The Invasion mettant en vedette une Nicole Kidman blafarde. Ce genre comporte un côté tout à fait séduisant pour un scénariste autant que pour un spectateur: les personnes infectées deviennent des bêtes sanguinaires, et donc des méchants à part entière. Il n’y a aucune ambiguïté et dès lors, pas de conflit moral qui se présente lors de leur extermination systématique. On se bat contre quelque chose et on sait qu’on a raison de le faire: c’est la loi de la jungle, tuer ou être tué.

Le symbole de l’épidémie prend aussi toute sa force dans notre situation écologique précaire. Pour la première fois, peut-être, l’humanité prend conscience de sa finalité en tant qu’espèce et de la grande part de responsabilité qui lui revient. Par exemple, le virus qui court dans l’excellent film espagnol Rec. (et vraiment, l’un des films qui m’ont le plus effrayée de ma VIE) a été modifié en laboratoire par un scientifique cherchant une cure, qui le rend par mégarde d’une contagion foudroyante. Loin de moi l’idée de vous entraîner sur les pentes de la paranoïa ambiante sur la grippe A H1N1 (paranoïa qui se répand davantage que le vrai virus), mais bon, vous voyez que c’est dans le ton. L’épidémie, ou mieux, la pandémie, offre parfois une seconde chance à l’humanité, en faisant un nettoyage méthodique de l’espèce et permettant de repartir à zéro.  Parfois, elle ne laisse aucune chance de survie, comme dans Rec. ou l’épilogue du nouveau Dawn of the Dead, et confirme donc le statut de race damnée des humains.

Cependant, l’aspect qui me fascine le plus dans cette mythologie, j’y pensais ce matin en déjeunant (bien oui, je suis bizarre de même), m’est apparu lorsque j’ai visionné la comédie Zombieland au cinéma le week-end dernier: la mise en scène des contacts humains, représentés comme un danger. Le personnage principal de Zombieland affirme au début du film qu’il pense avoir survécu jusqu’ici à l’infection à cause de son absence de liens affectifs. Habitant loin de chez ses parents, le petit geek attachant n’a en effet ni amis ni blonde et son isolement lui accorde donc la chance d’éviter de se faire mordre. Dans tous les films mettant en scène des épidémies, des infections, vous verrez se produire le moment crucial où l’un des personnages doit tuer un de ses proches infectés pour éviter d’être atteint à son tour. De telles scènes insistent sur l’absence d’humanité de la personne malade, arguant qu’elle “n’est plus la même.” Qui plus est, la transmission des virus se fait par le contact physique (morsure, baiser, échange de fluides, etc.) Difficile de ne pas y lire le symptôme de notre déshumanisation progressive, des relations perçues comme des entraves à la liberté individuelle, et surtout au succès personnel.

Pour ma part, je pense que nous n’avons pas fini d’explorer les méandres de ce “genre” qui donne à la fois des films terrifiants, mais parfois aussi des esquisses psychologiques très intéressantes et très justes.



L’homme du mois: Don Hertzfeld
12 novembre 2009, 22:35
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Lorsque je suis allée à la projection-causerie An evening with Don Hertzfeld à la Cinémathèque québécoise le mois dernier, j’avais presque peur de voir le cinéaste d’animation en chair et en os. Serait-il bossu? Difforme? Vieux et laid, le genre qui a été ostracisé toute sa vie? Un psychopathe en dormance? Boiteux?

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Mais non, Don Hertzfeld est peut-être un réalisateur qui met en scène des bonshommes allumettes qui arrachent l’abdomen d’autrui pour ensuite l’assommer et le battre sauvagement avec, mais il est jeune, beau et très articulé, tout à fait le genre de jeune homme qu’on voudrait présenter à nos parents. Nominé aux Oscars à l’aube de la vingtaine pour son court métrage Rejected, entre autres présenté au Spike & Mike Sick and Twisted, Don Hertzfeld est une star de l’animation underground et pour cause: ses films sont GÉNIAUX (à mon humble avis, mais demandez à DJ XL5, grand manitou du festival Fantasia, il est de mon avis!). Son travail se situe tout à fait à l’opposé du courant Pixar (même si j’adore Pixar… hi hi) qui veut que more is better, et qui prétend en fait que l’avenir de l’animation réside dans le “réalisme”, la parfaite reproduction du monde dans lequel on vit. Mais alors… pourquoi ne pas tourner des scènes en prises de vue réelles??

Hertzfeld l’affirme lui-même, ce qui l’intéresse dans l’animation, c’est le formalisme et la possibilité de faire n’importe quoi. Et il a peut-être l’air de faire n’importe quoi. La plupart du temps absurdes, la majorité de ses courts métrages sont incroyablement violents et gore, sans queue ni tête. Par exemple, dans Billy’s Balloon, les enfants sont carrément battus et même tués par leurs ballons soufflés à l’hélium. Et ça fonctionne. Les gens rient. L’esthétique d’Hertzfeld est brouillonne, comme s’il dessinait au crayon à mine à main levée ses personnages en 2 dimensions. Mais ce que j’adore dans ses films, c’est qu’ultimement, ils ouvrent toujours un espace plus grand, ils développent un point de vue universel qui leur donne une profondeur et qui en font des oeuvres d’art. Je pense entre autres à Rejected, où les cartoons dysfonctionnels se mettent peu à peu à s’effondrer, se froisser, à se mélanger les uns les autres… La technique est irréprochable, l’idée tout à fait inédite et, en fait, la tension devient telle que j’en ai les larmes aux yeux à chaque fois, de voir ces dessins s’autodétruire…

Récemment, Hertzfeld a entamé une trilogie à saveur autobiographique, dont le premier volet s’intitule Everything will be ok et le second, I am so proud of you (le troisième est à venir). Moins explicitement violents, mais toujours aussi dérangeants, en particulier à cause du traitement de la thématique de la maladie mentale, ces dernières oeuvres sont  plus matures. Tout en étant drôles, elles ont un goût doux-amer particulier et véhiculent beaucoup d’émotion. Beaucoup de plans sont inspirés des planches de romans graphiques pour représenter la simultanéité et le monologue intérieur du personnage principal, ce qui lui donne une facture visuelle originale.

Bref, j’adore Don Hertzfeld, j’ai ses DVD à la maison et j’aimerais bien un jour me livrer à une analyse approfondie de l’oeuvre. C’est à suivre…

Le site de Don Hertzfeld

Regarder Rejected



Nouveau cliché: la C.U.B.
9 novembre 2009, 15:45
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Parfois bien faits et hilarants, souvent désolants, les romans de chick lit ont ceci de décourageant qu’ils édifient un nouveau type de cliché sur la gent féminine: la célibataire urbaine branchée. Habituellement un mélange entre Bridget Jones et Carrie Bradshaw de Sex and the City, les deux principaux modèles du genre, on reconnaît la C.U.B. aux caractéristiques suivantes:

1- Non contente d’être célibataire, elle se morfond sur sa condition et met tout en oeuvre pour en sortir.

2- Le magasinage est sacré à ses yeux, et je ne parle pas du Village des Valeurs. Les designers sont ses prêtres, et en général, elle nourrit une obsession pour les souliers ou les sacs à main.

2- b) Évidemment, elle ne possède pas le budget pour étayer cette passion.

3- Elle est incroyablement gaffeuse, parle trop et en général pour dire des choses qui n’ont que peu d’intérêt ou qui devraient rester tues. Bien entendu, ces petits défauts ne font qu’ajouter à son charme.

4- Elle a une ou plusieurs de ces mauvaises habitudes: manger (et dès lors s’en fait continuellement pour son poids), fumer, boire à outrance.

5- Elle s’entoure d’un groupe d’amies (les gays sont acceptés) habituellement célibataires. Chacune de ses amies possède une personnalité distincte qui peut être résumée en un mot: féministe, déprimée, nymphomane, etc.

6- Elle occupe une job de merde et au milieu du bouquin, réussit à grimper les échelons, toujours dans le domaine de la communication: écriture, télévision, magazines, etc.

Ces personnages peuvent à l’occasion tirer profit de leur caractérisation et être divertissants. Bien entendu, ils offrent un exutoire à nous, pauvres filles harassées par la pression d’être parfaites en tout, belles, efficaces, en couple, riches, professionnelles, minces, etc. Mais COME ON!! On est tannées de lire la même chose. En fait, moi, je ne lis plus que des 4e de couvertures, maintenant. Je ne me rends même plus sous les couvertures du livre. Help me, auteures féminines! Sortez du placard! :)



L’hiver retrouvé: le livre du mois

Eh oui, le livre du mois car j’ai tellement couru partout que j’ai à peine eu le temps de lire un livre en entier pendant le mois d’octobre, mais, heureusement pour moi, j’avais choisi le bon. L’hiver retrouvé est un livre qui vous hante, c’est un conte à la fois horrible et doux, aux allégories aussi puissantes que le vent, aussi froides que la neige, peuplé d’ogresses, de cadavres, de souvenirs et aussi de nuits étoilées sur les toits. Marie-Noëlle Gagnon évite les écueils qui aurait pu rendre son récit dispersé ou pire, quétaine, car elle sait écrire des phrases qui traitent de sentiments en leur donnant un ton authentique et un sens vrai. Il s’agit d’une histoire qui arrive à être belle de part sa laideur, car si elle avait essayé d’être belle, elle en serait devenue insipide et fleur bleue. Traiter de l’amour, des relations humaines, de la pression sociale en situant le récit dans un univers surréel constitue un pari délicat et, selon moi, réussi. Mon seul reproche est que j’ai trouvé la fin un peu trop longue, pour ma part, j’aurais abrégé un peu, mais on y trouve aussi des perles de phrases.

Le narrateur, après avoir erré à en avoir perdu la notion du temps et de l’espace, échoue dans un joli village déserté par la mer où c’est toujours l’été. En promettant de retrouver la mer, il sèmera l’espoir puis la déception dans le coeur des villageois, mais surtout dans celui de la belle Cerise. Après avoir pris la fuite de nouveau, il se retrouvera dans les ruines d’un ancien hameau au bord de l’eau, où l’hiver règne. La seule habitante est une ogresse…

Marie-Noëlle a été invitée à participer à la Nuit des malaxeurs à la fin novembre, un honneur réservé aux auteurs de premiers livres particulièrement réussis! Une soirée de lecture souvent chaotiques mais qui réserve toujours de belles découvertes poétiques ou romanesques.



Zip 5: Films étrangers
31 octobre 2009, 15:35
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Ah!! En ce jour d’Halloween, j’ai envie de vous parler de mon film préféré d’Halloween, Shaun of the Dead, ce qui me pousse à vous parler tout naturellement de mes films étrangers préférés, dans la suite de ma liste Zip que j’ai abandonnée depuis longtemps! En plus, mon chum se déguise en Shaun cette année! :)

1- Shaun of the Dead

Évidemment, vous aurez reconnu dans le titre une parodie du titre du classique Dawn of the Dead, de Romero, qui a fait l’objet il y a quelques années d’un remake que j’ai trouvé très bon aussi. La scène dans l’ascenseur où on entend en arrière-plan sonore “Down with the sickness” repreise par Richard Cheese est un chef-d’oeuvre. Bref! Shaun of the Dead a été produit et lancé à peu près en même temps que ce remake. Il s’agit d’une comédie (eh oui, encore) britannique, où on défonce les zombies à coups de batte de cricket et de 45 tours, au son d’une musique de Queen. Moi qui suis d’un naturel chicken, je peux garantir que ce n’est pas un film épeurant, mais très drôle. En fait, ce qui est brillant dans ce film, c’est qu’il nous montre à quel point nous sommes naturellement près d’être nous-mêmes des zombies dans notre vie courante. Ça leur prend vraiment du temps avant de constater que les autres ont un peu changé… L’interprétation de Simon Pegg et de son comparse Nick Frost a fait école. Ça rafraîchit un peu le genre qui tourne en rond parfois!

2- Muriel’s Wedding

Dans un tout autre registre, maintenant, nous partons en Australie avec une Toni Collette en début de carrière, qui partage la vedette avec Rachel Griffiths, future Brenda de Six Feet Under. Muriel’s Wedding aurait pu être une comédie romantique banale: une jeune fille très ordinaire, un peu moche, méprisée par sa famille, rêve de se marier. Pas de trouver l’amour, non; de se marier. Point. Et elle réussit… à quel prix? Mais même si on s’attache à Muriel, à son rêve de devenir une autre, de quitter son milieu, tout en la trouvant un peu nounoune, le film a un petit goût doux-amer. Sans se vouloir une critique ou un manifeste féministe, il réussit très bien à avoir un propos intelligent sous des dehors légers et divertissants. Bref, un bon film de filles à regarder entre amies, qui pourra ouvrir des discussions! En prime: une héroïne qui n’est pas super mince et qui est quand même regardable! Yes!

Mon amie Sarah et moi, on avait l’habitude de mettre ce film les samedis soirs en fin de soirée quand on fermait le vidéo… pour se faire aller au son de la musique d’Abba. Quant à moi, les chansons d’Abba sont bien mieux mises en valeur dans ce film que dans la comédie discutable qui est sortie l’an passée, Mamma Mia. (Mais bon, faut aimer le genre!)

3- Memories of Matsuko

Complètement différent des 2 autres, le film japonais Memories of Matsuko a fait un triomphe au festival Fantasia il y a quelques années, et pour cause. Comparé au Fabuleux destin d’Amélie Poulain en raison de ses moments de fantaisie et de sa mise en scène très recherchée, haute en couleurs, de ses images magnifiques, Memories of Matsuko est un film qui nous fait autant rire, et davantage pleurer qu’Amélie. Il raconte l’histoire, en flash-backs, de Matsuko, une femme maintenant vieille qui a vécu une vie très difficile et fort mouvementée. De numéros musicaux au montage saccadé aux scènes silencieuses et contemplatives, le réalisateur Tetsuya Nakashima, qui nous avait déjà donné l’excellent et étourdissant Kamikaze Girls, a signé ici une oeuvre très touchante, qui tente de définir l’irréconciliable qu’il y a en chacun de nous, l’enfant qu’on a été, l’adulte que nous sommes, etc. Nous sommes tous, à notre façon, un vieillard isolé de la société, perdu au milieu de ses souvenirs.

Il est à noter que je ne pense pas que le film ait été distribué sur DVD en Amérique du Nord, mais je pense qu’il est très facile à trouver sur Internet.

4- Amarcord

La grande fan de Fellini que je suis lui reconnais de nombreux chefs-d’oeuvre, mais Amarcord demeure mon favori. Le titre veut dire à peu près: “Je me rappelle” en italien, n’est pas si éloigné du film dont je viens de parler. Fellini se base sur ses souvenirs d’enfance pour reconstituer un petit village au bord de la mer, où l’événement de l’année sera le passage d’un gros paquebot de riches. De jeunes garçons vont faire au cours de cette année l’expérience de la vie, les cigarettes, l’argent, les femmes, et tout le bataclan. La mer, une véritable obsession de Fellini, vient encore une fois y jouer le miroir aux illusions, le berceau d’origine, et la plage, l’espace du rêve où tout se conclut. Il s’agit d’un film très personnel du réalisateur qui, bien qu’il se tienne toujours près de ses personnages, donne souvent dans le grandiose, le grandiloquent, la mise en scène, le cirque, etc.




Le potentiel hétéro des jeunes???
30 octobre 2009, 08:12
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Je viens de joindre sur Facebook un groupe qui est “Contre la conférence pour le développement du potentiel hétéro des jeunes”. Une église de Repentigny offre du “soutien” aux parents qui se posent des questions et s’inquiètent pour “l’intégration normale de l’identité sexuelle [de leur enfant]“. Qu’est-cé ça? L’intégration normale de ton identité sexuelle, c’est quand tu peux vivre dans ta véritable identité au sein de ta famille, tes amis et ta communauté. Je ne sais pas si joindre un groupe Facebook peut vraiment aider, mais je vous invite à afficher vos couleurs et à faire de même! Là, là, ça, ça me fait chier presque autant que les bozos contre l’avortement d’hier!!



À go: on se ferme les yeux et on prie!
29 octobre 2009, 08:59
Classé dans : Édito | Mots-clefs: ,

Je ne sais pas ce qui pourrait me faire plus chier que de voir, debout dans la rue, sans bouger, sans piqueter, sans crier, un homme et une femme dans la quarantaine, l’air totalement impassible, tenir des pancartes où il est écrit: “Prions pour la fin de l’avortement”. ????

Premièrement, moi, je suis pour l’avortement. Je ne dis même pas pro-choix; je n’ai pas peur des mots. Une femme ne devrait pas avoir à justifier sa décision d’avoir recours à l’avortement. Ensuite, si quelqu’un est contre l’avortement, je veux bien en débattre, mais pas quand sa solution c’est de… prier!!

Tu veux changer les choses? Prends des mesures concrètes. Tu veux baisser le taux d’avortement? Je ne demande pas mieux non plus. Alors, va dans les écoles, enseigne aux jeunes filles l’importance de la contraception et de la responsabilité. Mais ne leur enseigne pas l’abstinence, parce que c’est pratiquement les inséminer toi-même. Mets des mesures en place pour aider les mères monoparentales défavorisées. Fais du bénévolat dans les centres de ressources pour les parents d’enfants lourdement handicapés, aide-les à souffler un peu. Apporte du soutien psychologique aux victimes de viol. Peut-être qu’en ayant de l’aide plutôt que des jugements, ces femmes sentiront moins le besoin d’avoir recours à l’avortement. Personne n’a envie de se faire avorter.

Mais c’est sûr que c’est bien mieux de laisser toute la job à “Dieu”. Moi, j’aimerais pas ça, être Dieu. Il a le dos large.



Le Voyage, en 2 parties
23 octobre 2009, 15:01
Classé dans : Création, Poésie, Écriture | Mots-clefs:

Parce que je suis trop souvent absente, malgré moi, pour me faire pardonner, je partage ce dont il m’est le plus difficile de me départir: mes brouillons.

1-

Je ne suis jamais partie très longtemps. Je pense à ton ombre sur les draps. Ta peau plus pâle que la mienne. J’ai toujours cru que je tirais ma force de l’extérieur, je cherchais où m’établir, de qui m’entourer. Mais les pièces étaient vides avant que j’y pose les pieds.

2-

Peu importe où nous allons, tu es au volant et je m’empêche de fermer les yeux pour être aussi fatiguée que toi. Nous parlons peu sur la route, je fredonne les quelques chansons que nous aimons tous les deux mais que tu ne supportes plus. C’est en mouvement que nous sommes le plus éloignés. Une fois arrivés, nous trions nos effets entassés dans une seule valise. Nos mains se touchent. Je suis toujours la première à rire.



Le manteau mauve
15 octobre 2009, 15:18
Classé dans : Création, Poésie, Écriture | Mots-clefs: ,

De retour des États-Unis… En plein décalage horaire, j’ai traîné quelques nuages avec moi et laissé plusieurs heures sur une banquette à Calgary… Trois avions, ad mari usque ad mare… Les aéroports sont inspirants.

Quand je t’ai dit que je voulais un manteau mauve, je ne t’ai pas dit que pour moi, mauve c’était plutôt dans les tons de violet, que j’en ai marre du noir simplement parce que ça va trop bien avec tout, que j’aimerais avoir un enfant dans chaque bras mais ne me demande pas d’arroser les plantes, qu’il me faut du silence, du silence, et dormir les jambes ouvertes, que chaque fois que je soupire, c’est que j’espère en regret revivre ces moments, que je n’achèterai jamais de manteau mauve juste pour le plaisir de continuer à en chercher un.