Tout me fait chier


Nouveau cliché: la C.U.B.
9 novembre 2009, 15:45
Classé dans : Fiction (nouvelles/prose), Lecture | Mots-clefs: , ,

Parfois bien faits et hilarants, souvent désolants, les romans de chick lit ont ceci de décourageant qu’ils édifient un nouveau type de cliché sur la gent féminine: la célibataire urbaine branchée. Habituellement un mélange entre Bridget Jones et Carrie Bradshaw de Sex and the City, les deux principaux modèles du genre, on reconnaît la C.U.B. aux caractéristiques suivantes:

1- Non contente d’être célibataire, elle se morfond sur sa condition et met tout en oeuvre pour en sortir.

2- Le magasinage est sacré à ses yeux, et je ne parle pas du Village des Valeurs. Les designers sont ses prêtres, et en général, elle nourrit une obsession pour les souliers ou les sacs à main.

2- b) Évidemment, elle ne possède pas le budget pour étayer cette passion.

3- Elle est incroyablement gaffeuse, parle trop et en général pour dire des choses qui n’ont que peu d’intérêt ou qui devraient rester tues. Bien entendu, ces petits défauts ne font qu’ajouter à son charme.

4- Elle a une ou plusieurs de ces mauvaises habitudes: manger (et dès lors s’en fait continuellement pour son poids), fumer, boire à outrance.

5- Elle s’entoure d’un groupe d’amies (les gays sont acceptés) habituellement célibataires. Chacune de ses amies possède une personnalité distincte qui peut être résumée en un mot: féministe, déprimée, nymphomane, etc.

6- Elle occupe une job de merde et au milieu du bouquin, réussit à grimper les échelons, toujours dans le domaine de la communication: écriture, télévision, magazines, etc.

Ces personnages peuvent à l’occasion tirer profit de leur caractérisation et être divertissants. Bien entendu, ils offrent un exutoire à nous, pauvres filles harassées par la pression d’être parfaites en tout, belles, efficaces, en couple, riches, professionnelles, minces, etc. Mais COME ON!! On est tannées de lire la même chose. En fait, moi, je ne lis plus que des 4e de couvertures, maintenant. Je ne me rends même plus sous les couvertures du livre. Help me, auteures féminines! Sortez du placard! :)



L’hiver retrouvé: le livre du mois

Eh oui, le livre du mois car j’ai tellement couru partout que j’ai à peine eu le temps de lire un livre en entier pendant le mois d’octobre, mais, heureusement pour moi, j’avais choisi le bon. L’hiver retrouvé est un livre qui vous hante, c’est un conte à la fois horrible et doux, aux allégories aussi puissantes que le vent, aussi froides que la neige, peuplé d’ogresses, de cadavres, de souvenirs et aussi de nuits étoilées sur les toits. Marie-Noëlle Gagnon évite les écueils qui aurait pu rendre son récit dispersé ou pire, quétaine, car elle sait écrire des phrases qui traitent de sentiments en leur donnant un ton authentique et un sens vrai. Il s’agit d’une histoire qui arrive à être belle de part sa laideur, car si elle avait essayé d’être belle, elle en serait devenue insipide et fleur bleue. Traiter de l’amour, des relations humaines, de la pression sociale en situant le récit dans un univers surréel constitue un pari délicat et, selon moi, réussi. Mon seul reproche est que j’ai trouvé la fin un peu trop longue, pour ma part, j’aurais abrégé un peu, mais on y trouve aussi des perles de phrases.

Le narrateur, après avoir erré à en avoir perdu la notion du temps et de l’espace, échoue dans un joli village déserté par la mer où c’est toujours l’été. En promettant de retrouver la mer, il sèmera l’espoir puis la déception dans le coeur des villageois, mais surtout dans celui de la belle Cerise. Après avoir pris la fuite de nouveau, il se retrouvera dans les ruines d’un ancien hameau au bord de l’eau, où l’hiver règne. La seule habitante est une ogresse…

Marie-Noëlle a été invitée à participer à la Nuit des malaxeurs à la fin novembre, un honneur réservé aux auteurs de premiers livres particulièrement réussis! Une soirée de lecture souvent chaotiques mais qui réserve toujours de belles découvertes poétiques ou romanesques.



Zip 5: Films étrangers
31 octobre 2009, 15:35
Classé dans : Critique, Zip, film | Mots-clefs: , , , , ,

Ah!! En ce jour d’Halloween, j’ai envie de vous parler de mon film préféré d’Halloween, Shaun of the Dead, ce qui me pousse à vous parler tout naturellement de mes films étrangers préférés, dans la suite de ma liste Zip que j’ai abandonnée depuis longtemps! En plus, mon chum se déguise en Shaun cette année! :)

1- Shaun of the Dead

Évidemment, vous aurez reconnu dans le titre une parodie du titre du classique Dawn of the Dead, de Romero, qui a fait l’objet il y a quelques années d’un remake que j’ai trouvé très bon aussi. La scène dans l’ascenseur où on entend en arrière-plan sonore “Down with the sickness” repreise par Richard Cheese est un chef-d’oeuvre. Bref! Shaun of the Dead a été produit et lancé à peu près en même temps que ce remake. Il s’agit d’une comédie (eh oui, encore) britannique, où on défonce les zombies à coups de batte de cricket et de 45 tours, au son d’une musique de Queen. Moi qui suis d’un naturel chicken, je peux garantir que ce n’est pas un film épeurant, mais très drôle. En fait, ce qui est brillant dans ce film, c’est qu’il nous montre à quel point nous sommes naturellement près d’être nous-mêmes des zombies dans notre vie courante. Ça leur prend vraiment du temps avant de constater que les autres ont un peu changé… L’interprétation de Simon Pegg et de son comparse Nick Frost a fait école. Ça rafraîchit un peu le genre qui tourne en rond parfois!

2- Muriel’s Wedding

Dans un tout autre registre, maintenant, nous partons en Australie avec une Toni Collette en début de carrière, qui partage la vedette avec Rachel Griffiths, future Brenda de Six Feet Under. Muriel’s Wedding aurait pu être une comédie romantique banale: une jeune fille très ordinaire, un peu moche, méprisée par sa famille, rêve de se marier. Pas de trouver l’amour, non; de se marier. Point. Et elle réussit… à quel prix? Mais même si on s’attache à Muriel, à son rêve de devenir une autre, de quitter son milieu, tout en la trouvant un peu nounoune, le film a un petit goût doux-amer. Sans se vouloir une critique ou un manifeste féministe, il réussit très bien à avoir un propos intelligent sous des dehors légers et divertissants. Bref, un bon film de filles à regarder entre amies, qui pourra ouvrir des discussions! En prime: une héroïne qui n’est pas super mince et qui est quand même regardable! Yes!

Mon amie Sarah et moi, on avait l’habitude de mettre ce film les samedis soirs en fin de soirée quand on fermait le vidéo… pour se faire aller au son de la musique d’Abba. Quant à moi, les chansons d’Abba sont bien mieux mises en valeur dans ce film que dans la comédie discutable qui est sortie l’an passée, Mamma Mia. (Mais bon, faut aimer le genre!)

3- Memories of Matsuko

Complètement différent des 2 autres, le film japonais Memories of Matsuko a fait un triomphe au festival Fantasia il y a quelques années, et pour cause. Comparé au Fabuleux destin d’Amélie Poulain en raison de ses moments de fantaisie et de sa mise en scène très recherchée, haute en couleurs, de ses images magnifiques, Memories of Matsuko est un film qui nous fait autant rire, et davantage pleurer qu’Amélie. Il raconte l’histoire, en flash-backs, de Matsuko, une femme maintenant vieille qui a vécu une vie très difficile et fort mouvementée. De numéros musicaux au montage saccadé aux scènes silencieuses et contemplatives, le réalisateur Tetsuya Nakashima, qui nous avait déjà donné l’excellent et étourdissant Kamikaze Girls, a signé ici une oeuvre très touchante, qui tente de définir l’irréconciliable qu’il y a en chacun de nous, l’enfant qu’on a été, l’adulte que nous sommes, etc. Nous sommes tous, à notre façon, un vieillard isolé de la société, perdu au milieu de ses souvenirs.

Il est à noter que je ne pense pas que le film ait été distribué sur DVD en Amérique du Nord, mais je pense qu’il est très facile à trouver sur Internet.

4- Amarcord

La grande fan de Fellini que je suis lui reconnais de nombreux chefs-d’oeuvre, mais Amarcord demeure mon favori. Le titre veut dire à peu près: “Je me rappelle” en italien, n’est pas si éloigné du film dont je viens de parler. Fellini se base sur ses souvenirs d’enfance pour reconstituer un petit village au bord de la mer, où l’événement de l’année sera le passage d’un gros paquebot de riches. De jeunes garçons vont faire au cours de cette année l’expérience de la vie, les cigarettes, l’argent, les femmes, et tout le bataclan. La mer, une véritable obsession de Fellini, vient encore une fois y jouer le miroir aux illusions, le berceau d’origine, et la plage, l’espace du rêve où tout se conclut. Il s’agit d’un film très personnel du réalisateur qui, bien qu’il se tienne toujours près de ses personnages, donne souvent dans le grandiose, le grandiloquent, la mise en scène, le cirque, etc.




Le potentiel hétéro des jeunes???
30 octobre 2009, 08:12
Classé dans : film, Édito | Mots-clefs: ,

Je viens de joindre sur Facebook un groupe qui est “Contre la conférence pour le développement du potentiel hétéro des jeunes”. Une église de Repentigny offre du “soutien” aux parents qui se posent des questions et s’inquiètent pour “l’intégration normale de l’identité sexuelle [de leur enfant]“. Qu’est-cé ça? L’intégration normale de ton identité sexuelle, c’est quand tu peux vivre dans ta véritable identité au sein de ta famille, tes amis et ta communauté. Je ne sais pas si joindre un groupe Facebook peut vraiment aider, mais je vous invite à afficher vos couleurs et à faire de même! Là, là, ça, ça me fait chier presque autant que les bozos contre l’avortement d’hier!!



À go: on se ferme les yeux et on prie!
29 octobre 2009, 08:59
Classé dans : Édito | Mots-clefs: ,

Je ne sais pas ce qui pourrait me faire plus chier que de voir, debout dans la rue, sans bouger, sans piqueter, sans crier, un homme et une femme dans la quarantaine, l’air totalement impassible, tenir des pancartes où il est écrit: “Prions pour la fin de l’avortement”. ????

Premièrement, moi, je suis pour l’avortement. Je ne dis même pas pro-choix; je n’ai pas peur des mots. Une femme ne devrait pas avoir à justifier sa décision d’avoir recours à l’avortement. Ensuite, si quelqu’un est contre l’avortement, je veux bien en débattre, mais pas quand sa solution c’est de… prier!!

Tu veux changer les choses? Prends des mesures concrètes. Tu veux baisser le taux d’avortement? Je ne demande pas mieux non plus. Alors, va dans les écoles, enseigne aux jeunes filles l’importance de la contraception et de la responsabilité. Mais ne leur enseigne pas l’abstinence, parce que c’est pratiquement les inséminer toi-même. Mets des mesures en place pour aider les mères monoparentales défavorisées. Fais du bénévolat dans les centres de ressources pour les parents d’enfants lourdement handicapés, aide-les à souffler un peu. Apporte du soutien psychologique aux victimes de viol. Peut-être qu’en ayant de l’aide plutôt que des jugements, ces femmes sentiront moins le besoin d’avoir recours à l’avortement. Personne n’a envie de se faire avorter.

Mais c’est sûr que c’est bien mieux de laisser toute la job à “Dieu”. Moi, j’aimerais pas ça, être Dieu. Il a le dos large.



Le Voyage, en 2 parties
23 octobre 2009, 15:01
Classé dans : Création, Poésie, Écriture | Mots-clefs:

Parce que je suis trop souvent absente, malgré moi, pour me faire pardonner, je partage ce dont il m’est le plus difficile de me départir: mes brouillons.

1-

Je ne suis jamais partie très longtemps. Je pense à ton ombre sur les draps. Ta peau plus pâle que la mienne. J’ai toujours cru que je tirais ma force de l’extérieur, je cherchais où m’établir, de qui m’entourer. Mais les pièces étaient vides avant que j’y pose les pieds.

2-

Peu importe où nous allons, tu es au volant et je m’empêche de fermer les yeux pour être aussi fatiguée que toi. Nous parlons peu sur la route, je fredonne les quelques chansons que nous aimons tous les deux mais que tu ne supportes plus. C’est en mouvement que nous sommes le plus éloignés. Une fois arrivés, nous trions nos effets entassés dans une seule valise. Nos mains se touchent. Je suis toujours la première à rire.



Le manteau mauve
15 octobre 2009, 15:18
Classé dans : Création, Poésie, Écriture | Mots-clefs: ,

De retour des États-Unis… En plein décalage horaire, j’ai traîné quelques nuages avec moi et laissé plusieurs heures sur une banquette à Calgary… Trois avions, ad mari usque ad mare… Les aéroports sont inspirants.

Quand je t’ai dit que je voulais un manteau mauve, je ne t’ai pas dit que pour moi, mauve c’était plutôt dans les tons de violet, que j’en ai marre du noir simplement parce que ça va trop bien avec tout, que j’aimerais avoir un enfant dans chaque bras mais ne me demande pas d’arroser les plantes, qu’il me faut du silence, du silence, et dormir les jambes ouvertes, que chaque fois que je soupire, c’est que j’espère en regret revivre ces moments, que je n’achèterai jamais de manteau mauve juste pour le plaisir de continuer à en chercher un.



Les 10 ans de Victoria à l’Agora de la danse
6 octobre 2009, 10:51
Classé dans : Danse, Théâtre | Mots-clefs: , , ,

Est-ce que j’ai assez de mots pour vous inciter à aller voir Victoria à l’Agora de la danse, du 4 au 7 novembre? La pièce fête ses 10 ans; je l’ai vue il y a déjà 10 ans moi-même. À l’époque, j’étais au secondaire, j’ai eu la chance de faire un stage en danse contemporaine à l’Agora de la danse pendant la semaine de relâche. Nous avons eu la suprême chance de faire des ateliers avec des gens de la trempe d’Harold Rhéaume, Emmanuel Jouthe et Dulcinée Langfelder, dont je suis tombée amoureuse. Dulcinée est une artiste multidisciplinaire, elle mime, elle joue, elle danse… Victoria était présentée à l’Agora cette semaine-là, et j’avais gratté tous mes fonds de tiroirs pour pouvoir y assister, avec ma meilleure amie Sonia. Pour nous, c’était une grande sortie, et ce fut une soirée inoubliable. Je suis si émue de pouvoir retourner voir cette pièce!

Mélangeant danse, théâtre, Victoria raconte l’histoire d’une femme âgée, atteinte de la maladie d’Alzheimer, et de son préposé immigrant. Touchante mais néanmoins drôle, c’est un spectacle qui favorise la réflexion sans tomber dans le misérabilisme. C’est empreint de poésie… J’ai tellement hâte de la revoir. Chaque représentation sera suivie d’une discussion avec des gens du milieu de la santé, etc. Il s’agit d’arrêter de se mettre la tête dans le sable; nous aussi, nous passerons par là, un jour. Dans quel monde souhaitons-nous finir nos jours?

(Mon Dieu, j’ai le ton solennel à matin… Mais au-delà du propos, Victoria demeure une représentation artistique majeure, une quête de nouvelles formes d’expression post-langagières. Que se passe-t-il lorsqu’on perd la mémoire, nos repères, et donc la langue?)



Les Névrosées, ou le secret de mon “style”…

On va mettre ça au clair tout de suite, moi, je ne suis pas trop “girly girl”, je ne me maquille pas, j’ai une paire de souliers à talons que j’ai mis une fois à l’Halloween et d’avoir le choix entre 2 sacoches pour transporter mes affaires me fait presque angoisser. Heureusement, j’ai beaucoup d’amies comme moi.

Une de celles-ci est une designer géniale, de qui j’achète souvent des vêtements. Elle a une petite boutique sur la rue Saint-Hubert, mais juste au sud de la Plaza, entre Bellechasse et Rosemont. Le nom. Les Névrosées. Cliquez pour avoir une idée du stock. Elle tient aussi d’autres marques québécoises, comme Slak, Les incorrigibles, Judy, Cataclysm, etc., et aussi des bijoux, des sacs, des disques de musique indy… Elle est super gentille et le linge est… juste pour vous dire, ça fait 2 ans que je demande des certificats-cadeaux à ma fête. Ouais.

Alors, s’il vous plaît, la prochaine fois que vous foulerez le sol de la Plaza, allez un peu plus au sud, lui rendre visite, je ne veux pas qu’elle s’ennuie et surtout je veux qu’elle y reste! :) Venez encourager les créateurs et artisans québécois!



Le nouveau trend
29 septembre 2009, 08:32
Classé dans : Édito | Mots-clefs: ,

Non, mais si on se gêne pas pour appeler Michael Jackson un pédophile, même acquitté, qu’il ait été coupable ou pas, pourquoi on s’indigne de l’arrestation de Polanski, pourquoi personne ne parle de viol mais plutôt d’avoir eu des rapports avec une mineure, comme l’écrit une des personnes qui ont commenté le billet de Marie-Claude Lortie? La victime répète qu’elle n’était pas consentante.

C’est quoi, on a plus de respect pour les “artistes intellectuels”? Je respecte beaucoup le cinéma de M. Polanski, surtout Répulsion, un très bon film, mais il doit aussi être jugé et payer sa peine s’il a commis ou commet encore d’autres crimes. Quoi, s’il avait tué quelqu’un, on aurait dit: “C’est un accident s’il lui est tombé dessus pile sur le coeur avec un gros poignard qui était dans le tiroir de cuisine qu’il a malencontreusement ouvert”? Ça ne m’empêchera pas de pleurer son oeuvre s’il passe l’arme à gauche éventuellement (il s’en vient quand même vieux).

D’ailleurs, il n’y a que les coupables qui fuient. Les coupables et les lâches. Et pour droguer une fille de 13 ans, il faut être lâche en t*****.

Mais j’aurais une autre question: est-ce que c’est plus grave aux yeux de la société d’abuser de jeunes garçons que de jeunes adolescentes?