Classé dans : Critique, Humour, film | Mots-clefs: Bad Santa, Billy Bob Thornton, Film de Noël, Love Actually, Muppet Christmas Carol, Noël, Noël chez les Muppets, Terry Zwigoff
En marge de la liste Zip, qui sera conclue sous peu, une petite digression pour vous parler de films de circonstance, qui vous mettront dans l’esprit des Fêtes… ou presque!
Film pour toute la famille: A Muppet Christmas Carol
C’est maintenant devenu un lieu commun d’affirmer que les films pour enfants ont une dimension qui interpelle aussi les adultes, et c’est particulièrement vrai dans ce cas-ci. Le scénario est rempli de touches de finesse et de répliques autoréflexives totalement hilarantes perpétrées par le Grand Gonzo qui incarne le narrateur. On y retrouve tous nos personnages favoris dans un casting parfait (chapeau particulièrement aux 2 vieux chialeux qui commentent le party de Noël de Fuzzywig, dans les Noëls passés). Évidemment, on connaît tous la morale de l’histoire, mais on a parfois besoin de se la faire rappeler. Pour ma part, je ne me fatigue pas de le regarder, et je pleure pratiquement à chaque fois (oui, je suis une vraie Madeleine). Je n’ai pas l’intention de vous répéter ce qui a déjà été brillamment exposé sur L’Aut’Cinéma. Michael Caine est toujours aussi brillant en Scrooge, et on oublierait presque qu’il est entouré de marionnettes. Il y a plein de chansons entraînantes, le film est coloré, bien rythmé et n’a pas pris une ride. Le savoir-faire des marionnettistes n’a d’égal que celui des scénaristes et, fait rare, l’oeuvre s’apprécie autant en français que dans sa version originale.
Film de fille: Love Actually
L’affiche de Love Actually clamait: “The Ultimate Romantic Comedy”, et ils avaient raison. Dans cette dizaine de récits entrecroisés, on retrouve des histoires originales, qui prouvent que l’amour transcende l’âge, les frontières, les langues… et culmine à l’approche de Noël. Le film est souvent très drôle, touchant et, de manière rafraîchissante, ne se conclue pas nécessairement sur des happy endings. La production bénéficie d’un all star cast, comprenant le roi de la comédie romantique, Hugh Grant, de même que Liam Neeson, Emma Thompson, Laura Linney, et dans des caméos absolument mourants, Rowan Atkinson et nul autre que Billy Bob Thornton, dans le rôle du président américain libidineux. Mes personnages préférés sont Natalie “The Chubby Girl”, interprétée par Martine McCutcheon, la jeune assistante du premier ministre qui aurait supposément des cuisses “comme des troncs d’arbre” et à laquelle je m’identifie par la force des choses
, de même que l’irrévérencieux has been incarné par Bill Nighy qui essaie d’effectuer un retour en enregistrant une chanson de Noël qu’il qualifie lui-même de “shit“, “crap” et “festering turd“. Et, si je ne vous ai pas encore convaincus, voici 3 autres raisons de regarder ce film:
1- Ça se passe en Angleterre et on a donc droit au super accent british.
2- Il y a Colin Firth. Et il plonge dans un lac. Eh oui. Encore.
3- Dave Bélisle des Appendices a déjà dit que même les gars aimeraient ce film et l’a suggéré dans ses choix d’employé au Vidéo Beaubien il y a de cela au moins 4 ans.
Film pour public averti: Bad Santa
Bien oui, je suis dans ma phase Billy Bob. Si j’ai qualifié son personnage dans Love Actually de libidineux, et celui de Bill Nighy d’irrévérencieux, ces deux termes sont insuffisants pour décrire le père Noël de Billy Bob dans ce qui est probablement le film le plus grossier que j’ai vu de mon existence (et j’ai vu tous les épisodes de Family Guy). Sérieusement, si vous êtes du genre à trouver l’humour offensant de nos jours et si vous trouvez que RBO et Patrick Huard vont trop loin, je ne saurais trop vous déconseiller ce film. Ici, Santa fait équipe avec son lutin nain pour dévaliser les centres commerciaux où ils sont engagés. Entre-temps, il rote, baise, boit, fume, insulte les enfants et j’en passe. Il se retrouve finalement avec un petit sur les bras, qui croit qu’il est le véritable père Noël. Violence, blasphèmes, cul (et pas juste dans le sens de “sexe”), gaz corporels… Je sais pas pourquoi, mais je trouve ça attachant. Il est à noter que ce film est l’oeuvre du réalisateur Terry Zwigoff, qui a aussi fait Ghost World, et qu’il met également en vedette la belle Lauren Graham des Gilmore Girls.

Classé dans : Critique, Fiction (nouvelles/prose), Lecture | Mots-clefs: L'hiver retrouvé, Marie-Noëlle Gagnon, Nuit des malaxeurs
Eh oui, le livre du mois car j’ai tellement couru partout que j’ai à peine eu le temps de lire un livre en entier pendant le mois d’octobre, mais, heureusement pour moi, j’avais choisi le bon. L’hiver retrouvé est un livre qui vous hante, c’est un conte à la fois horrible et doux, aux allégories aussi puissantes que le vent, aussi froides que la neige, peuplé d’ogresses, de cadavres, de souvenirs et aussi de nuits étoilées sur les toits. Marie-Noëlle Gagnon évite les écueils qui aurait pu rendre son récit dispersé ou pire, quétaine, car elle sait écrire des phrases qui traitent de sentiments en leur donnant un ton authentique et un sens vrai. Il s’agit d’une histoire qui arrive à être belle de part sa laideur, car si elle avait essayé d’être belle, elle en serait devenue insipide et fleur bleue. Traiter de l’amour, des relations humaines, de la pression sociale en situant le récit dans un univers surréel constitue un pari délicat et, selon moi, réussi. Mon seul reproche est que j’ai trouvé la fin un peu trop longue, pour ma part, j’aurais abrégé un peu, mais on y trouve aussi des perles de phrases.
Le narrateur, après avoir erré à en avoir perdu la notion du temps et de l’espace, échoue dans un joli village déserté par la mer où c’est toujours l’été. En promettant de retrouver la mer, il sèmera l’espoir puis la déception dans le coeur des villageois, mais surtout dans celui de la belle Cerise. Après avoir pris la fuite de nouveau, il se retrouvera dans les ruines d’un ancien hameau au bord de l’eau, où l’hiver règne. La seule habitante est une ogresse…
Marie-Noëlle a été invitée à participer à la Nuit des malaxeurs à la fin novembre, un honneur réservé aux auteurs de premiers livres particulièrement réussis! Une soirée de lecture souvent chaotiques mais qui réserve toujours de belles découvertes poétiques ou romanesques.

Classé dans : Critique, Zip, film | Mots-clefs: Amarcord, Fellini, Memories of Matsuko, Muriel's Wedding, Shaun of the Dead, Toni Collette
Ah!! En ce jour d’Halloween, j’ai envie de vous parler de mon film préféré d’Halloween, Shaun of the Dead, ce qui me pousse à vous parler tout naturellement de mes films étrangers préférés, dans la suite de ma liste Zip que j’ai abandonnée depuis longtemps! En plus, mon chum se déguise en Shaun cette année!
1- Shaun of the Dead
Évidemment, vous aurez reconnu dans le titre une parodie du titre du classique Dawn of the Dead, de Romero, qui a fait l’objet il y a quelques années d’un remake que j’ai trouvé très bon aussi. La scène dans l’ascenseur où on entend en arrière-plan sonore “Down with the sickness” repreise par Richard Cheese est un chef-d’oeuvre. Bref! Shaun of the Dead a été produit et lancé à peu près en même temps que ce remake. Il s’agit d’une comédie (eh oui, encore) britannique, où on défonce les zombies à coups de batte de cricket et de 45 tours, au son d’une musique de Queen. Moi qui suis d’un naturel chicken, je peux garantir que ce n’est pas un film épeurant, mais très drôle. En fait, ce qui est brillant dans ce film, c’est qu’il nous montre à quel point nous sommes naturellement près d’être nous-mêmes des zombies dans notre vie courante. Ça leur prend vraiment du temps avant de constater que les autres ont un peu changé… L’interprétation de Simon Pegg et de son comparse Nick Frost a fait école. Ça rafraîchit un peu le genre qui tourne en rond parfois!
2- Muriel’s Wedding
Dans un tout autre registre, maintenant, nous partons en Australie avec une Toni Collette en début de carrière, qui partage la vedette avec Rachel Griffiths, future Brenda de Six Feet Under. Muriel’s Wedding aurait pu être une comédie romantique banale: une jeune fille très ordinaire, un peu moche, méprisée par sa famille, rêve de se marier. Pas de trouver l’amour, non; de se marier. Point. Et elle réussit… à quel prix? Mais même si on s’attache à Muriel, à son rêve de devenir une autre, de quitter son milieu, tout en la trouvant un peu nounoune, le film a un petit goût doux-amer. Sans se vouloir une critique ou un manifeste féministe, il réussit très bien à avoir un propos intelligent sous des dehors légers et divertissants. Bref, un bon film de filles à regarder entre amies, qui pourra ouvrir des discussions! En prime: une héroïne qui n’est pas super mince et qui est quand même regardable! Yes!
Mon amie Sarah et moi, on avait l’habitude de mettre ce film les samedis soirs en fin de soirée quand on fermait le vidéo… pour se faire aller au son de la musique d’Abba. Quant à moi, les chansons d’Abba sont bien mieux mises en valeur dans ce film que dans la comédie discutable qui est sortie l’an passée, Mamma Mia. (Mais bon, faut aimer le genre!)
3- Memories of Matsuko
Complètement différent des 2 autres, le film japonais Memories of Matsuko a fait un triomphe au festival Fantasia il y a quelques années, et pour cause. Comparé au Fabuleux destin d’Amélie Poulain en raison de ses moments de fantaisie et de sa mise en scène très recherchée, haute en couleurs, de ses images magnifiques, Memories of Matsuko est un film qui nous fait autant rire, et davantage pleurer qu’Amélie. Il raconte l’histoire, en flash-backs, de Matsuko, une femme maintenant vieille qui a vécu une vie très difficile et fort mouvementée. De numéros musicaux au montage saccadé aux scènes silencieuses et contemplatives, le réalisateur Tetsuya Nakashima, qui nous avait déjà donné l’excellent et étourdissant Kamikaze Girls, a signé ici une oeuvre très touchante, qui tente de définir l’irréconciliable qu’il y a en chacun de nous, l’enfant qu’on a été, l’adulte que nous sommes, etc. Nous sommes tous, à notre façon, un vieillard isolé de la société, perdu au milieu de ses souvenirs.
Il est à noter que je ne pense pas que le film ait été distribué sur DVD en Amérique du Nord, mais je pense qu’il est très facile à trouver sur Internet.
4- Amarcord
La grande fan de Fellini que je suis lui reconnais de nombreux chefs-d’oeuvre, mais Amarcord demeure mon favori. Le titre veut dire à peu près: “Je me rappelle” en italien, n’est pas si éloigné du film dont je viens de parler. Fellini se base sur ses souvenirs d’enfance pour reconstituer un petit village au bord de la mer, où l’événement de l’année sera le passage d’un gros paquebot de riches. De jeunes garçons vont faire au cours de cette année l’expérience de la vie, les cigarettes, l’argent, les femmes, et tout le bataclan. La mer, une véritable obsession de Fellini, vient encore une fois y jouer le miroir aux illusions, le berceau d’origine, et la plage, l’espace du rêve où tout se conclut. Il s’agit d’un film très personnel du réalisateur qui, bien qu’il se tienne toujours près de ses personnages, donne souvent dans le grandiose, le grandiloquent, la mise en scène, le cirque, etc.
Classé dans : Critique, Humour, Zip, film | Mots-clefs: Alain Chabat, André Dussollier, Éric Berger, Étienne Chatiliez, Benoit Poelvoorde, C'est arrivé près de chez vous, Catherine Deneuve, César et Rosalie, Claude Sautet, Jacques Demy, Peau d'âne, Romy Schneider, Rrrrrr, Sabine Azéma, Sami Frey, Tanguy, Yves Montand
Bon, je suis de retour, moment d’accalmie… pour vous parler de mes films français préférés (oups ! et un belge, mais il ne faut pas le dire.)
- César et Rosalie
Ah! Quel film magnifique! Réalisé par Claude Sautet, César et Rosalie met en scène une de mes actrices préférées de tous les temps, Romy Schneider, et Yves Montand, dans le rôle d’un couple dont l’existence sera perturbée par le retour de Sami Frey, un ancien amant de Romy/Rosalie. C’est un film typiquement français, en ce sens où les dialogues, les relations compliquées, l’espèce de moralité bourgeoise vacillante nous rappellent un peu Éric Rohmer et le “cliché” du cinéma français… Mais c’est un excellent film, pour ma part, je le possède en dvd et j’essaie de le regarder le moins souvent possible (on parle ici en termes d’années) pour le redécouvrir et le savourer à chaque fois. Les acteurs sont sublimes. J’ai toujours de la peine pour Yves Montand, c’est plus fort que moi.
- C’est arrivé près de chez vous
Le voilà l’intrus, l’imposteur, le film belge! Ha! Ha! À l’origine un film étudiant, C’est arrivé près de chez vous a révélé Benoit Poelvoorde (et je suis heureuse de dire que j’ai bien orthographié son patronyme du premier coup) dans le rôle qui lui convient le mieux: le mégalomane à grande gueule chiant, attachant et… dérangeant. On a ici droit à un faux documentaire, mais contrairement aux oeuvres de Christopher Guest, ici on se concentre sur un seul personnage… un tueur en série. Une équipe de tournage suit donc Poelvoorde qui explique comment noyer un corps, comment économiser des balles en faisant mourir les petits vieux d’une crise cardiaque… Comment dire? Sa performance est un tour de force. Il est MOURANT. C’est de l’humour noir comme on en voit peu. Évidemment, plus le film avance et plus l’équipe de tournage se trouve impliquée, et doit se repositionner éthiquement. Il y a certaines scènes un peu plus difficiles, moi j’ai le coeur sensible, mais bon, à côté de tout ce qui se fait au cinéma, c’est de la petite bière! Un film qui n’est pas gore ni graphiquement déplaisant, mais plutôt difficile au niveau de la “sensibilité”, dans le sens où on a affaire à quelqu’un qui perpétue des meurtres gratuitement… et bien que ce ne soit que du cinéma, on sait qu’il n’est pas seul.
- Peau d’âne
Attention! Alerte au musical! Eh oui, je vous parle bien ici du conte de Perrault adapté à l’écran par Jacques Demy et porté à bout de poumons par Catherine Deneuve, à la voix insupportablement aiguë. Pour ma part, je n’ai jamais pu “tougher” les Parapluies de Cherbourg au complet. Dans Peau d’âne, ils ont la décence d’avoir des dialogues entre les chansons. Bien que ce soit un film plus pour la famille, je l’ai revu avec des yeux d’adultes et je dois dire que c’est un excellent film, en grande partie à cause de la direction artistique qui est magnifique. Les costumes et les décors, qui ne sont pourtant pas fait avec “de grands moyens” (tourné en grande partie sur place dans les châteaux de la Loire), le tout est un enchantement. Disney peut aller se rhabiller (en plus, ils n’ont pas fait ce conte, à ma connaissance…) Si vous gardez votre p’tite cousine ou votre nièce et qu’elle est dans sa phase princesse, je vous le recommande fortement! J’ai même le dvd à la maison. Et même s’il est un peu plus vieux, je ne peux passer sous silence la présence de JEAN MARAIS, Jean Marais mon idole, il est si… gai, mais bon, on peut quand même le regarder et baver. Jean Marais donc, le roi qui veut marier sa fille (hello Freud).
- Tanguy
Vous connaissez maintenant ma faiblesse avouée pour la comédie, et quand Tanguy a pris l’affiche il y a de ça plusieurs années, je ne tenais plus en place! Avec raison. Étienne Chatiliez nous avait déjà donné le grinçant Tatie Danielle, mais je dois dire que les films précédents et suivants sont loin d’avoir été à la hauteur. Tanguy repose particulièrement sur le casting des parents, André Dussollier, le narrateur d’Amélie Poulain, délicieux en homme qui pique une crise de nerfs, et Sabine Azéma, traversée de tics nerveux et de culpabilité de vouloir que son fils de 28 ans, pratiquement riche, au doctorat qui s’étire, décolle de chez eux. Le fils en question est incarné par Éric Berger, et je pense qu’il a vraiment ce qu’on appelle une tête à claques: on le voit et on a le goût de lui fesser dessus. Il est si parfait, si mielleux… Brr! Les deux parents, donc, vont tout mettre en oeuvre pour chasser leur chère tache (hein, c’est pire que les chemises de l’archiduchesse, comme phrase). Mon pire moment de cruauté: quand le père dévisse une vis sur le seuil de la salle de bain et qu’il s’arrange pour que Tanguy se prenne dedans… pieds nus. Arggg! C’est drôle! C’est drôle!
- RRRrrrr
Bon, et maintenant, au risque de me faire excommunier de la blogosphère, je vous confesse mon attachement pour le film Rrrrr. Oui, c’est ça le titre, et c’est très drôle quand un tel film sort et que tu travailles dans un club vidéo. Réalisé par Alain “Ceasar” Chabat, mettant en vedette les Robins des bois, groupe d’humour français que pour ma part, je ne connais pas, Rrrrr raconte “l’histoire du premier crime de l’humanité”, à l’époque des hommes des cavernes. Évidemment, on nage ici dans l’absurde et dans l’anachronisme: on est à l’âge de pierre, donc tout le monde s’appelle Pierre. À l’instar des mammouths, les chats sont des chamouths, les poules, des poulmouths… Etc. Il faut embarquer, et je dois dire que le secours de substances illicites peut aider dans ce cas. On adore ou on déteste. Pour ma part, je fais partie avec plusieurs amies d’un cercle de fanatiques de Rrrrr. Mes anciennes colocs et moi avons déjà eu un répondeur où le message d’accueil était le suivant: “Bonjour, vous êtes bien chez Pierre, Pierre et Pierre…” Ouais.
Classé dans : C'est la faute des hommes, Critique, TV, Édito | Mots-clefs: âme soeur, Sex and the city, Sexe à New York
J’ai récemment recommencé à regarder les épisodes de la saison 1 de Sex and the City. En fait, j’ai déjà vu toutes les saisons il y a quelques années, et dans un état de désoeuvrement total, je m’y suis remise (vive le streaming sur Internet). J’ai songé à me retaper la saison 1 de Queer as folk, mais je préfère attendre, car je sais qu’un jour, je vais l’acheter sur DVD!
Bref, regarder Sex and the City, on ne se tanne pas, parce que c’est vraiment comme retrouver une gang d’amies. Et je sais que cette série fait l’objet de plusieurs préjugés, tant de la gent masculine que des filles qui trouvent que ça fait justement trop “fi-fille”. Mais c’est une série très bien écrite et, je dois dire, la seule que j’ai vue à ce jour qui s’améliore vraiment avec le temps. Au début, c’est bon, mais un peu comme toutes les autres bonnes séries. Mais, plus les saisons avancent, au lieu de se perdre dans des intrigues compliquées et invraisemblables pour faire durer la série, les personnages ont gagné en profondeur, leurs interactions aussi. Il y a peut-être eu un petit creux dans la saison 5, mais la saison 6 était presque un chef-d’oeuvre. J’ai pleuré à toutes les putains d’émissions.
L’histoire tourne autour de 4 copines new-yorkaises et de leurs vies sentimentales, mais plus particulièrement autour de la relation entre Carrie (Sarah Jessica Parker) et l’homme-archétype, M. Big (Chris Noth). On apprendra très tard que le véritable nom de Big est non moins archétypal: John. Évidemment, bonne télé oblige, leur histoire en est une de ruptures, trahison, réconciliation, etc. Lorsque Carrie fréquente d’autres hommes, on se dit: “Non! Pas lui! Il est pas fin! M. Big est mieux!” Et lorsqu’elle sort avec un homme presque parfait, comme Aidan (interprété par John Corbett), on se dit: “Ah, il est bien cute, mais c’est pas pareil… On aime mieux M. Big.”
Pourtant, M. Big est parfois un énorme trou de cul lui-même. Et là, on espère quand même que ça va durer avec lui: “Il va changer… Il va découvrir que c’est elle qu’il aime…” De vraies réactions de filles!!
Faisant une Carrie de moi-même, je rédige cette question: “Qu’est-ce qui va donc tuer le vieux mythe de l’âme soeur?” Car c’est bien de cela qu’il s’agit: de cette notion romantique qu’il ne peut y avoir qu’une personne pour qui notre coeur bat véritablement, même si on peut faire des erreurs et refuser de se l’admettre. Et pourtant, je ne suis pas mieux que les autres, moi aussi j’embarque dans l’histoire et j’en redemande.
Et aujourd’hui, j’ai compris en visionnant une scène clé: alors que leur relation devient de plus en plus confortable et naturelle, Carrie se laisse un jour aller à péter au lit (évidemment, sans préméditation) devant M. Big. Lors de leur souper suivant, M. Big place un “whoopie cushion” (un coussin qui fait un bruit de pet) sur sa chaise. C’est ça l’amour! Il faut pas chercher plus loin! Moi, ça me séduit totalement!
Classé dans : Critique, film | Mots-clefs: Antique, Dial M for Murder, grace kelly, hitchcock, Le crime était presque parfait, Paris de Cédric Klapisch
Salut les aminches! Eh oui, je vous ai laissés tomber éhontément. Mais ce n’est pas à défaut d’avoir pensé à vous, petits lecteurs, car j’ai noté scrupuleusement mes impressions sur 3 films dont je tiens à vous parler.
1- À fuir: Paris, de Cédric Klapisch
En regardant ce film, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander ce que ça prenait pour être un bon réalisateur. Après tout, Klapisch a été encensé pour L’auberge espagnole et Un air de famille, entre autres. Moi, j’avais beaucoup aimé L’auberge espagnole. Il y réussissait le coup des histoires multiples enchevêtrées, peut-être parce qu’il y avait un focus clair sur un personnage, en l’occurrence celui de Romain Duris. Dans Paris, il y a trop de protagonistes, sûrement pour illustrer l’éventail de la population parisienne… Mais ça se peut pas, représenter Paris avec une demi-douzaine d’acteurs tous plus célèbres les uns que les autres: Duris, Juliette Binoche, Fabrice Luchini, Albert Dupontel, Karin Viard… Ces gens sont des icônes, ils ne font pas très parisiens typiques. En plus, faites-nous grâce, s’il vous plaît, des dialogues du genre: “C’est ça, Paris, on râle, on n’est jamais content alors qu’on a tout pour être heureux…” “Paris s’élève dans la nuit comme [insérer une métaphore nulle].” Alors, pour le caractère pseudo-universel, on repassera.
En plus, même si les acteurs sont bons (Fabrice Luchini y dévoile presque une certaine vulnérabilité, Juliette Binoche est charmante sans “faire belle”), les personnages sont super clichés: le prof d’université qui s’entiche d’une jeune étudiante, qui doute du bien-fondé des recherches qui ont occupé toute sa vie; la mère monoparentale qui pense qu’elle a passé à côté de l’existence et qu’il est trop tard; le futur père qui doute aussi, bon, tout le monde doute. Tous ces récits pourraient être intéressants, s’ils étaient suffisamment approfondis pour dépasser les lieux communs. Cependant, on ne fait que les frôler, ce qui empêche de développer un réel intérêt envers l’un d’entre eux. En plus, on s’embarrasse d’intrigues secondaires (un jeune Camerounais qui cherche à atteindre Paris, entre autres), auxquelles on revient quelques secondes à toutes les 10 minutes et qui n’apportent rien tant elles ne sont qu’effleurées. Mon amie et moi, on n’arrêtait pas de dire: “C’est qui, donc, lui? D’où il sort? Ah, c’est pas lui qui a appelé la fille, tout à l’heure? Bien oui, la blonde, là… Tu sais, la fille tout à l’heure…” Et quand on a vu sur le lecteur dvd que ça faisait une heure que le film jouait, on s’est dit: “Quoi? Ça fait juste une heure? On est seulement rendues à la moitié? [soupir]“.
Mais le plus agaçant, c’est le côté moralisateur du scénario. Le personnage de Duris, un ancien danseur de cabaret atteint d’une maladie cardiaque, va mourir selon toute probabilité. Toutefois, ses répliques sont tellement truffées de: “Ah, vous, vous avez le temps, vivez, profitez-en, arrêtez de vous plaindre, vous avez la vie devant vous, etc.” que finalement, je n’éprouvais aucune compassion pour lui. On aurait dit que sa seule existence ne servait qu’à justifier et expliciter les histoires des autres. En plus, voulez-vous bien me dire combien de films avec ce message on a déjà eus? Si vous prenez la peine d’en faire un autre, forcez-vous pour que ce soit différent et intéressant.
En plus, il y avait des passes quétaines!!! Du genre, Juliette Binoche et Albert Dupontel se font tous les deux cruiser par des inconnus un soir, mais ils décident de ne pas se laisser aller, car ils réalisent (en même temps) qu’ils devraient passer à l’acte car ils sont attirés un par l’autre. Le lendemain, ils se croisent et bam! ils couchent ensemble.
Bref, c’était plate, je vous jure, regardez la bande-annonce, vous allez voir les meilleurs bouts du film, le reste, c’est du remplissage. Vous ne me croyez pas? Vous m’en redonnerez des nouvelles…
2- À déguster: Antique, de Kyu-Dong Min
Antique est un film coréen que j’ai vu à Fantasia et j’ai a-do-ré. J’imagine qu’il va éventuellement sortir en dvd ici (les Coréens sont vraiment en feu, cinématographiquement parlant, ces temps-ci), mais vous pouvez toujours en commander un sur ebay… Il est pas cher… Hi hi!
Le récit est adapté d’un manga. Il s’agit de quatre hommes travaillant dans une pâtisserie, un vrai paradis de desserts dont je n’ai jamais entendu parler. Chapeau au petit acteur coréen tout mignon qui a du dialogue en français à prononcer, c’est vraiment adorable. D’ailleurs, presque tous les personnages sont des hommes, et ils sont tous très beaux!! Bref, les desserts et les gars, c’est un vrai festin pour les yeux!
Trève de trivialités: il y a le patron qui n’aime pas les gâteaux, mais qui dit qu’il a ouvert une pâtisserie car la clientèle est presque exclusivement féminine; il y a le chef pâtissier de génie, un jeune homosexuel surnommé “the gay of demonic charm“, je vous laisse deviner pourquoi; il y a le garde du corps du patron, un jeune homme timide et empoté, à l’air un peu retardé; et enfin, l’employé gourmand et grognon, ancien champion de boxe. Le récit est difficile à résumer; on apprend un secret tragique du passé, l’amant français du pâtissier refait surface pour le ramener avec lui… Mais il s’agit d’un film très drôle, touchant, jamais mièvre. Les images sont superbes (pas juste les gâteaux) et le réalisateur a voulu respecter le style manga avec les couleurs vives, le montage éclaté, etc.
Je vous le recommande! Bande annonce.
3- À admirer: Hitchcock, encore et toujours. Dial M for Murder
Je me suis fait un petit festival maison Hitchcock, la semaine dernière (en fait, il est en suspens, mais il n’est pas terminé!) De tous les films que j’ai regardés et que je n’avais pas vus auparavant, celui que j’ai le plus aimé, c’est Dial M for Murder. En fait, j’ai vraiment adoré ça, à un point tel qu’à un moment, je me suis dit: “Tiens, je vais aller me resservir à boire…” et que je ne me suis levée qu’à la fin du film. J’étais captivée.
Premièrement, il y a la présence de Grace Kelly. Pour ma part, je préfère les femmes aux cheveux foncés. Mais je pense que personne ne peut nier que Grace Kelly est la perfection incarnée. Je pourrais la regarder pendant des heures.
Ensuite, le film est vraiment fascinant, parce qu’on voit tout: la planification du meurtre, sa réalisation et ce qui accroche, puis ensuite comment le coupable se débrouille pour ne pas se faire prendre, et enfin comment il finit par se faire pincer, blanchissant l’innocente. C’est formidable, puisque tout au long de ce processus, le spectateur s’identifie tour à tour à chaque partie, parfois il prend pour le coupable, parfois pour la victime, etc. Hitchcock nous manipule carrément. Et le plus fascinant, c’est que l’on voit tout, mais on ne sait quand même pas quel est le détail, quelle est l’erreur qui va faire que le vrai coupable sera finalement identifié.
Comme dans plusieurs films d’Hitchcock, la culpabilité se trouve transférée d’un personnage à un autre, mais contrairement à I confess, le meurtrier n’éprouve aucun remords et ne va sûrement pas craquer au dernier moment sous le poids de sa conscience. Il s’agit donc d’un vilain confirmé, mais son charme et la structure du film font que l’on s’attache à lui. Peut-être que Klapisch devrait réviser ses classiques…
Bande annonce de Dial M for Murder.
Classé dans : Critique, Fiction (nouvelles/prose), Lecture | Mots-clefs: Citizen Girl, Mélodie Nelson
Fuyez!
Je vous ai déjà informés, dans un précédent billet, de mon ennui profond à la lecture du roman Citizen Girl. J’ai commencé à le lire en toute bonne foi; ce sont les auteures des Nanny Diaries, que je n’ai pas lu, mais dont j’avais bien apprécié l’adaptation cinématographique avec Scarlett Johansson. Les touches d’observation anthropologique me faisaient rire, les personnages étaient attachants et pas trop caricaturaux. Mais ici? Brrr.
Je vous ferai donc le portrait de ce livre selon ma technique spéciale dite de la crucifixion, car elle se décline en 3 clous :
1- Le style. Je lis bien l’anglais. Je lis souvent en anglais. Alors quand les phrases sont construites, de manière humoristique j’imagine, de manière à mélanger les mots et que je doive constamment reculer de plusieurs paragraphes parce que je ne comprends pas ce qui se passe, je sais pas, mais moi, ça m’énerve. Et qu’est-ce qu’il y a de drôle à tenter d’insuffler de l’ironie à chaque phrase? Un peu de discernement et de timing comique, s’il vous plaît!
2- La structure dramatique. On parle ici de l’histoire d’une jeune diplômée de 24 ans, qui a une job merdique qui consiste à faire des photocopies, classer des dossiers et se faire exploiter par une patronne tyrannique. Elle se fait renvoyer, a de la misère à trouver un autre emploi. Finalement, elle en trouve un et elle ne comprend pas ce qu’elle doit faire, pourquoi on l’a engagée, elle est prise dans le labyrinthe de la vie corporative. Le tout se veut évidemment satirique. Jusque là, j’ai rien contre, tant que l’histoire est bien racontée.
Mais c’est tellement prévisible!!!! Tout le livre se déroule comme ça : le personnage a un espoir, puis une fausse piste se présente et nous fait croire (si on est bien naïf) que son espoir sera déçu, puis finalement ça s’arrange. Exemple : elle passe une entrevue pour l’emploi. Tout se passe bien, le patron lui dit pratiquement qu’elle a l’emploi. Puis une fille bien habillée et sûre d’elle entre après elle, et là on croit que cette fille aura l’emploi… Toutefois on le sait bien que c’est elle qui va l’avoir, et chaque étape de ce pénible processus est inteeeerrrrrminaaaaable. Et rempli des affres de questionnement existentiel du personnage. Ce qui m’amène au point suivant.
3- Le personnage principal. La jeune protagoniste de l’histoire, qu’on imagine brillante vu qu’elle a eu son diplôme et, je sais pas, peut-être parce qu’elle est le personnage principal et le sujet du livre, est d’une insipidité que je ne peux même pas décrire. Pour lui donner un côté archétypal, je présume, on l’a prénommée Girl. Déjà, effet inintéressant et à côté de la plaque. Sérieusement, si toutes les filles de ma génération sont comme elle, je me tire une balle. Elle se plaint tout le long. Elle n’a aucun esprit d’initiative. Elle n’a pas de personnalité. Elle a étudié en gender studies et veut travailler pour des organisations féministes, mais elle passe le livre à se faire bosser par son patron et même par son chum, un épais fini. Tout dialogue avec elle finit exactement où il a commencé; elle ne comprend jamais où les autres personnages veulent en venir, et au lieu d’essayer de comprendre, elle s’obstine sur la première idée qu’elle veut passer même si elle voit que ça marche pas.
En fait, les dialogues sont délibérément écrits de manière à nous confondre, puisque son emploi est si mystérieux et qu’on est censé se poser des questions. Sauf que le ressort dramatique ne fonctionne plus s’il est utilisé tout le long du livre. À un moment donné, quand tu comprends que chaque réplique n’existe que pour sous-entendre quelque chose qui ne se réglera pas avant la fin du livre, tu perds de l’intérêt. Et tu décides qu’il n’y a rien à comprendre. Simple déduction. Mais Girl, elle, est trop épaisse pour se dire ça.
Exemple de dialogue (librement adapté en français pour les besoins de la cause) :
-J’ai fini le rapport que vous m’aviez demandé.
-Quoi? Oh, mets-le ici. Maintenant, on passe à la phase 2.
-Vous ne regardez pas mon rapport?
-On n’en a pas besoin pour le moment. Alors j’ai besoin de [x chose dont le patron n’a jamais parlé avant. Girl est tout estomaquée.]
-Mais pour attirer le client X, j’ai écrit dans mon rapport…
-Je m’en fous du client X. Fais ce que je te demande.
-Mais vous m’aviez dit que le client X était votre priorité et mon rapport va vous montrer…
Etc. C’est comme ça tout le long. Elle est pathétique.
Mais, quand même, une pensée spéciale pour cette chère Mélodie Nelson qui m’a prêté des livres de chick lit traitant du monde du travail car j’avais des moments de doute et d’égarement face à mon emploi. Le premier livre que j’ai lu, Bitter is the new black, m’a bien fait rire et j’ai beaucoup aimé. Le personnage principal était antipathique au possible, mais il possédait du caractère, un sens de l’humour et de la répartie, une personnalité et, oh, un cerveau, ce qui faisait qu’on s’attachait à lui. Ou plutôt à elle,
c’était une fille, une vraie bitch.
Parlant de bitch, je me suis maintenant plongée dans Bitchfest, les « archives » de la revue Bitch, revue qui se penche sur la culture pop avec une loupe féministe. C’est aussi Mélodie qui m’a prêté. Et jusqu’à maintenant, c’est super intéressant. Deux sur trois, c’est une bonne moyenne, Mélo!
Classé dans : Critique, film | Mots-clefs: Ed Wood, Ed Wood le film, Johnny Depp, Tim Burton

Johnny Depp incarne le pire réalisateur de tous les temps
À chaque fois que je regarde ce film, ça me met de bonne humeur. Johnny Depp y est éblouissant de naïveté et d’optimisme. J’ai déjà vu au moins un film d’Ed Wood, le tristement célèbre Plan 9 from outer space (qui a été voté pire film de tous les temps...) Bien entendu, on peut rire aux maladresses de la réalisation, il y en a plusieurs, mais le problème avec les films poches… c’est qu’ils sont vraiment poches et donc très plates!! Pour ma part, je ne vois pas l’intérêt, ça ne me captive pas et m’emmerde plus qu’autre chose. Road House avec Patrick Swayze, ça c’est poche et distrayant!
Burton a tourné Ed Wood en noir et blanc, cadrant et éclairant le film en hommage à l’ « esthétique » du fantasque réalisateur. Même la musique d’Howard Shore est moins sirupeuse et plus amusante. Mais voici mes 4 raisons d’adorer ce film et de le réécouter encore et encore, et ce même si je concède que plusieurs autres films de Burton lui sont peut-être supérieurs :
- Ed s’habille en femme (l’angora est son fétiche). Moi, ça me touche.
- Martin Landau fait un Bela Lugosi fascinant. J’ai lu quelque part qu’un Hongrois d’origine avait dit que c’était le meilleur accent hongrois cinématographique qu’il avait entendu, parce que Landau parlait « comme un Hongrois qui essaie de ne pas avoir d’accent ». Je ne peux pas juger de la précision de cela, mais il est diablement attachant en vieux has-been avec un Leonard Nimoy complex (sur-identification à un personnage!) Landau a d’ailleurs remporté l’oscar du meilleur acteur dans un rôle de soutien pour cette prestation.
- La scène avec Orson Welles (joué par Vincent D’Onofrio). Tout le long du film, Wood claironne que Welles est son mentor, car il écrit, produit, réalise et joue tout comme lui (est-ce que cette admiration est véridique? J’avoue ne pas connaître la biographie et les faits de la vie de Wood; je m’en tiens au scénario). Au cours du tournage de Plan 9, il connaît sa seule crise de découragement et rencontre Welles par hasard dans un bar. Celui-ci l’encourage à poursuivre sa « vision d’artiste ». Ô suprême ironie!!! J’adore, déjà que je suis amoureuse d’Orson.
- Enfin, le sourire rayonnant de Depp/Wood qui adore son travail, ça me requinque à chaque fois. « What? Worse movie you ever saw? Well, my next one will be better! » Moi, je suis complètement séduite! Nous avons tous besoin d’un peu d’Ed Wood dans notre vie!
Mention spéciale à mon amie Léo qui est la première à m’avoir fait découvrir ce film et qui reste, à ce jour, son plus fervent défenseur!

Classé dans : Critique, film | Mots-clefs: Evan Rachel Wood, Larry David, Whatever works, Woody Allen
J’ai eu le plaisir d’aller voir le dernier film de Woody Allen, Whatever works, avec ma très bonne amie Léo hier. J’ai bien aimé le film, même si dans les premières minutes, j’étais vraiment sceptique. J’étais très curieuse de voir ce que le mélange Woody/Larry David allait donner. En fait de vieux chialeux, on trouve pas mieux dans un cas comme dans l’autre.

L’histoire est simple: un homme cultivé et très intelligent (qui a déjà été en lice pour le Nobel de physique), dans la cinquantaine, grognon, bourru, hypochondriaque, angoissé… (complétez, vous connaissez le type) rencontre par hasard une séduisante jeune (très jeune) fille blonde épaisse (incarnée par Evan Rachel Wood). Je mets “épaisse” en italiques parce que non, ce n’est pas un de ces contes où l’influence de l’homme sage transforme la jeune fille Pygmalion-My Fair lady type. Elle est tellement niaiseuse que c’est impossible! En fait, c’est un personnage qui se situe à la limite du crédible, et l’histoire elle-même est très prévisible (évidemment, elle s’intéresse à lui alors qu’il est vraiment pas attirant, tant physiquement que par sa personnalité, etc.) Sauf que justement, Woody Allen sait tirer parti de ces clichés (qu’il a d’ailleurs amplement exploités par le passé) afin de passer outre aux développements superflus et aller de l’avant avec son étude des caractères et de la moralité. Oup! Ils se rencontrent. Oup! Ils sont amoureux. Ça va dans le temps de le dire, mais c’est parce que dans le fond, le récit est bien secondaire.
Car que ce soit dans ses films à propos des relations amoureuses, ou ceux à propos de crimes et de meurtres perpétrés dans une optique économique ou sociale (comme dans Match Point, le jeune homme assassine sa maîtresse pour sauver son mariage, son emploi, son confort, les conventions), bref, dans toute son oeuvre cinématographique, qu’elle soit comique ou plutôt dramatique, Allen se pose des questions sur ce qui est moral, ce qui est acceptable, la tension entre le moi et l’autre, ou les autres. D’où sa fascination aussi pour la religion et son code de valeurs.
Mais justement depuis Match Point (du moins est-ce là que moi, je l’ai remarqué), Allen introduit la variable de la chance, de la contingence comme étant primordiale dans l’existence humaine. La tragédie n’est plus tributaire des dieux, d’un destin inévitable tracé à l’avance; la tragédie tient aux rencontres fortuites, à la perte d’un anneau, à tout ce que l’être humain ne peut prévoir ou contrôler. Peut-être que Woody l’angoissé, le control freak, réalise qu’il est vain de tenter de gagner ce contrôle. Moi, c’est toujours quelque chose qui m’a touchée, intriguée, et depuis que j’ai vu Match Point, je pense souvent à cette image où la balle de tennis frôle le filet, ce qui la fait retomber d’un côté ou de l’autre… Une question de chance…
Donc, si vous n’aimez pas vraiment Woody Allen, si vous trouvez qu’il se répète, vous n’aimez pas son personnage archétype, ou bien vous ne le connaissez pas, je ne vous recommanderais pas ce film. Il y a des films sublimes pour qui veut découvrir Allen, mais tous ne sont pas de ce calibre. Par contre, si vous l’aimez bien ou même l’adorez, vous y trouverez votre compte. La force des dialogues est toujours présente. Larry David arrive à nous faire oublier Woody… peut-être justement parce qu’il est lui-même également.

Plus qu’une fable sur le retour à la terre, c’est à une fable sur la quête d’idéal que nous convie Gilles Carle. L’idéal d’une femme qui quitte la ville pour la nature (Micheline Lanctôt alias Bernadette), l’idéal d’un agriculteur (
Je connais peu la musique, et avant d’entrer à l’université, je ne connaissais pas Gould. René Lapierre, que l’approche de Gould envers la voix humaine a fasciné, m’a fait découvrir ce film et le musicien dont il s’inspire en projetant de courts extraits en classe. J’ignore si le film a été distribué sur DVD… Réalisé par François Girard, Monsieur Violon rouge, ce film nous fait grâce du schéma biographique conventionnel (il était pauvre mais talentueux, il connaît la gloire, sombre dans l’abîme de la drogue/alcool/jeu, mais il finit par s’en sortir et sa famille lui pardonne…) et opte pour une construction fragmentaire, annoncée par le titre, qui évoque au passage l’enfance du prodige mais surtout ses multiples contradictions, ses multiples intérêts, sans oublier ses désintérêts (son mépris pour le protocole du concert classique et pour les divagations académiques des connaisseurs universitaires). Gould écoutait les voix des camionneurs, et du Petula Clark. Il aimait le Grand Nord. Il aimait parler au téléphone. Girard orchestre son film comme une partition, et il en résulte une oeuvre touchante et évocatrice, qui questionne le processus créateur et surtout, l’industrie du spectacle.
Eh oui, c’est un cliché, mais n’en déplaise aux récentes oeuvres de M. Arcand (même les Invasions barbares, c’était surévalué), les dialogues et la moustache d’Yves Jacques sont inoubliables. J’ai eu un coup de foudre cinéma au cégep pour le Déclin, à peu près à la même époque où j’ai découvert Happiness, et encore aujourd’hui, si je tombe dessus à la télévision, je ne peux m’empêcher de le regarder et à chaque fois, le plaisir est le même. Un peu moins trash qu’Happiness, tout de même, le Déclin explore un thème assez commun, style American Beauty: la décadence de la classe bourgeoise, ces gens bien pensants, bien mis et bien propres qui, finalement, mentent comme ils respirent et baisent tout ce qui bouge. Toutefois, ici, les comportements des personnages sont relativisés par eux-mêmes: professeurs d’histoire, ils replacent leurs agissements dans le contexte sociohistorique de la société occidentale. C’est peut-être l’originalité de ce film: montrer qu’il n’y a pas que les riches, les “parvenus”, les capitalistes qui ont des travers. Les intellectuels, les gens cultivés, amoureux de l’art et du savoir, ne sont au-dessus de quiconque. Ni au dessous, finalement. Car les personnages du Déclin sont pour la plupart heureux et vivent très bien avec leurs contradictions. Pas de culpabilité dévorante ici. Simplement une nature hédoniste, un peu à la Bernadette mais sans la finale. Peut-être est-ce ce qui fait que ce film date un peu (ça et l’horrible mode des années 80).
Ce film est un de mes favoris de tous les temps, québécois ou non. Louis Bélanger a réussi à faire ici une oeuvre toute en finesse et en demi-tons, en tendresse mais sans être mièvre, personnelle mais universelle, avec des échos aux grands changements historiques (chute du mur de Berlin, ascension des multinationales, etc.). Quant à Serge Thériault, il a prouvé qu’il était définitivement plus qu’un acteur comique, qu’il pouvait être à fleur de peau sans surjouer. Le film
IXE-13,