Tout me fait chier


Suggestions cinéma: Films de Noël

En marge de la liste Zip, qui sera conclue sous peu, une petite digression pour vous parler de films de circonstance, qui vous mettront dans l’esprit des Fêtes… ou presque!

Film pour toute la famille: A Muppet Christmas Carol

C’est maintenant devenu un lieu commun d’affirmer que les films pour enfants ont une dimension qui interpelle aussi les adultes, et c’est particulièrement vrai dans ce cas-ci. Le scénario est rempli de touches de finesse et de répliques autoréflexives totalement hilarantes perpétrées par le Grand Gonzo qui incarne le narrateur. On y retrouve tous nos personnages favoris dans un casting parfait (chapeau particulièrement aux 2 vieux chialeux qui commentent le party de Noël de Fuzzywig, dans les Noëls passés). Évidemment, on connaît tous la morale de l’histoire, mais on a parfois besoin de se la faire rappeler. Pour ma part, je ne me fatigue pas de le regarder, et je pleure pratiquement à chaque fois (oui, je suis une vraie Madeleine). Je n’ai pas l’intention de vous répéter ce qui a déjà été brillamment exposé sur L’Aut’Cinéma. Michael Caine est toujours aussi brillant en Scrooge, et on oublierait presque qu’il est entouré de marionnettes. Il y a plein de chansons entraînantes, le film est coloré, bien rythmé et n’a pas pris une ride. Le savoir-faire des marionnettistes n’a d’égal que celui des scénaristes et, fait rare, l’oeuvre s’apprécie autant en français que dans sa version originale.

Film de fille: Love Actually

L’affiche de Love Actually clamait: “The Ultimate Romantic Comedy”, et ils avaient raison. Dans cette dizaine de récits entrecroisés, on retrouve des histoires originales, qui prouvent que l’amour transcende l’âge, les frontières, les langues… et culmine à l’approche de Noël. Le film est souvent très drôle, touchant et, de manière rafraîchissante, ne se conclue pas nécessairement sur des happy endings. La production bénéficie d’un all star cast, comprenant le roi de la comédie romantique, Hugh Grant, de même que Liam Neeson, Emma Thompson, Laura Linney, et dans des caméos absolument mourants, Rowan Atkinson et nul autre que Billy Bob Thornton, dans le rôle du président américain libidineux. Mes personnages préférés sont Natalie “The Chubby Girl”, interprétée par Martine McCutcheon, la jeune assistante du premier ministre qui aurait supposément des cuisses “comme des troncs d’arbre” et à laquelle je m’identifie par la force des choses ;) , de même que l’irrévérencieux has been incarné par Bill Nighy qui essaie d’effectuer un retour en enregistrant une chanson de Noël qu’il qualifie lui-même de “shit“, “crap” et “festering turd“. Et, si je ne vous ai pas encore convaincus, voici 3 autres raisons de regarder ce film:

1- Ça se passe en Angleterre et on a donc droit au super accent british.

2- Il y a Colin Firth. Et il plonge dans un lac. Eh oui. Encore.

3- Dave Bélisle des Appendices a déjà dit que même les gars aimeraient ce film et l’a suggéré dans ses choix d’employé au Vidéo Beaubien il y a de cela au moins 4 ans. :)

Film pour public averti: Bad Santa

Bien oui, je suis dans ma phase Billy Bob. Si j’ai qualifié son personnage dans Love Actually de libidineux, et celui de Bill Nighy d’irrévérencieux, ces deux termes sont insuffisants pour décrire le père Noël de Billy Bob dans ce qui est probablement le film le plus grossier que j’ai vu de mon existence (et j’ai vu tous les épisodes de Family Guy). Sérieusement, si vous êtes du genre à trouver l’humour offensant de nos jours et si vous trouvez que RBO et Patrick Huard vont trop loin, je ne saurais trop vous déconseiller ce film. Ici, Santa fait équipe avec son lutin nain pour dévaliser les centres commerciaux où ils sont engagés. Entre-temps, il rote, baise, boit, fume, insulte les enfants et j’en passe. Il se retrouve finalement avec un petit sur les bras, qui croit qu’il est le véritable père Noël. Violence, blasphèmes, cul (et pas juste dans le sens de “sexe”), gaz corporels… Je sais pas pourquoi, mais je trouve ça attachant. Il est à noter que ce film est l’oeuvre du réalisateur Terry Zwigoff, qui a aussi fait Ghost World, et qu’il met également en vedette la belle Lauren Graham des Gilmore Girls.





Engeance du diable
8 décembre 2009, 23:36
Classé dans : Humour, Just for fun, film, Édito

Je hais les imprimantes. Elles sont l’engeance du diable, je le dis depuis des années. Comment se fait-il qu’on peut voyager dans l’espace, mais qu’on ne peut pas imprimer en paix??



Zip 4: Films français (et 1 belge)

Bon, je suis de retour, moment d’accalmie… pour vous parler de mes films français préférés (oups ! et un belge, mais il ne faut pas le dire.)

- César et Rosalie

Ah! Quel film magnifique! Réalisé par Claude Sautet, César et Rosalie met en scène une de mes actrices préférées de tous les temps, Romy Schneider, et Yves Montand, dans le rôle d’un couple dont l’existence sera perturbée par le retour de Sami Frey, un ancien amant de Romy/Rosalie. C’est un film typiquement français, en ce sens où les dialogues, les relations compliquées, l’espèce de moralité bourgeoise vacillante nous rappellent un peu Éric Rohmer et le “cliché” du cinéma français… Mais c’est un excellent film, pour ma part, je le possède en dvd et j’essaie de le regarder le moins souvent possible (on parle ici en termes d’années) pour le redécouvrir et le savourer à chaque fois. Les acteurs sont sublimes. J’ai toujours de la peine pour Yves Montand, c’est plus fort que moi.

- C’est arrivé près de chez vous

Le voilà l’intrus, l’imposteur, le film belge! Ha! Ha! À l’origine un film étudiant, C’est arrivé près de chez vous a révélé Benoit Poelvoorde (et je suis heureuse de dire que j’ai bien orthographié son patronyme du premier coup) dans le rôle qui lui convient le mieux: le mégalomane à grande gueule chiant, attachant et… dérangeant. On a ici droit à un faux documentaire, mais contrairement aux oeuvres de Christopher Guest, ici on se concentre sur un seul personnage… un tueur en série. Une équipe de tournage suit donc Poelvoorde qui explique comment noyer un corps, comment économiser des balles en faisant mourir les petits vieux d’une crise cardiaque… Comment dire? Sa performance est un tour de force. Il est MOURANT. C’est de l’humour noir comme on en voit peu. Évidemment, plus le film avance et plus l’équipe de tournage se trouve impliquée, et doit se repositionner éthiquement. Il y a certaines scènes un peu plus difficiles, moi j’ai le coeur sensible, mais bon, à côté de tout ce qui se fait au cinéma, c’est de la petite bière! Un film qui n’est pas gore ni graphiquement déplaisant, mais plutôt difficile au niveau de la “sensibilité”, dans le sens où on a affaire à quelqu’un qui perpétue des meurtres gratuitement… et bien que ce ne soit que du cinéma, on sait qu’il n’est pas seul.

- Peau d’âne

Attention! Alerte au musical! Eh oui, je vous parle bien ici du conte de Perrault adapté à l’écran par Jacques Demy et porté à bout de poumons par Catherine Deneuve, à la voix insupportablement aiguë. Pour ma part, je n’ai jamais pu “tougher” les Parapluies de Cherbourg au complet. Dans Peau d’âne, ils ont la décence d’avoir des dialogues entre les chansons. Bien que ce soit un film plus pour la famille, je l’ai revu avec des yeux d’adultes et je dois dire que c’est un excellent film, en grande partie à cause de la direction artistique qui est magnifique. Les costumes et les décors, qui ne sont pourtant pas fait avec “de grands moyens” (tourné en grande partie sur place dans les châteaux de la Loire), le tout est un enchantement. Disney peut aller se rhabiller (en plus, ils n’ont pas fait ce conte, à ma connaissance…) Si vous gardez votre p’tite cousine ou votre nièce et qu’elle est dans sa phase princesse, je vous le recommande fortement! J’ai même le dvd à la maison. Et même s’il est un peu plus vieux, je ne peux passer sous silence la présence de JEAN MARAIS, Jean Marais mon idole, il est si… gai, mais bon, on peut quand même le regarder et baver. Jean Marais donc, le roi qui veut marier sa fille (hello Freud).

- Tanguy

Vous connaissez maintenant ma faiblesse avouée pour la comédie, et quand Tanguy a pris l’affiche il y a de ça plusieurs années, je ne tenais plus en place! Avec raison. Étienne Chatiliez nous avait déjà donné le grinçant Tatie Danielle, mais je dois dire que les films précédents et suivants sont loin d’avoir été à la hauteur. Tanguy repose particulièrement sur le casting des parents, André Dussollier, le narrateur d’Amélie Poulain, délicieux en homme qui pique une crise de nerfs, et Sabine Azéma, traversée de tics nerveux et de culpabilité de vouloir que son fils de 28 ans, pratiquement riche, au doctorat qui s’étire, décolle de chez eux. Le fils en question est incarné par Éric Berger, et je pense qu’il a vraiment ce qu’on appelle une tête à claques: on le voit et on a le goût de lui fesser dessus. Il est si parfait, si mielleux… Brr! Les deux parents, donc, vont tout mettre en oeuvre pour chasser leur chère tache (hein, c’est pire que les chemises de l’archiduchesse, comme phrase). Mon pire moment de cruauté: quand le père dévisse une vis sur le seuil de la salle de bain et qu’il s’arrange pour que Tanguy se prenne dedans… pieds nus. Arggg! C’est drôle! C’est drôle!

- RRRrrrr

Bon, et maintenant, au risque de me faire excommunier de la blogosphère, je vous confesse mon attachement pour le film Rrrrr. Oui, c’est ça le titre, et c’est très drôle quand un tel film sort et que tu travailles dans un club vidéo. Réalisé par Alain “Ceasar” Chabat, mettant en vedette les Robins des bois, groupe d’humour français que pour ma part, je ne connais pas, Rrrrr raconte “l’histoire du premier crime de l’humanité”, à l’époque des hommes des cavernes. Évidemment, on nage ici dans l’absurde et dans l’anachronisme: on est à l’âge de pierre, donc tout le monde s’appelle Pierre. À l’instar des mammouths, les chats sont des chamouths, les poules, des poulmouths… Etc. Il faut embarquer, et je dois dire que le secours de substances illicites peut aider dans ce cas. On adore ou on déteste. Pour ma part, je fais partie avec plusieurs amies d’un cercle de fanatiques de Rrrrr. Mes anciennes colocs et moi avons déjà eu un répondeur où le message d’accueil était le suivant: “Bonjour, vous êtes bien chez Pierre, Pierre et Pierre…” Ouais.



Zip 2: Comédies musicales

Une petite filière de la comédie: les fameux musicals, genre adoré ou abhorré, victime de nombreux préjugés! Moi, j’adore une bonne comédie musicale… mais elles sont quand même rares, et j’admets que c’est très pénible quand c’est raté. La comédie musicale est un ensemble et si le scénario est faible, même de bons numéros chantants et dansants ne peuvent réussir à sauver la donne. Je vous donne mon top 3:

- Singin’ in the rain

LA comédie musicale de tous les temps. Galvaudé en raison de la fameuse scène-titre, Singin’ in the rain n’est pas qu’une comédie musicale exceptionnelle, c’est également un chef-d’oeuvre cinématographique qui trône en bonne position dans tous les décomptes des meilleurs films de tous les temps. Si vous n’aviez qu’une comédie musicale à voir durant toute votre existence, c’est celle-ci, sans aucune hésitation. Divertissement garanti.

La première originalité de Singin’ in the rain est son scénario. Le canevas “classique” de la comédie musicale hollywoodienne met en scène des personnages entertainers, qui travaillent dans des revues sur Broadway. Ce canevas permet d’intercaler un grand nombre de numéros scéniques, en plus des quelques chansons “intimes” qui viennent ponctuer l’histoire personnelle de ces personnages (habituellement une histoire d’amour). Dans Singin’ in the rain, les personnages gravitent dans le milieu du cinéma au moment où celui-ci passe du muet au parlant. Durant cette période, plusieurs vedettes ont vu leur étoile pâlir ou s’éteindre en raison d’accents, de voix fluettes, etc. Il s’ensuit une série de scènes pleines d’humour, qui valent en soi hors des numéros musicaux. Ce film est tordant.

Et cette structure solide permet de bien enchaîner des numéros qui soutiennent le récit sans avoir l’air ajoutés ou prétextés maladroitement. Ils n’agissent pas comme une colle à mise en scène! Tous les numéros sont chorégraphiés et mis en scène par Gene Kelly, la vedette du film, qui a de plus co-réalisé avec Stanley Donen (l’homme derrière Charade avec Audrey Hepburn). Alors, à mes yeux, Fred Astaire pourrait bien avoir tout le talent du monde, il n’est pas très charismatique. Alors, Gene Kelly, parlez-moi d’un homme!!!! Les numéros sont magnifiques, originaux, impressionnants… et ce qui est encore plus impressionnants, c’est qu’ils sont presque tous (à part peut-être le numéro sous la pluie) exécutés à plusieurs. Les plus fameux sont ceux où Gene Kelly danse avec Donald O’Connor en parfait synchronisme. Ils sont tout simplement hallucinants. Et, en prime, dans la dernière partie du film, une apparition d’une de mes idoles personnelles, la sublime Cyd Charisse.


- The Band Wagon

Sans être un chef-d’oeuvre filmique comme Singin’…, The Band Wagon est le type même du canon de la comédie musicale des années 50 et à mon sens, très réussie. On y retrouve le canevas que je vous ai décris plus haut, sauf que l’enchaînement des numéros scéniques demeure rigoureux et assujetti à un récit classique mais solide. C’est aussi un film très humoristique, une satire du milieu du spectacle où les effets scéniques prennent toute la place et nuisent à la qualité de l’histoire (critique cachée du modèle hollywoodien??) Je me souviens avoir ri à voix haute plusieurs fois au cours de mes visionnements. Le personnage du metteur en scène est un mégalomane épouvantable!

Les numéros musicaux décrivent donc en grande partie l’évolution du spectacle, mais ils viennent aussi ponctuer le récit en décrivant les états d’âme des personnages, comme de coutume. La scène de danse entre les 2 personnages principaux, où pas un mot n’est échangé, en dit plus sur leur amour naissant que bien des dialogues insipides. Cette scène en soi est un pur joyau. Et qui sont ces 2 protagonistes principaux? Nuls autres que Cyd Charisse et… Fred Astaire. Vous voyez, je suis quand même impartiale, je suis capable d’admettre quand j’ai tort ;) . Mais j’ai le droit de trouver Fred moins charmant que Gene.

Or, le temps fort du film, son climax, survient vraiment lors de la finale, le grand numéro qu’ils ont peaufiné et qui est un récit policier mis en danse. J’adore cette scène, je la trouve originale et inattendue dans ce contexte. Un film qui réussit à innover dans un modèle assez balisé.

Et je veux ses souliers!

- The Court Jester

Un autre film de la même époque, mais cette fois-ci, un film familial et qui s’éloigne vraiment des scénarios habituels de comédie musicale. The Court Jester est pratiquement une farce à la Robin des Bois. Je le regardais dans mon enfance, et je dois dire qu’en tant qu’adulte, mon plaisir ne s’est pas tari (d’autant plus que maintenant, je comprends le texte des chansons qui n’ont pas été traduites dans la version française que je possédais à l’époque.) Ma mère et moi en avons tiré un adage que nous répétons encore à l’envi.

Le film est en fait un écrin pour Danny Kaye, comédien, chanteur et danseur hors pair, l’entertainer un peu à la Dick Van Dyke (Mary Poppins). Il y incarne Hawkins, un comédien très maladroit qui se retrouve dans la bande du fameux bandit Renard Noir. Mais le bandit est-il un bandit? Le Renard Noir cherche à renverser l’usurpateur du trône d’Angleterre, qui n’a pas hésité à massacrer toute la famille royale pour arriver à ses fins. Toute? Non, car le véritable héritier, un bébé (le coup d’État n’était pas très vieux) a survécu.

Hawkins sert à divertir les troupes afin qu’elles ne perdent pas le moral. Il aimerait mieux se battre lui aussi, mais comme le dit le Renard Noir (attention, adage en vue): “Chacun sert selon ses capacités.” Mais lorsque Giacomo, le fameux bouffon italien, arrive à la cour à la demande du méchant Roi, Hawkins le kidnappera pour prendre sa place et s’infiltrer dans le château. Mais il tombe dans l’oeil de la princesse Gwendolyn, dont la dame de compagnie est en fait une sorcière…

Bon, en avez-vous assez lu? Le fait est qu’il s’agit bien d’un film familial, un vrai vaudeville, mais avec un rythme soutenu et des interprètes convaincants (la princesse est une jeune Angela Lansbury. Vous savez? Elle écrit au meurtre…) Je ne sais pas si je vous convaincs, mais un jour de pluie, peut-être… :)

***

Il existe évidemment d’autres très bonnes comédies musicales: West Side Story, An American in Paris, Mary Poppins… Mon conseil? Allez-y avec les canons d’abord, parce que souvent, les autres sont assez ordinaires…



Zip 1: Comédies

J’ai décidé de diviser ma liste Zip idéale par genres… Une division totalement arbitraire et un peu inutile, puisque la plupart des films entrent dans plusieurs catégories. Mais je ne peux pas vous les sortir d’un seul coup (il faut bien entretenir l’intérêt… ;) ) Alors je les regroupe ainsi, question de vous aider à vous y retrouver…

Pour entamer cette première section de ma liste Zip idéale, j’ai décidé de commencer par les comédies, parce que c’est mon genre préféré. Si je me retrouve au cinéma ou au club vidéo avec quelqu’un, c’est toujours vers les comédies que je me tourne. Si vous essayez de me convaincre de regarder une grosse merde hollywoodienne, il y a de gros risques que je plie pour une comédie, même douteuse. Voici donc quelques funny picks… sans ordre particulier.

- Dr. Strangelove

Bon, c’est une valeur sûre, évidemment. Kubrick est révéré, à juste titre, pour plusieurs chefs-d’oeuvre, mais ce film demeurera toujours mon préféré. Je commence à rire dès les premières minutes, juste à regarder les plans d’avions qui se ravitaillent. Le sous-texte sexuel de ce film est incroyable (j’ai d’ailleurs écrit un papier sur le sujet, si ça vous intéresse). Toutes les images, toutes les paroles ont un 2e degré. Je ne suis pas une fille de politique habituellement, mais cette façon de traiter le sujet, cet humour noir, je trouve ça irrésistible. Notons aussi la prestation de Peter Sellers dans pas moins de 3 rôles, dont le docteur du titre.

Rappelons que Dr. Strangelove (or how I learned to stop worrying and love the bomb) raconte ce qu’il serait advenu si, pendant la guerre froide, un général psychopathe avait, de son plein gré, décidé de lancer une attaque nucléaire non autorisée contre la Russie. Le tout culmine en une conversation téléphonique entre le président des États-Unis (Sellers, encore une fois) et le président russe. Tour de force comique, car on n’entend que Sellers, qui porte la scène sur ses épaules. Et que dire de Georges C. Scott en général pragmatique, de Sterling Hayden en militaire paranoïaque obsédé par les “bodily fluids”, de Slim Pickens en Major Kong à l’accent caoutchouteux qui chevauche une ogive nucléaire… Le film oscille entre subtilité et caricature avec un dosage que seul un maître comme Kubrick pouvait concocter. J’adore, j’adore, j’adore!

- Annie Hall

Bon, encore un choix évident, un canon. La première fois que j’ai vu Annie Hall, je devais avoir 18 ans, j’ai trouvé ça bien mais sans plus. Depuis, je l’ai revisionné à quelques reprises et c’est devenu un de mes feel-good movies. Je l’écoute quand je suis malade, déprimée, etc. Si Allen vous énerve, si vous trouvez qu’il tourne en rond, il faut revenir à ce film, qui constitue peut-être sa quintessence (quoique je suis prête à défendre d’autres titres qui sont pour moi excellents aussi). Mais dans celui-ci, il y a, en plus des dialogues brillants et de l’auto-dérision habituels, une tendresse qui me touche. Annie Hall est, vous ne serez pas surpris, l’autopsie d’une relation amoureuse maintenant terminée entre Diane Keaton (Annie) et Woody Allen (Alvy). Une des scènes-clés, à mon sens, à laquelle je songe souvent, est celle des homards. Diane Keaton et Woody veulent manger des homards mais aucun n’est capable de balancer l’animal vivant dans l’eau bouillante. En plus, Woody est effrayé par les pinces. Ils se lancent des homards, crient, montent sur des chaises, etc. Ils ont du plaisir, ils rient. Lorsque Woody essaie de répéter la même chose avec une autre compagne, elle le traite d’enfant ou quelque chose du genre. Pas de gaminerie, pas de rire. Pour moi, cela signifie beaucoup. Je me rappellerai toujours aussi de la maison du petit Woody sous les montagnes russes. Un classique.

- Best in Show

Vous connaissez Christopher Guest? Il est l’esprit derrière This is Spinal Tap, le fameux faux documentaire sur un groupe de rock complètement déjanté, dont les batteurs mouraient en série. Christopher est passé derrière la caméra, et cultive le genre du faux documentaire/comédie satirique brillamment. Il a réalisé For your consideration, Waiting for Guffman, A Mighty Wind, qui se concentraient respectivement sur les milieux du cinéma indépendant, du théâtre amateur et de la musique amateure (une harmonie rurale…) Mais mon film préféré demeure Best in Show, qui se déroule lors d’une compétition de chiens. Guest fait pratiquement toujours appel aux mêmes comédiens, dont Eugene Levy, le père dans la saga (!) des American Pie, et chaque film révèle leur “personnalité” particulière à travers une galerie de personnages colorés. J’adore voir les propriétaires de toutous projeter leurs névroses et leurs échecs sur leurs pauvres toutous. C’est savoureux. La technique du faux documentaire permet une plongée directe au coeur de l’Américain moyen, de leur poursuite de l’American Dream et, ce qui est crucial selon moi, leur conviction de mériter leur succès, que quelque chose leur est dû. Des personnages qui frôlent le pathétique, mais qui sont si bien campés que le tout reste comique et léger. Certains gags sont évidents, alors que d’autres sont plus subtils, ils s’insèrent dans les dialogues. Je ne sais pas s’ils travaillent beaucoup en improvisation, mais le résultat est là. À moins d’être une fan comme moi, peut-être trouverez-vous ces films répétitifs, alors je vous suggère Best in Show si vous n’aviez qu’à en voir un seul.

- Election

Ah! Election est un film que je possède en vidéocassette et que je regarde encore religieusement! C’est un film féroce, férocement drôle, férocement grinçant. Reese Witherspoon y incarne une première de classe, une vraie go-getter qui s’implique dans tous les comités, toutes les activités parascolaires, le type même de l’élève américaine qui veut entrer à Harvard et dont le moindre geste est dicté par une entrée potentielle dans son CV. Et vraiment, elle représente la genre de personne dont la perfection est, littéralement, insipide et enrageante au possible! Ce qui ne manque pas de taper sur les nerfs d’un prof, Matthew Broderick, qui arrive à un point de sa vie où il se remet en question. Lorsque miss Parfaite décide de se présenter aux élections scolaires pour le poste de président du conseil, le professeur décide que le monopole a assez duré… Il est intéressant de voir comment le scénario d’Alexander Payne (qui nous a depuis donné aussi Sideways) montre avec efficacité, mais sans appuyer, les prémices de cette crise existentielle. Broderick offre aussi une interprétation juste, et soulignons qu’il n’a pas eu que des chefs-d’oeuvre à son actif…

Je reviens au scénario, qui est pour moi le point fort de ce film. C’est vraiment un enchaînement d’événements apparemment sans lien, impliquant des personnages secondaires, qui font monter en crescendo l’agacement du professeur, jusqu’au moment où il passe à l’acte. Et la finale montre bien qu’il n’existe pas de scène anodine dans un film bien écrit. De plus, le film table sur l’inconscient sexuel qui règne dans les relations professeurs-étudiants, sans forcer la note mais sans jouer à l’autruche non plus. Il ne s’agit pas d’une oeuvre avec un message, ou d’une analyse profonde du système scolaire, etc. Mais il s’agit d’un film intelligent, rudement bien mené et divertissant au possible.

- Little miss Sunshine

Je vous ai déjà parlé de ce film, à mes débuts sur WordPress. Vous pouvez relire mon compte-rendu ici. J’ajouterai seulement trois choses: un, je ne pense pas que ce films ait été la fièvre d’un Sundance et qu’on n’en entendra plus jamais parler. Je pense qu’il mérite cette attention et qu’il demeurera, peut-être pas un classique, mais une référence, un film dont on se rappelle. Deux, je m’esclaffe littéralement à chaque fois que je le vois, surtout lors du numéro de la petite Olive, la protagoniste principale, lorsqu’elle participe au concours de beauté. Trois, j’ai vraiment une fixation pathologique depuis mon adolescence sur les personnages qui décident d’arrêter de parler consciemment. Peut-être que cela devrait me signifier quelque chose?



Baleines et best-sellers chez les Simpsons
14 juillet 2009, 18:16
Classé dans : Humour, TV, Écriture | Mots-clefs: , ,

Voici un de mes épisodes préférés des Simpsons, où marge devient une romancière et crée une histoire romantique mettant en scène des baleiniers de Nantucket… L’épisode regorge de références sur la littérature américaine et table sur l’assimilation de la réalité à la fiction dans l’esprit des lecteurs. En fait, Marge s’inspire explicitement de sa propre vie au départ, mais ensuite laisse son imagination cavaler… Je ne vous en dis pas plus, mais ça met de la brouille dans le ménage!

Anyway, it’s a writer’s guilty pleasure.

Vous pouvez regarder l’épisode complet ici. Pour le faire jouer, cliquer sur le cercle rouge arborant le signe “Play”. Une fenêtre de pub (ou un onglet) va s’ouvrir. Ignorez-le et retournez à la première fenêtre. Le cercle sera maintenant vert. Cliquez dessus et l’épisode débutera.



On en a gros!
4 juillet 2009, 11:18
Classé dans : Humour, TV | Mots-clefs: ,

Si vous ne connaissez pas Kaamelott, je vous mets ici les liens vers 2 de mes capsules préférées, en ligne sur Historia. Vous pouvez en écouter plusieurs sur le site, ou encore les suivre à la télévision sur la chaîne Historia.

Kaamelott, c’est l’histoire du roi Arthur revisitée, où tous les chevaliers de la Table Ronde sont des purs esprits dans le sens le plus littéral du terme… ce sont des MORONS! C’est vraiment pissant, et ça frôle souvent l’absurde, avec évidemment des références anachroniques et tout. Alexandre Astier, créateur de la série, scénariste, compositeur, interprète du roi Arthur, etc. , nous te saluons!

Le coffret DVD de la saison 1 disponible le 14 juillet.

Perceval chante sloubi (Livre III)

La jupe de Calogrenant (Livre I)

Blogue l’éponge, si t’as pas vu ça, il faut que tu t’y mettes! Je suis sûre que tu vas adorer!



Family Guy, épisode 3: la construction du sens… the BIRD is the WORD
16 juin 2009, 11:01
Classé dans : Family Guy, Humour, Sous-titrage, TV | Mots-clefs: , , ,

Oh mon Dieu, je suis en train de regarder la saison 7 de Family Guy. La fan en moi est au comble du bonheur. Pour ceux qui l’ont pas vu, je vais quand même vous parler de l’épisode 2, qui je pense restera dans l’histoire de la série! lol


Dire que j’ai déjà sous-titré cette chanson… C’était dans Full Metal Jacket. Sérieusement, si vous êtes sourd et que vous comprenez ce que “Ba-ba-o-mow-mow, o-o-m-mow-m-mow” veut dire, chapeau…

L’extrait est très long, mais il faut le regarder au complet pour bien en comprendre l’impact! Encore une fois, les scénaristes utilisent l’élongation du gag pour le rendre drôle. Cette fois-ci, pourtant, rien ne vient briser la logique narrative; le montage est la classique illustration du temps qui passe. C’est réellement l’accumulation qui rend la scène hilarante (ou insupportable).

Bien entendu, Peter est subjugué par la musique et le rythme de la chanson Surfin bird, comme en témoigne sa petite danse. Mais le plus fabuleux, c’est qu’il prend le texte au premier degré; il achète du temps d’antenne pour “conscientiser” la population au fait que the bird is the word. Mais comment trouver même un premier degré de sens dans ces paroles?

Everybody knows about the bird

The bird, bird, bird, the bird is the word [...]

Don’t you know about the bird

Everybody knows that the bird is the word

Même si la phrase est correcte, elle ne veut rien dire! La seule piste de sens demeure l’euphonie, la rime, et bien entendu la répétition, comme le souligne d’ailleurs Stewie en bon enfant d’âge préscolaire: “Again! I love repetition!” Eh bien, c’est exactement comme ça que tout le show fonctionne. Cet extrait est en quelque sorte la métaphore du principe de Family Guy. La répétition, c’est ce point de vue particulier sur le temps, les gags interminables qui se répètent presque à l’infini. Et l’euphonie, c’est la construction par affinité qui vient contrer la logique linéaire (les fameux flash-backs qui prennent souvent le pas sur le récit principal).

Et il va sans dire que depuis ce temps, la chanson a repris ses lettres de noblesse… on l’entend maintenant dans les bars et il y a toujours 2 ou 3 freaks (hum hum…) qui hurlent et qui chantent tout le long… Et ensuite, impossible de se la sortir de la tête. Nous sommes devenus Peter Griffin!



Chouchous télé
14 mars 2009, 12:52
Classé dans : Humour, TV, Unibrow | Mots-clefs: , ,

Avez-vous déjà entendu parler de The IT Crowd, une série télé britannique? Il y a fort à parier que non. Cette série en est déjà à sa 3e saison… mais chaque saison ne compte que 6 épisodes!

Si vous ne savez pas ce qu’est un département de IT, ce sont les gars (enfin, la plupart du temps ce sont des gars!) que vous appelez quand vous avez un problème avec votre ordinateur et qui vous répondent invariablement: “Avez-vous essayé de le fermer et de le rallumer?” Ce sont donc des geeks finis, et je ne sais pas si vous connaissez mon amour des geeks… Je trouve que ce sont des personnes à côtoyer (et la plupart du temps, assez faciles à séduire… Sorry, guys!) Je blague, mais les geeks font souvent des personnages intéressants, quoique ces dernières années, on a assisté à la naissance du stéréotype geek qui hante à peu près tous les films d’ado (en général, à la fin on lui découvre un talent caché, comme un gros pénis, et il finit avec une chick blonde en bikini).

Mais si vous êtes familier avec l’humour brit, vous conviendrez que leur sens du cliché est nowhere near ordinary. La “geeketé” des personnages est donc un point de départ, mais pas nécessairement là où se situe l’humour et l’absurdité complèment débridée des situations auxquelles ils sont confrontés. À voir (ou plutôt à pirater, je pense pas qu’on puisse le trouver ici). Je crois savoir que les Américains en ont fait un remake… mais comment savoir ce qu’ils en ont fait???


(Non, ce n’est pas une série animée!)

***

I want to be Tina Fey

Je vous ai déjà parlé de Tina, en protestant contre le Vanity Fair. Eh bien, j’ai commencé à regarder sa série télé 30Rock et je suis complètement accro! Non seulement le casting est excellent (Alec Baldwin, trop pissant), mais tout tient vraiment dans les dialogues qui sont toujours justes et hilarant. On ne parle ici que de bon vieux wit, de réparties cinglantes mais pas bitch wannabe qui essaient juste de choquer pour être dans l’air du temps. Le scandale est le nouveau politically correct.

Non, 30Rock, c’est le personnage principal (Tina dans le rôle de Liz Lemon, qui correspond elle aussi au stéréotype du geek féminin qui s’habille mal et sort avec des losers) qui dit: “Regarde, Jack, je vais dire à ton ex qu’on s’est fiancés et tu vas voir comment elle va être jalouse.”  Ici, la première réponse attendue serait que l’ex en question se montre tout à fait indifférente pour invalider l’action de Liz, ce qui serait comique sans être marquant. La réaction contraire, la jalousie, est aussi attendue. Mais c’est toujours dans la manière dont chaque situation est traitée (comme cette scène de jalousie) qui torche. On dirait une espèce de croisement entre Woody Allen et les frères Marx, entre des dialogues pénétrants de références culturelles et du screwball, du burlesque. J’adore.

Une autre trouvaille: tous les 3e rôles féminins (qui disent une réplique par épisode) sont interprétés par la même comédienne, semaine après semaine. Pourquoi est-ce tordant? Aucune idée, mais ça l’est!

Je pourrais continuer comme ça des heures. Je veux être Tina Fey; je veux écrire une série télé drôle et intelligente, c’est en plein mon créneau. Bon, je sais que je suis pas bonne actrice… je pourrais être celle qui fait tous les 3e rôles. ;)




BD de mes rêves
12 mars 2009, 19:21
Classé dans : BD, Création, Humour

Hé oui! Maintenant, je suis tellement devenue non créative que j’ai besoin de rêver pour passer à l’action!

Alors voici une petite bd dont le scénario, le personnage principal et l’humour plutôt douteux me sont venus pendant mon sommeil, et j’ai passé la nuit à me dire: “Il ne faut pas oublier ça… C’est important… C’est génial… Tellement drôle”. Bien entendu, comme j’étais à moitié endormie, je n’avais aucun sens critique. Mais bon, j’ai mené le projet à terme et vous pourrez y reconnaître mes influences subconscientes: Jeunauteur, les oeuvres picturales de Gilles Carle et même Esbark de Simon Lacroix.

Au pied de la lettre

Et le tout prouve également que je n’ai désespérement aucun talent en dessin ni en humour.