The first rule of Fight Club is…

Publié: 27 avril 2009 dans Édito
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Ha! Ha! Ce billet, je l’ai dans la tête depuis vendredi dernier au moins, mais je vous fais languir… Trop belle fin de semaine pour la passer devant un écran! D’ailleurs, je pense que tous les blogs accusent une légère baisse d’affluence…

Alors, cette fois-ci, je vous ramène encore dans nos films-cultes du début du nouveau millénaire, et j’ai nommé Fight Club. Pour ma part, la première fois que j’ai vu Fight Club, je connaissais déjà le punch final. C’est une malédiction que j’ai; je connais toujours la fin des films « à punch ». C’est aussi niaiseux que d’aller aux toilettes pendant mon shift au Vidéo Beaubien et entendre deux personnes discuter dans les allées et dire: « Ah oui! The Others! C’était un bon film!  À la fin, on apprend que… » Anyway.

Même si on connaît la fin, Fight Club demeure un film très regardable. J’avoue que ça fait plusieurs fois que je le vois (j’ai même déjà travaillé sur la trame sonore dans un cours de musique de film, mais je vous passe le tout, je pense que c’était assez intuitif!) et je trouve que s’il supporte très bien une seconde écoute, qui permet de saisir les subtilités qu’on ne pouvait pas comprendre la première fois, certains éléments apparaissent un peu gros lorsqu’on le réécoute encore et encore.

C’est que, depuis le temps, on en a vu, des films avec des histoires de double personnalité et personnages inventés, qu’on pense à A Beautiful Mind ou Secret Window (pour tomber dans le crade). Et on dirait que l’accumulation du procédé finit par l’affaiblir, et la psychologie des personnages sombre dans le cliché. C’est un peu comme les films où les hommes se déguisent en femme; Some like it hot, avec Marilyn Monroe, est un classique; mais le tout pâtit quand on le regarde aujourd’hui et qu’on pense à des nullités comme White Chicks.
Mais Fight Club s’en sort quand même grâce à son efficacité dramatique, à ses acteurs, à son propos anarchique, à sa mise en scène. Moi, j’adore le début, où le personnage d’Edward Norton fréquente tous les groupes de soutien possibles et imaginables, juste pour s’abandonner un peu. J’adore! Et ça me réconcilie avec mon passé de fan de Meat Loaf (même si je connaissais juste une toune… Oui, oui, celle-là).

Pour ma part, je ne connais personne qui n’a pas aimé Fight Club. Je connais sûrement des gens qui ne l’ont pas regardé par manque d’intérêt ou préjugé (moi-même, je ne l’aurais sûrement jamais vu si mon ex ne m’avait pas tordu un bras.) Or, j’ai été surprise de lire dans le livret de l’édition spéciale du DVD certaines mauvaises critiques. Et j’ai aussi aimé le fait que la compagnie les ait inclus dans le livret. En voici des extraits:

« I would deliver a long tirade against it if it weren’t such a dog – such a laborious and foolish waste of time… » David Denby, The New Yorker

« […] Aside from the protracted beatings, this film is so vacuous and empty it’s more depressing than provocative. » Kenneth Turan, L.A. Times

Le producteur Art Linson: « It’s not a question of violence. Last I checked I think one person in Fight Club died. You see more violence in the first 10 minutes of Saving Private Ryan than if you watched Fight Club for an entire year. But it defies expectations that audiences have about the context that they see violence in. »

La réflexion d’Art Linson nous ramène un peu à ce que je disais par rapport à La charge de l’orignal épormyable de Gauvreau, présentée il y a peu de temps auTNM: tout est une question de contexte et de point de vue. La violence est acceptable dans un contexte de guerre, et le meurtre est acceptable si on tue des terroristes. Par contre, la violence « non meurtrière » entre hommes adultes consentants est immorale. Pourquoi? Parce qu’elle se fait sans raison. La gratuité du geste fait peur, de nos jours. Même la gratuité du désintéressement, de la générosité fait peur et est considérée comme suspecte.

Si on veut aller au bout de cette logique, il faut établir quelles sont les « bonnes raisons », lesquelles peuvent justifier la violence. Je crois que la violence verbale et physique est considérée encore plus répréhensible que le meurtre par nos auditoires bien-pensants. Plus insidieuse, moins concrète. Ça me fait penser au questionnement de Camus, notamment dans sa pièce Les justes, qui se demandait s’il était moral de tuer des innocents pour une cause (dans ce cas-là, des enfants qui accompagnent un grand-duc russe dans une diligence, le grand-duc étant la tête à faire tomber).


La violence pour le plaisir, voilà sûrement le dernier tabou. L’acceptation des pulsions que des siècles de civilisation tentent d’étouffer, et qui trouvent leur exutoire dans des sports et activités comme la boxe, la tauromachie, etc. (Je ne suis pas en train d’endosser la tauromachie, attention!) Ce qui est effrayant, comme toujours, c’est l’universalité de ces pulsions, c’est la nature humaine, c’est de se sentir concerné aussi et de vouloir y échapper à tout prix. Nous sommes tous des membres potentiels du Fight Club.

Pour vous, mesdames, et vos autres pulsions

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