Un peu de chialage grammatical

Publié: 1 mai 2009 dans Édito

Est-ce que je suis la seule qui déteste quand quelqu’un dit mon nom dans une phrase? Hum, il me semble que ce n’est pas clair. Je recommence: si mon chum ou ma boss me disent quelque chose et qu’ils sentent le besoin de dire mon nom, j’ai toujours l’impression d’être la dernière des imbéciles. On dirait que filtre le sous-entendu: « Franchement, j’ai-tu besoin de t’expliquer ça? »

Par exemple: « Tu pourrais être plus agressive au téléphone pour avoir les rendez-vous, Aimée. » (Ça, c’est ma boss.)

Ou encore: « Les tuyaux de plomberie sont pas de couleur cuivre, Aimée, ils SONT en cuivre. » (Évidemment, ça, c’est mon chum. Bien quoi? J’ai dit des tuyaux en cuivre et il a pas réagi, donc je me suis dit qu’ils n’étaient pas vraiment en cuivre. Enfin bref.)

Imaginons la situation suivante: mon chum qui essaie de travailler et qui me demande de baisser ma musique. S’il me dit: « Peux-tu baisser la musique? Je travaille. » Je comprends alors que la musique le dérange. Mais s’il dit: « Aimée, peux-tu baisser la musique? Je travaille », alors là, je comprends que JE le dérange. Effet pernicieux. Peut-être que j’ai un complexe étrange avec mon nom, aussi.

Autre habitude verbale qui me gosse au possible: les phrases construites autour d’un « mais ». Encore une fois, je clarifie. Il s’agit du type de phrase: « C’est pas que c’est pas beau, tes cheveux comme ça, mais j’aimais mieux avant » ou « Je ne veux pas te contredire, mais… » ou la pire: « Je suis pas raciste, mais… » C’est pas mêlant, ça me dresse le poil sur les bras!

Toutes ces phrases qui sont conçues pour s’excuser et se justifier, alors qu’en fait on n’a pas le courage de nos opinions. Moi, me faire dire: « Je veux pas te faire de la peine, mais j’aime pas lire ton blog, il est plate » (exemple fictif!), ça me fait deux fois plus de peine. J’ai l’impression de me faire prendre pour une tarte. J’aime mieux me faire dire le truc directement. Ou ne pas me le faire dire. Si vous ne voulez pas me faire de la peine ou me fâcher, fermez-vous-la! 🙂

L’honnêteté, c’est important. La grammaire aussi. Tout passe par là! 😉 Par exemple, on ne peut pas dire: « Aimée ne porte que du noir. » Mais on peut dire: « Aimée porte toujours du noir. » Ah, la magie des mots!

Publicités
commentaires
  1. Doctorak dit :

    Je suis d’accord avec toi. J’haïs tellement ça nommer les gens que je déplois souvent des efforts discrets mais monumentaux pour construire des phrases qui m’évitent de le faire. En dix ans, je pense que j’ai interpellé quelqu’un pas son nom pas plus que trois fois, et à chaque fois c’était parce que j’avais épuisé tous les recours disponibles.

  2. melodienelson dit :

    Oh moi j’aime ça, je trouve ça aimable, entendre mon nom, doux et sexy, quand c’est mon mec qui l’utilise comme dans : « Tu es la femme de ma vie Mélodie. » et non « Tu es la femme qui me suce le mieux, salope de ma vie. »

  3. Aimée V. dit :

    @ Mélodie: Ha! Ha! Ha! C’est tellement pas le genre de mon chum de dire ça! (Les 2 exemples, en fait!) Il est pas trop du type verbal (je dirais plus oral… hi hi) Donc, déjà, quand il me dit quelque chose, c’est mauvais signe, mais en plus, s’il ajoute mon nom, alors là!!!!!!!!

    Je blague, chéri.
    Hé oui, mon chum lit mon blog, et il sait que je niaise. Je l’appelle jamais chéri.

    @ Doctorak: Au moins, je sais que quand on se parle, je me sentirai jamais inférieure car tu te forceras tellement pour pas dire mon nom que tu auras presque des rides dans le front. 😉

  4. LeDZ dit :

    J’te comprends !

    Si quelqu’un dit mon nom, c’Est que j’ai habituellement fait une niaiserie !

  5. Maman dit :

    Sortie de placard:

    1) J’ajoute souvent le prénom de la personne dans mes phrases, et EXACTEMENT pour les raisons citées par Aimée.

    2) Je crois bien être la personne ayant proféré : “C’est pas que c’est pas beau, tes cheveux comme ça, mais j’aimais mieux avant”. C’est ce qui arrive qui tu essaies de marier franchise et gentillesse (deux choses qui ne vont pas tellement ensemble finalement).

    Vous me comprendrez quand vous serez mamans! (ou papas, c’est selon).

    Sans rancune, ma fille adorée! 🙂

  6. Aimée V. dit :

    Chère maman, l’exemple des cheveux était au hasard, et j’avais en tête un ancien client du vidéo Beaubien, qui en fait m’avait dit: « Ouf, c’est mieux comme ça qu’avant », donc à comprendre que je faisais dur tout ce temps avant de changer mes cheveux (mais maintenant, j’ai les cheveux rouges encore, in your face, maudit client fatigant).
    C’est vrai que les mères sont souvent les personnes qui utilisent le plus la tactique du « nommage » de personne quand on a fait un mauvais coup!!

  7. Maman dit :

    Dans le fond, je voulais juste faire rigoler tes lecteurs (à quand mon propre blogue?) 🙂

  8. Lily Crystal dit :

    De mon côté ça dépend… Si on me dit « Baisse le ton Léonie » (mon « latin lover » trouve que je parle fort, mais en fait, c’est lui que personne ne comprend quand il parle…) Ça me frise le poil sur les bras!! Mais si on me dit « Léo, tu parles fort » Ça passe bien.

    Aimée, trouve-toi un diminutif, ça va alléger tes souffrances!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s