Family Guy, épisode 3: la construction du sens… the BIRD is the WORD

Publié: 16 juin 2009 dans Family Guy, Humour, Sous-titrage, TV
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Oh mon Dieu, je suis en train de regarder la saison 7 de Family Guy. La fan en moi est au comble du bonheur. Pour ceux qui l’ont pas vu, je vais quand même vous parler de l’épisode 2, qui je pense restera dans l’histoire de la série! lol


Dire que j’ai déjà sous-titré cette chanson… C’était dans Full Metal Jacket. Sérieusement, si vous êtes sourd et que vous comprenez ce que « Ba-ba-o-mow-mow, o-o-m-mow-m-mow » veut dire, chapeau…

L’extrait est très long, mais il faut le regarder au complet pour bien en comprendre l’impact! Encore une fois, les scénaristes utilisent l’élongation du gag pour le rendre drôle. Cette fois-ci, pourtant, rien ne vient briser la logique narrative; le montage est la classique illustration du temps qui passe. C’est réellement l’accumulation qui rend la scène hilarante (ou insupportable).

Bien entendu, Peter est subjugué par la musique et le rythme de la chanson Surfin bird, comme en témoigne sa petite danse. Mais le plus fabuleux, c’est qu’il prend le texte au premier degré; il achète du temps d’antenne pour « conscientiser » la population au fait que the bird is the word. Mais comment trouver même un premier degré de sens dans ces paroles?

Everybody knows about the bird

The bird, bird, bird, the bird is the word […]

Don’t you know about the bird

Everybody knows that the bird is the word

Même si la phrase est correcte, elle ne veut rien dire! La seule piste de sens demeure l’euphonie, la rime, et bien entendu la répétition, comme le souligne d’ailleurs Stewie en bon enfant d’âge préscolaire: « Again! I love repetition! » Eh bien, c’est exactement comme ça que tout le show fonctionne. Cet extrait est en quelque sorte la métaphore du principe de Family Guy. La répétition, c’est ce point de vue particulier sur le temps, les gags interminables qui se répètent presque à l’infini. Et l’euphonie, c’est la construction par affinité qui vient contrer la logique linéaire (les fameux flash-backs qui prennent souvent le pas sur le récit principal).

Et il va sans dire que depuis ce temps, la chanson a repris ses lettres de noblesse… on l’entend maintenant dans les bars et il y a toujours 2 ou 3 freaks (hum hum…) qui hurlent et qui chantent tout le long… Et ensuite, impossible de se la sortir de la tête. Nous sommes devenus Peter Griffin!

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commentaires
  1. Maman dit :

    J’ai regardé, mais comme tu le sais, je ne suis pas une habituée de Family Guy. J’ai laissé échappé un petit rire à la fin (émission payée) mais, franchement, je crois que ce genre d’humour ne s’adresse pas à ma vénérable génération.

  2. Aimée V. dit :

    Mais justement, c’est ça le but: c’est pas drôle. C’est juste la longueur, on se demande jusqu’où ils vont aller, qu’est-ce qu’ils vont oser… C’est vraiment leur audace et leur « mépris » des conventions télévisuelles qui devient leur marque de commerce et qui les rend si populaires… auprès d’une certaine portion de l’auditoire, il est vrai.

  3. paul dit :

    Bonsoir
    Suis tombé sur ce blog par hasard, à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent sur Rachel se marie (comme je suis un délinquant, je m’initie au streaming qui en l’occurence me demande d’attendre une demie heure avant de voir la fin d’un film qui est vraiment extraordinaire, mais bon en l’occurence cette phrase a aucun intérêt). Bref, pour en revenir à mes moutons, je trouve ce blog vraiment très sympa, et puis surtout, surtout, je viens de me faire tout ce qu’il peut y avoir de family guy sur youtube (je ne connaissais pas) et me sens über-fan. Merci donc!

  4. Aimée V. dit :

    Bienvenue Paul! Family Guy, si on aime, c’est qu’on adore! Bien heureuse d’avoir partagé cela avec vous!
    De retour bientôt pour vous mettre en garde contre un autre film… 🙂

  5. Roger Cageot dit :

    C’est ça. Interpeller le spectateur, travailler dans la longueur, lui faire se demander pourquoi il est en train de regarder ce qu’il regarde, comme le montre la scène du dernier épisode où Bryan vomit tripes et boyaux pendant 45 secondes. Cette approche est à contre-courant de la fuite en avant qui caractérise normalement ce qu’on voit à la télé: pour éviter d’ennuyer le spectateur, on passe à autre chose de manière ininterrompue. Ici, le travail sur le temps renvoie le spectateur à son ennui, à sa vacuité

  6. Aimée V. dit :

    Oui, et ces « arrêts » viennent s’opposer au récit qui est habituellement morcelé et accéléré, avec des ellipses qui remettent en question les schémas narratifs classiques. Au cours des deux dernières saisons (il me semble, mais je n’ai pas vérifié), il est arrivé deux fois que Peter et ses amis se retrouvent perdus en mer. La scène est alors coupé par un carton « Missing Reel », puis on les retrouve sur la plage en train de remercier un gros morse magique qui vole de les avoir sauvés. C’est comme s’ils nous disaient: « Bon, on sait tous que la convention veut que les personnages s’en tirent sains et saufs, pourquoi perdre du temps à élaborer une explication logique? »
    Je pourrais parler de tout ça pendant des heures! 😉
    Merci du commentaire super pertinent!

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