Larry David: la réincarnation de Woody Allen

Publié: 10 juillet 2009 dans Cinéma
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J’ai eu le plaisir d’aller voir le dernier film de Woody Allen, Whatever works, avec ma très bonne amie Léo hier. J’ai bien aimé le film, même si dans les premières minutes, j’étais vraiment sceptique. J’étais très curieuse de voir ce que le mélange Woody/Larry David allait donner. En fait de vieux chialeux, on trouve pas mieux dans un cas comme dans l’autre.

L’histoire est simple: un homme cultivé et très intelligent (qui a déjà été en lice pour le Nobel de physique), dans la cinquantaine, grognon, bourru, hypochondriaque, angoissé… (complétez, vous connaissez le type) rencontre par hasard une séduisante jeune (très jeune) fille blonde épaisse (incarnée par Evan Rachel Wood). Je mets « épaisse » en italiques parce que non, ce n’est pas un de ces contes où l’influence de l’homme sage transforme la jeune fille Pygmalion-My Fair lady type. Elle est tellement niaiseuse que c’est impossible! En fait, c’est un personnage qui se situe à la limite du crédible, et l’histoire elle-même est très prévisible (évidemment, elle s’intéresse à lui alors qu’il est vraiment pas attirant, tant physiquement que par sa personnalité, etc.) Sauf que justement, Woody Allen sait tirer parti de ces clichés (qu’il a d’ailleurs amplement exploités par le passé) afin de passer outre aux développements superflus et aller de l’avant avec son étude des caractères et de la moralité. Oup! Ils se rencontrent. Oup! Ils sont amoureux. Ça va dans le temps de le dire, mais c’est parce que dans le fond, le récit est bien secondaire.

Car que ce soit dans ses films à propos des relations amoureuses, ou ceux à propos de crimes et de meurtres perpétrés dans une optique économique ou sociale (comme dans Match Point, le jeune homme assassine sa maîtresse pour sauver son mariage, son emploi, son confort, les conventions), bref, dans toute son oeuvre cinématographique, qu’elle soit comique ou plutôt dramatique, Allen se pose des questions sur ce qui est moral, ce qui est acceptable, la tension entre le moi et l’autre, ou les autres. D’où sa fascination aussi pour la religion et son code de valeurs.

Mais justement depuis Match Point (du moins est-ce là que moi, je l’ai remarqué), Allen introduit la variable de la chance, de la contingence comme étant primordiale dans l’existence humaine. La tragédie n’est plus tributaire des dieux, d’un destin inévitable tracé à l’avance; la tragédie tient aux rencontres fortuites, à la perte d’un anneau, à tout ce que l’être humain ne peut prévoir ou contrôler. Peut-être que Woody l’angoissé, le control freak, réalise qu’il est vain de tenter de gagner ce contrôle. Moi, c’est toujours quelque chose qui m’a touchée, intriguée, et depuis que j’ai vu Match Point, je pense souvent à cette image où la balle de tennis frôle le filet, ce qui la fait retomber d’un côté ou de l’autre… Une question de chance…

Donc, si vous n’aimez pas vraiment Woody Allen, si vous trouvez qu’il se répète, vous n’aimez pas son personnage archétype, ou bien vous ne le connaissez pas, je ne vous recommanderais pas ce film. Il y a des films sublimes pour qui veut découvrir Allen, mais tous ne sont pas de ce calibre. Par contre, si vous l’aimez bien ou même l’adorez, vous y trouverez votre compte. La force des dialogues est toujours présente. Larry David arrive à nous faire oublier Woody… peut-être justement parce qu’il est lui-même également.

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commentaires
  1. […] Larry David: la réincarnation de Woody Allen Tout me fait chier – PeopleRank: 1 – 10 jui. 2009 J’ai eu le plaisir d’aller voir le dernier film de Woody Allen, Whatever works, avec ma très bonne amie Léo hier. J’ai bien aimé le film, même si dans les premières minutes, j’étais vraiment sceptique. J’étais très curieuse de voir ce… Personnes citées : Larry David  + votez […]

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