Auto-psychanalyse

Publié: 20 juillet 2009 dans Édito, Vie de famille

Vendredi, j’ai vu des amis du Vidéo Beaubien, c’était très agréable et nous avons trinqué, ma foi, fort honnêtement… S’ensuivit donc un sommeil légèrement agité, où rêves et réminiscences s’entremêlaient… Et je me suis rappelée un de mes plus anciens souvenirs. J’étais en âge préscolaire, à cette époque nous habitions encore dans la superbe banlieue de Mascouche (fait étrange… il y avait un bois derrière chez moi, et j’étais sûre que de nos jours, il n’existerait plus, avec les développements immobiliers et tout. Il y aura même le train de banlieue à Mascouche… Mais ce bois existe toujours! J’en frétille presque.)

Donc, j’étais en âge préscolaire et je gambadais innocemment sur ce qu’il convient d’appeler le driveway, et tout à coup, me voilà qui trébuche et tombe, m’écorchant vivement le genou (avec du sang et de la garnotte dans la plaie, the whole nine yards.) Je me relève et je prends une décision: je ne pleurerai pas. Cette réflexion consciente était sûrement le fruit de la présence de la voisine, une dame dont j’ai vraiment tout oublié sauf cette fatale présence, qui me demanda quelque chose du genre: « Pauvre chouette, es-tu correcte? » Moi de dire: « Oui, oui », et de rentrer dans la maison d’un pas qui se voulait lent et majestueux, pas du tout affecté par la gale en devenir sur mon genou.

Je me souviens aussi très distinctement d’avoir dit à ma mère, non sans une once de fierté, exhibant ma plaie purulente: « Regarde, je suis tombée et j’ai même pas pleuré. » Vint ensuite un sentiment d’accomplissement et d’enorgueillissement à l’idée d’être, enfin, devenue une grande fille (serait-ce suite à cet incident que j’ai donné mon ours en peluche à mon petit frère bébé, décrétant que j’étais assez vieille? Je ne pourrais le dire. Mais j’ai toujours eu ce complexe de vouloir vieillir plus vite que mon ombre.)

Et alors, toujours dans mon lit, maintenant adulte et légèrement éméchée, je ne pouvais m’empêcher de me demander à quel âge on commençait à montrer aux enfants à cacher leurs émotions. Ou est-ce que c’était moi qui étais déjà à cet âge extrêmement orgueilleuse (ne pas oublier la fois où je m’étais établie dans le cabanon dans la cour, ayant décidé de déserter mes parents, et convaincue que le sifflement du vent qui faisait Ouh, ouh comme un fantôme était en fait ma mère qui voulait me faire peur pour que je sorte. Pourquoi j’ai cru une telle chose de ma mère, je ne saurais pas vous le dire.)

Peut-être ai-je trouvé le point de départ d’une future psychanalyse? Ah, et c’est aussi à Mascouche que j’ai rencontré une énorme couleuvre sur le gazon que mon père a garroché dans le bois et qui m’a probablement laissée avec une phobie paralysante des serpents. Ouaip. Et riez pas, c’est pas drôle, j’en fais toujours des cauchemars.

***

Note qui n’a aucun rapport avec le précédent article: le livre que je suis en train de lire, Citizen Girl, c’est tellemeeeeent plate! Je le finis juste pour vous raconter à quel point j’ai haï ça, mais vraiment. Sorry Mélodie, je sais que c’est toi qui me l’as prêté, mais… bad fit!

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