Citizen Bore

Publié: 22 juillet 2009 dans Lecture
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Fuyez!

Fuyez!

Je vous ai déjà informés, dans un précédent billet, de mon ennui profond à la lecture du roman Citizen Girl. J’ai commencé à le lire en toute bonne foi; ce sont les auteures des Nanny Diaries, que je n’ai pas lu, mais dont j’avais bien apprécié l’adaptation cinématographique avec Scarlett Johansson. Les touches d’observation anthropologique me faisaient rire, les personnages étaient attachants et pas trop caricaturaux. Mais ici? Brrr.

Je vous ferai donc le portrait de ce livre selon ma technique spéciale dite de la crucifixion, car elle se décline en 3 clous :

1- Le style. Je lis bien l’anglais. Je lis souvent en anglais. Alors quand les phrases sont construites, de manière humoristique j’imagine, de manière à mélanger les mots et que je doive constamment reculer de plusieurs paragraphes parce que je ne comprends pas ce qui se passe, je sais pas, mais moi, ça m’énerve. Et qu’est-ce qu’il y a de drôle à tenter d’insuffler de l’ironie à chaque phrase? Un peu de discernement et de timing comique, s’il vous plaît!

2- La structure dramatique. On parle ici de l’histoire d’une jeune diplômée de 24 ans, qui a une job merdique qui consiste à faire des photocopies, classer des dossiers et se faire exploiter par une patronne tyrannique. Elle se fait renvoyer, a de la misère à trouver un autre emploi. Finalement, elle en trouve un et elle ne comprend pas ce qu’elle doit faire, pourquoi on l’a engagée, elle est prise dans le labyrinthe de la vie corporative. Le tout se veut évidemment satirique. Jusque là, j’ai rien contre, tant que l’histoire est bien racontée.
Mais c’est tellement prévisible!!!! Tout le livre se déroule comme ça : le personnage a un espoir, puis une fausse piste se présente et nous fait croire (si on est bien naïf) que son espoir sera déçu, puis finalement ça s’arrange. Exemple : elle passe une entrevue pour l’emploi. Tout se passe bien, le patron lui dit pratiquement qu’elle a l’emploi. Puis une fille bien habillée et sûre d’elle entre après elle, et là on croit que cette fille aura l’emploi… Toutefois on le sait bien que c’est elle qui va l’avoir, et chaque étape de ce pénible processus est inteeeerrrrrminaaaaable. Et rempli des affres de questionnement existentiel du personnage. Ce qui m’amène au point suivant.

3- Le personnage principal. La jeune protagoniste de l’histoire, qu’on imagine brillante vu qu’elle a eu son diplôme et, je sais pas, peut-être parce qu’elle est le personnage principal et le sujet du livre, est d’une insipidité que je ne peux même pas décrire. Pour lui donner un côté archétypal, je présume, on l’a prénommée Girl. Déjà, effet inintéressant et à côté de la plaque. Sérieusement, si toutes les filles de ma génération sont comme elle, je me tire une balle. Elle se plaint tout le long. Elle n’a aucun esprit d’initiative. Elle n’a pas de personnalité. Elle a étudié en gender studies et veut travailler pour des organisations féministes, mais elle passe le livre à se faire bosser par son patron et même par son chum, un épais fini. Tout dialogue avec elle finit exactement où il a commencé; elle ne comprend jamais où les autres personnages veulent en venir, et au lieu d’essayer de comprendre, elle s’obstine sur la première idée qu’elle veut passer même si elle voit que ça marche pas.
En fait, les dialogues sont délibérément écrits de manière à nous confondre, puisque son emploi est si mystérieux et qu’on est censé se poser des questions. Sauf que le ressort dramatique ne fonctionne plus s’il est utilisé tout le long du livre. À un moment donné, quand tu comprends que chaque réplique n’existe que pour sous-entendre quelque chose qui ne se réglera pas avant la fin du livre, tu perds de l’intérêt. Et tu décides qu’il n’y a rien à comprendre. Simple déduction. Mais Girl, elle, est trop épaisse pour se dire ça.

Exemple de dialogue (librement adapté en français pour les besoins de la cause) :

-J’ai fini le rapport que vous m’aviez demandé.
-Quoi? Oh, mets-le ici. Maintenant, on passe à la phase 2.
-Vous ne regardez pas mon rapport?
-On n’en a pas besoin pour le moment. Alors j’ai besoin de [x chose dont le patron n’a jamais parlé avant. Girl est tout estomaquée.]
-Mais pour attirer le client X, j’ai écrit dans mon rapport…
-Je m’en fous du client X. Fais ce que je te demande.
-Mais vous m’aviez dit que le client X était votre priorité et mon rapport va vous montrer…

Etc. C’est comme ça tout le long. Elle est pathétique.

Mais, quand même, une pensée spéciale pour cette chère Mélodie Nelson qui m’a prêté des livres de chick lit traitant du monde du travail car j’avais des moments de doute et d’égarement face à mon emploi. Le premier livre que j’ai lu, Bitter is the new black, m’a bien fait rire et j’ai beaucoup aimé. Le personnage principal était antipathique au possible, mais il possédait du caractère, un sens de l’humour et de la répartie, une personnalité et, oh, un cerveau, ce qui faisait qu’on s’attachait à lui. Ou plutôt à elle,
c’était une fille, une vraie bitch.

Parlant de bitch, je me suis maintenant plongée dans Bitchfest, les « archives » de la revue Bitch, revue qui se penche sur la culture pop avec une loupe féministe. C’est aussi Mélodie qui m’a prêté. Et jusqu’à maintenant, c’est super intéressant. Deux sur trois, c’est une bonne moyenne, Mélo!

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