Mes films de la semaine: à fuir, à déguster et à admirer

Publié: 4 août 2009 dans Cinéma
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Salut les aminches! Eh oui, je vous ai laissés tomber éhontément. Mais ce n’est pas à défaut d’avoir pensé à vous, petits lecteurs, car j’ai noté scrupuleusement mes impressions sur 3 films dont je tiens à vous parler.

1- À fuir: Paris, de Cédric Klapisch

En regardant ce film, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander ce que ça prenait pour être un bon réalisateur. Après tout, Klapisch a été encensé pour L’auberge espagnole et Un air de famille, entre autres. Moi, j’avais beaucoup aimé L’auberge espagnole. Il y réussissait le coup des histoires multiples enchevêtrées, peut-être parce qu’il y avait un focus clair sur un personnage, en l’occurrence celui de Romain Duris. Dans Paris, il y a trop de protagonistes, sûrement pour illustrer l’éventail de la population parisienne… Mais ça se peut pas, représenter Paris avec une demi-douzaine d’acteurs tous plus célèbres les uns que les autres: Duris, Juliette Binoche, Fabrice Luchini, Albert Dupontel, Karin Viard… Ces gens sont des icônes, ils ne font pas très parisiens typiques. En plus, faites-nous grâce, s’il vous plaît, des dialogues du genre: « C’est ça, Paris, on râle, on n’est jamais content alors qu’on a tout pour être heureux… » « Paris s’élève dans la nuit comme [insérer une métaphore nulle]. » Alors, pour le caractère pseudo-universel, on repassera.

En plus, même si les acteurs sont bons (Fabrice Luchini y dévoile presque une certaine vulnérabilité, Juliette Binoche est charmante sans « faire belle »), les personnages sont super clichés: le prof d’université qui s’entiche d’une jeune étudiante, qui doute du bien-fondé des recherches qui ont occupé toute sa vie; la mère monoparentale qui pense qu’elle a passé à côté de l’existence et qu’il est trop tard; le futur père qui doute aussi, bon, tout le monde doute. Tous ces récits pourraient être intéressants, s’ils étaient suffisamment approfondis pour dépasser les lieux communs. Cependant, on ne fait que les frôler, ce qui empêche de développer un réel intérêt envers l’un d’entre eux. En plus, on s’embarrasse d’intrigues secondaires (un jeune Camerounais qui cherche à atteindre Paris, entre autres), auxquelles on revient quelques secondes à toutes les 10 minutes et qui n’apportent rien tant elles ne sont qu’effleurées. Mon amie et moi, on n’arrêtait pas de dire: « C’est qui, donc, lui? D’où il sort? Ah, c’est pas lui qui a appelé la fille, tout à l’heure? Bien oui, la blonde, là… Tu sais, la fille tout à l’heure… » Et quand on a vu sur le lecteur dvd que ça faisait une heure que le film jouait, on s’est dit: « Quoi? Ça fait juste une heure? On est seulement rendues à la moitié? [soupir] ».

Mais le plus agaçant, c’est le côté moralisateur du scénario. Le personnage de Duris, un ancien danseur de cabaret atteint d’une maladie cardiaque, va mourir selon toute probabilité. Toutefois, ses répliques sont tellement truffées de: « Ah, vous, vous avez le temps, vivez, profitez-en, arrêtez de vous plaindre, vous avez la vie devant vous, etc. » que finalement, je n’éprouvais aucune compassion pour lui. On aurait dit que sa seule existence ne servait qu’à justifier et expliciter les histoires des autres. En plus, voulez-vous bien me dire combien de films avec ce message on a déjà eus? Si vous prenez la peine d’en faire un autre, forcez-vous pour que ce soit différent et intéressant.

En plus, il y avait des passes quétaines!!! Du genre, Juliette Binoche et Albert Dupontel se font tous les deux cruiser par des inconnus un soir, mais ils décident de ne pas se laisser aller, car ils réalisent (en même temps) qu’ils devraient passer à l’acte car ils sont attirés un par l’autre. Le lendemain, ils se croisent et bam! ils couchent ensemble.

Bref, c’était plate, je vous jure, regardez la bande-annonce, vous allez voir les meilleurs bouts du film, le reste, c’est du remplissage. Vous ne me croyez pas? Vous m’en redonnerez des nouvelles…

2- À déguster: Antique, de Kyu-Dong Min

Antique est un film coréen que j’ai vu à Fantasia et j’ai a-do-ré. J’imagine qu’il va éventuellement sortir en dvd ici (les Coréens sont vraiment en feu, cinématographiquement parlant, ces temps-ci), mais vous pouvez toujours en commander un sur ebay… Il est pas cher… Hi hi!

Le récit est adapté d’un manga. Il s’agit de quatre hommes travaillant dans une pâtisserie, un vrai paradis de desserts dont je n’ai jamais entendu parler. Chapeau au petit acteur coréen tout mignon qui a du dialogue en français à prononcer, c’est vraiment adorable. D’ailleurs, presque tous les personnages sont des hommes, et ils sont tous très beaux!! Bref, les desserts et les gars, c’est un vrai festin pour les yeux!

Trève de trivialités: il y a le patron qui n’aime pas les gâteaux, mais qui dit qu’il a ouvert une pâtisserie car la clientèle est presque exclusivement féminine; il y a le chef pâtissier de génie, un jeune homosexuel surnommé « the gay of demonic charm« , je vous laisse deviner pourquoi; il y a le garde du corps du patron, un jeune homme timide et empoté, à l’air un peu retardé; et enfin, l’employé gourmand et grognon, ancien champion de boxe. Le récit est difficile à résumer; on apprend un secret tragique du passé, l’amant français du pâtissier refait surface pour le ramener avec lui… Mais il s’agit d’un film très drôle, touchant, jamais mièvre. Les images sont superbes (pas juste les gâteaux) et le réalisateur a voulu respecter le style manga avec les couleurs vives, le montage éclaté, etc.

Je vous le recommande! Bande annonce.

3- À admirer: Hitchcock, encore et toujours. Dial M for Murder

Je me suis fait un petit festival maison Hitchcock, la semaine dernière (en fait, il est en suspens, mais il n’est pas terminé!) De tous les films que j’ai regardés et que je n’avais pas vus auparavant, celui que j’ai le plus aimé, c’est Dial M for Murder. En fait, j’ai vraiment adoré ça, à un point tel qu’à un moment, je me suis dit: « Tiens, je vais aller me resservir à boire… » et que je ne me suis levée qu’à la fin du film. J’étais captivée.

Premièrement, il y a la présence de Grace Kelly. Pour ma part, je préfère les femmes aux cheveux foncés. Mais je pense que personne ne peut nier que Grace Kelly est la perfection incarnée. Je pourrais la regarder pendant des heures.

Ensuite, le film est vraiment fascinant, parce qu’on voit tout: la planification du meurtre, sa réalisation et ce qui accroche, puis ensuite comment le coupable se débrouille pour ne pas se faire prendre, et enfin comment il finit par se faire pincer, blanchissant l’innocente. C’est formidable, puisque tout au long de ce processus, le spectateur s’identifie tour à tour à chaque partie, parfois il prend pour le coupable, parfois pour la victime, etc. Hitchcock nous manipule carrément. Et le plus fascinant, c’est que l’on voit tout, mais on ne sait quand même pas quel est le détail, quelle est l’erreur qui va faire que le vrai coupable sera finalement identifié.

Comme dans plusieurs films d’Hitchcock, la culpabilité se trouve transférée d’un personnage à un autre, mais contrairement à I confess, le meurtrier n’éprouve aucun remords et ne va sûrement pas craquer au dernier moment sous le poids de sa conscience. Il s’agit donc d’un vilain confirmé, mais son charme et la structure du film font que l’on s’attache à lui. Peut-être que Klapisch devrait réviser ses classiques…

Bande annonce de Dial M for Murder.

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