J’ai décidé de diviser ma liste Zip idéale par genres… Une division totalement arbitraire et un peu inutile, puisque la plupart des films entrent dans plusieurs catégories. Mais je ne peux pas vous les sortir d’un seul coup (il faut bien entretenir l’intérêt… 😉 ) Alors je les regroupe ainsi, question de vous aider à vous y retrouver…

Pour entamer cette première section de ma liste Zip idéale, j’ai décidé de commencer par les comédies, parce que c’est mon genre préféré. Si je me retrouve au cinéma ou au club vidéo avec quelqu’un, c’est toujours vers les comédies que je me tourne. Si vous essayez de me convaincre de regarder une grosse merde hollywoodienne, il y a de gros risques que je plie pour une comédie, même douteuse. Voici donc quelques funny picks… sans ordre particulier.

– Dr. Strangelove

Bon, c’est une valeur sûre, évidemment. Kubrick est révéré, à juste titre, pour plusieurs chefs-d’oeuvre, mais ce film demeurera toujours mon préféré. Je commence à rire dès les premières minutes, juste à regarder les plans d’avions qui se ravitaillent. Le sous-texte sexuel de ce film est incroyable (j’ai d’ailleurs écrit un papier sur le sujet, si ça vous intéresse). Toutes les images, toutes les paroles ont un 2e degré. Je ne suis pas une fille de politique habituellement, mais cette façon de traiter le sujet, cet humour noir, je trouve ça irrésistible. Notons aussi la prestation de Peter Sellers dans pas moins de 3 rôles, dont le docteur du titre.

Rappelons que Dr. Strangelove (or how I learned to stop worrying and love the bomb) raconte ce qu’il serait advenu si, pendant la guerre froide, un général psychopathe avait, de son plein gré, décidé de lancer une attaque nucléaire non autorisée contre la Russie. Le tout culmine en une conversation téléphonique entre le président des États-Unis (Sellers, encore une fois) et le président russe. Tour de force comique, car on n’entend que Sellers, qui porte la scène sur ses épaules. Et que dire de Georges C. Scott en général pragmatique, de Sterling Hayden en militaire paranoïaque obsédé par les « bodily fluids », de Slim Pickens en Major Kong à l’accent caoutchouteux qui chevauche une ogive nucléaire… Le film oscille entre subtilité et caricature avec un dosage que seul un maître comme Kubrick pouvait concocter. J’adore, j’adore, j’adore!

– Annie Hall

Bon, encore un choix évident, un canon. La première fois que j’ai vu Annie Hall, je devais avoir 18 ans, j’ai trouvé ça bien mais sans plus. Depuis, je l’ai revisionné à quelques reprises et c’est devenu un de mes feel-good movies. Je l’écoute quand je suis malade, déprimée, etc. Si Allen vous énerve, si vous trouvez qu’il tourne en rond, il faut revenir à ce film, qui constitue peut-être sa quintessence (quoique je suis prête à défendre d’autres titres qui sont pour moi excellents aussi). Mais dans celui-ci, il y a, en plus des dialogues brillants et de l’auto-dérision habituels, une tendresse qui me touche. Annie Hall est, vous ne serez pas surpris, l’autopsie d’une relation amoureuse maintenant terminée entre Diane Keaton (Annie) et Woody Allen (Alvy). Une des scènes-clés, à mon sens, à laquelle je songe souvent, est celle des homards. Diane Keaton et Woody veulent manger des homards mais aucun n’est capable de balancer l’animal vivant dans l’eau bouillante. En plus, Woody est effrayé par les pinces. Ils se lancent des homards, crient, montent sur des chaises, etc. Ils ont du plaisir, ils rient. Lorsque Woody essaie de répéter la même chose avec une autre compagne, elle le traite d’enfant ou quelque chose du genre. Pas de gaminerie, pas de rire. Pour moi, cela signifie beaucoup. Je me rappellerai toujours aussi de la maison du petit Woody sous les montagnes russes. Un classique.

– Best in Show

Vous connaissez Christopher Guest? Il est l’esprit derrière This is Spinal Tap, le fameux faux documentaire sur un groupe de rock complètement déjanté, dont les batteurs mouraient en série. Christopher est passé derrière la caméra, et cultive le genre du faux documentaire/comédie satirique brillamment. Il a réalisé For your consideration, Waiting for Guffman, A Mighty Wind, qui se concentraient respectivement sur les milieux du cinéma indépendant, du théâtre amateur et de la musique amateure (une harmonie rurale…) Mais mon film préféré demeure Best in Show, qui se déroule lors d’une compétition de chiens. Guest fait pratiquement toujours appel aux mêmes comédiens, dont Eugene Levy, le père dans la saga (!) des American Pie, et chaque film révèle leur « personnalité » particulière à travers une galerie de personnages colorés. J’adore voir les propriétaires de toutous projeter leurs névroses et leurs échecs sur leurs pauvres toutous. C’est savoureux. La technique du faux documentaire permet une plongée directe au coeur de l’Américain moyen, de leur poursuite de l’American Dream et, ce qui est crucial selon moi, leur conviction de mériter leur succès, que quelque chose leur est dû. Des personnages qui frôlent le pathétique, mais qui sont si bien campés que le tout reste comique et léger. Certains gags sont évidents, alors que d’autres sont plus subtils, ils s’insèrent dans les dialogues. Je ne sais pas s’ils travaillent beaucoup en improvisation, mais le résultat est là. À moins d’être une fan comme moi, peut-être trouverez-vous ces films répétitifs, alors je vous suggère Best in Show si vous n’aviez qu’à en voir un seul.

– Election

Ah! Election est un film que je possède en vidéocassette et que je regarde encore religieusement! C’est un film féroce, férocement drôle, férocement grinçant. Reese Witherspoon y incarne une première de classe, une vraie go-getter qui s’implique dans tous les comités, toutes les activités parascolaires, le type même de l’élève américaine qui veut entrer à Harvard et dont le moindre geste est dicté par une entrée potentielle dans son CV. Et vraiment, elle représente la genre de personne dont la perfection est, littéralement, insipide et enrageante au possible! Ce qui ne manque pas de taper sur les nerfs d’un prof, Matthew Broderick, qui arrive à un point de sa vie où il se remet en question. Lorsque miss Parfaite décide de se présenter aux élections scolaires pour le poste de président du conseil, le professeur décide que le monopole a assez duré… Il est intéressant de voir comment le scénario d’Alexander Payne (qui nous a depuis donné aussi Sideways) montre avec efficacité, mais sans appuyer, les prémices de cette crise existentielle. Broderick offre aussi une interprétation juste, et soulignons qu’il n’a pas eu que des chefs-d’oeuvre à son actif…

Je reviens au scénario, qui est pour moi le point fort de ce film. C’est vraiment un enchaînement d’événements apparemment sans lien, impliquant des personnages secondaires, qui font monter en crescendo l’agacement du professeur, jusqu’au moment où il passe à l’acte. Et la finale montre bien qu’il n’existe pas de scène anodine dans un film bien écrit. De plus, le film table sur l’inconscient sexuel qui règne dans les relations professeurs-étudiants, sans forcer la note mais sans jouer à l’autruche non plus. Il ne s’agit pas d’une oeuvre avec un message, ou d’une analyse profonde du système scolaire, etc. Mais il s’agit d’un film intelligent, rudement bien mené et divertissant au possible.

– Little miss Sunshine

Je vous ai déjà parlé de ce film, à mes débuts sur WordPress. Vous pouvez relire mon compte-rendu ici. J’ajouterai seulement trois choses: un, je ne pense pas que ce films ait été la fièvre d’un Sundance et qu’on n’en entendra plus jamais parler. Je pense qu’il mérite cette attention et qu’il demeurera, peut-être pas un classique, mais une référence, un film dont on se rappelle. Deux, je m’esclaffe littéralement à chaque fois que je le vois, surtout lors du numéro de la petite Olive, la protagoniste principale, lorsqu’elle participe au concours de beauté. Trois, j’ai vraiment une fixation pathologique depuis mon adolescence sur les personnages qui décident d’arrêter de parler consciemment. Peut-être que cela devrait me signifier quelque chose?

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commentaires
  1. Maman dit :

    Je ne connaissais pas Best in show, ni Election, ça semble intéressant, merci!

  2. Valérie dit :

    Nos goûts en matière de cinéma semblent très… comment dire… concordants: comme toi, Annie Hall se trouve en dans le haut de ma liste (et c’est drôle, j’ai également écouté ce film pour la première fois à 18 ans, et je me rappelle avoir trouvé ça très ordinaire… c’est à la deuxième écoute, un an plus tard, que j’ai été sensible à toutes les nuances, le côté « doux-amer » de l’histoire d’amour entre Annie et Alvin (je crois bien que le personnage campé par Allen s’appelle Alvin…?). Ce film est pour moi une intarissable source de réconfort.
    Pour ce qui est d’Election: je trouve ça très chouette que tu en parles ici, parce que (il faut le dire) la pochette et les acteurs semblent plus annoncer une merde comme seul Hollywood sait en faire lorsque vient le temps de s’adresser aux ados, plutôt que la petite comédie fine et intelligente qui en résulte.

    As-tu déjà vu About Shmidt, mettant en vedette Jack Nicholson? Je crois que tu aimerais.

  3. Aimée V. dit :

    Oui, mais juste pour t’avertir, dans Election, il y a quand même du contenu « mature », alors ce ne serait pas un film à écouter en famille! 🙂

  4. Aimée V. dit :

    @ Valérie: oui, j’ai déjà vu About Schmidt, en fait j’ai vu presque tous les films d’Alexander Payne, il ne me manque que Citizen Ruth, et tu me le rappelles. Je vais aller le « zipper » sur mon club vidéo en ligne! Merci pour ton commentaire! 🙂

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