Bon, j’ai écrit « Drames » pour les opposer aux comédies, en gros, parce que je ne savais pas quoi écrire comme genre. Ne vous inquiétez pas, ce ne sont pas des films à kleenex! Beurk! En général, j’haïs ça. Prenons-les plutôt comme des films américains indépendants (parce qu’ensuite, on se déplace.) Comme je vous ai déjà parlé longtemps d’Ed Wood, j’ai décidé de le laisser de côté cette fois-ci.

– Happiness

Il s’en brasse, de la marde, dans ce film au titre plutôt ironique. Je me rappelle mon premier contact avec Happiness; à l’époque, mes parents étaient abonnés au TV Hebdo (bien oui, on n’avait pas l’internet!) et je lisais tououououotes les critiques de films, et un jour, il y a eu le résumé d’Happiness dans la chronique des sorties en vidéocassette (bien oui, ça fait longtemps! lol) Alors, qu’est-ce que ça dit à mon sujet lorsque j’ai été prise de l’envie folle de louer ce film où se côtoient un pédophile, un pervers qui fait des coups au téléphone, une obèse meurtrière, un Russe voleur, une chanteuse folk névrosée, une femme au foyer en pleine dénégation…? Happiness est là pour nous montrer la décadence de la vie américaine, et disons que ce n’est pas à coups de subtilités. En fait, le tout est mené par un humour noir qui est, à mon avis, absolument hilarant. Paradoxalement, ce film me met véritablement de bonne humeur lorsque je le regarde. Mais disons que cela exige tout de même une certaine qualité d’abstraction, parce que si on réfléchit quelque peu au propos du film, c’est sûr qu’on a envie de se tirer une balle. Coeurs sensibles… je ne dirais pas « s’abstenir », mais sortir votre côté le plus sarcastique et grinçant. Enjoy.

Du même réalisateur que Palindromes.

– Secretary

Encore une histoire de critique de films sortis sur DVD (oui, Secretary est plus récent qu’Happiness), je ne sais plus si c’était dans le TV Hebdo ou ailleurs… Cette fois-ci, c’est la pochette qui « fesse », sans mauvais jeu de mots, puisqu’elle représente un derrière féminin en jupe bien dressé en l’air, prêt à recevoir la fessée. Eh bien, je me montre décidément sous mon meilleur jour en vous exposant ce qui m’accroche dans une description de film. On dirait que j’ai l’esprit mal tourné! Donc, Secretary décrit une relation sadomasochiste entre une secrétaire et son patron, mais relation qui n’est pas uniquement centrée sur la sexualité. En fait, il s’agit d’une histoire d’amour égalitaire, où chaque partie trouve son compte et ce qu’elle recherche. Ce film a révélé Maggie Gyllenhaal, qui a fait parfois des choix étranges dans sa carrière, mais que j’aime beaucoup en général. Honnêtement, je ne crois pas avoir rencontré quelqu’un qui n’avait pas aimé ce film.

– Velvet Goldmine

J’ai vu ce film des milliers de fois! En tant que grande fan de David Bowie, je ne pouvais pas ne pas aimer ce film qui s’inspire de sa carrière et surtout d’une rumeur de relation homosexuelle avec Iggy Pop (certains vous diront que ce n’est pas une rumeur!) Le très beau Jonathan Rhys Meyer incarne Brian Slade, personnage inspiré de Bowie, et Ewan McGregor se met en nu en Curt Wild, réincarnation d’Iggy Pop. C’est un film esthétiquement magnifique, avec une direction artistique irréprochable. Plus on le regarde et plus on replonge dans les images de la carrière de Bowie (surtout dans les années 60 et 70), plus on voit à quel point ils ont mené leurs recherches. Le scénario est aussi très intéressant, assez complexe. Pour ma part, j’ai regardé le film 2 ou 3 fois avant de tout saisir (mais depuis, on peut le regarder sur DVD, et je crois honnêtement que les sous-titres anglais aident). En fait, le canevas est calqué sur Citizen Kane: un journaliste enquête sur la vie d’une star de la pop mort sur scène il y a 10 ans. Plusieurs des entretiens du journaliste (Christian Bale) sont calqués sur ceux de Kane: le vieil agent en fauteuil roulant, l’ex-femme alcoolique dans un boui-boui désert. Vraiment un film riche, avec une trame sonore entraînante si on aime le glam-rock et cette époque. Le réalisateur Todd Haynes nous a depuis donné un autre film sur la musique, le encore plus beau et encore plus complexe I’m not there.

– Mysterious Skin

Ce film est véritablement une belle découverte, qui demeure encore peu vue, je crois. Pour ma part, j’ai détesté le seul autre film du réalisateur Gregg Araki que j’avais vu, soit The Doom Generation. Je pourrais m’étendre pendant des heures sur pourquoi j’ai haï ce film. Alors, j’étais vraiment hésitante à regarder Mysterious Skin. J’aimais la pochette, et j’étais intriguée par les acteurs: Joseph Gordon-Levitt, qui est bien cute et que j’avais déjà remarqué ailleurs, et surtout Michelle Trachtenberg, qui sort tout droit d’un film de Disney, The Ice Princess, et qui a aussi joué un rôle secondaire dans Six Feet Under. Une très jolie fille. Je me suis donc lancé et j’ai découvert un excellent film, visuellement très beau et plein de sensibilité, ce qui semble être une première pour Araki, d’après ce que j’ai lu par la suite. Deux jeunes garçons ont tous deux été agressés par leur coach de baseball étant très jeunes. Adolescents, ils ont chacun leur manière de sublimer leur vécu; le premier devient un prostitué, l’autre refoule tout souvenir et est convaincu d’avoir été enlevé par des extraterrestres. Puis, ils seront amenés à confronter leur passé… Selon mes souvenirs, on ne voit pas de scènes traumatisantes de l’agression, mais il y a d’autres scènes violentes et tout le film est évidemment très chargé émotivement.  Choisissez donc votre soirée pour vous lancer, mais ne passez pas à côté.

– Eternal Sunshine of the Spotless Mind

Je ne m’éterniserai pas sur ce film, puisque je pense que pas mal tout le monde l’a vu ou entendu parler. Sinon, qu’est-ce que vous faites encore ici? Ruez-vous sur ce film. 1- Jim Carrey peut être un bon acteur. 2- Kate Winslet est magnifique. 3- Ce scénario est un chef-d’oeuvre. Il fait de la mémoire un espace qu’on peut investir, et qu’on peut même effacer. Il table sur les processus inconscients, la sublimation, etc. La mise en images est aussi géniale. C’est à voir absolument.



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commentaires
  1. Maman dit :

    J’ajouterais timidement American Beauty. Je peux?

  2. Valérie dit :

    Happiness et Mysterious Skin me semblent intéressants!
    (C’est vrai qu’Eternal Sunshine… est un film incroyable: inventif, sensible, etc.)
    J’ai vu un très bon film la semaine passée (mais ‘contemplatif’, par exemple: il faut que tu sois fan des silences au cinéma).
    Ça s’appelle Lost Song (film québécois, d’un cinéaste dont je n’avais jamais entendu parler avant: Rodrigue Jean).
    L’histoire d’un couple et de son nouveau-né.
    (Très dramatique mais en même temps c’est amené d’une façon si subtile que ce n’est pas trop).

  3. Valérie dit :

    Euh je m’aperçois que mon commentaire se termine bizarrement! Je voulais juste te dire que je te suggère ce film. Et que moi je vais me procurer ceux dont tu parles ici dès que j’aurai du temps pour les écouter.

  4. Aimée V. dit :

    @ Valérie: Je connais un peu Rodrigue Jean, mais pas ce film dont tu me parles. Je vais jeter un coup d’oeil là-dessus. Merci beaucoup!!

  5. […] connu. Bien oui, c’est un peu le même scénario dont je vous ai déjà parlé à propos de Velvet Goldmine! Blague à part, cette prémisse donne donc lieu à une exploration des dessous de la presse (dans […]

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