Mes divagations linguistiques et « Watchers » de Dean Koontz

Publié: 9 décembre 2009 dans Lecture
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Comme vous pouvez aujourd’hui le voir dans la colonne de gauche, je suis en train de lire Watchers, un roman fantastico-scientifico-suspensio-thriller à propos d’un chien superintelligent et d’une créature hideuse et sanguinaire, tous deux échappés d’un laboratoire top-secret de la Défense américaine. À leurs trousses se trouvent évidemment l’armée, la police locale, un tueur à gages mystique, de même qu’un homme et une femme ordinaires, comme il se doit.

Je sais qu’il a été édité en français sous le titre « Chasse à mort », mais je ne sais pas s’il est facile à trouver. Il date tout de même des années quatre-vingts. Moi, je le lis en anglais, parce qu’il m’a été envoyé par mon frère qui habite aux USA. Le style est plutôt limpide, c’est-à-dire qu’on n’a pas l’impression de lire du Shakespeare ou du Pynchon; les phrases sont claires et la tension bien créée par un rythme soutenu et des phrases efficaces. Quoique je trouve qu’il y a trop de descriptions… À mon avis, le concept de la description en littérature a été galvaudé et utilisé à toutes les sauces, c’est-à-dire sans faire avancer le récit et en emmerdant le peuple. Passons.

Néanmoins, quand l’anglais n’est pas notre langue maternelle, c’est sûr que c’est une lecture plus ardue. Pour ma part, je me débrouille vraiment bien, puisque je lis en anglais depuis des années, mais il reste que ce n’est pas la même chose, surtout au niveau du vocabulaire. On n’emploie pas les mêmes mots à l’oral et à l’écrit, et les termes seront souvent plus recherchés dans un roman que dans un scénario, par exemple. Cela me cause d’ailleurs un certain problème dans ma propre expérience d’écriture; je travaille à corriger des textes, à les réviser et à les faire couler de source, afin qu’ils soient agréables à lire et que le langage soit tout de même d’un bon niveau. Mais dans le projet en prose que j’écris présentement, j’essaie d’adopter un ton personnel, un peu langage parlé, et qui soit bien ancré dans le contexte québécois, et ma disposition d’esprit de réviseure me pousse à écrire des trucs qui ne sortiraient jamais de la bouche ou du cerveau de mon personnage. Enfin bref.

Je disais donc que lire dans une autre langue est toujours un défi. Je me rappelle lorsque j’ai lu Interview with the vampire quand j’étais en secondaire cinq. C’était la première fois que je lisais un vrai livre en anglais (pas une merde qu’on nous refilait à l’école), et je me suis rendu compte que je ne savais même pas ce que le mot thirst (soif) voulait dire. Dans un livre sur les vampires, en plus! Ça en dit long sur l’enseignement de l’anglais langue seconde dans nos établissements secondaires. Maintenant, je suis assez bonne pour traduire la pièce de Denise Boucher: The Fairies are thirsty. Ha! Ha! Mauvaise blague. Ça lui donne plus l’air d’une pièce du mouvement gay et lesbienne que d’un texte féministe.

Pour en revenir à Watchers, à force de toujours lire des livres sérieux, et de la poésie, j’oublie des fois que j’aime bien faire de petites incursions dans le monde du genre et que ça me divertit. Je lis dans le métro et quand j’arrive à ma station, je me dis: « Quoi? Déjà? » 🙂 Mais je n’en suis pas encore au stade où je m’imagine en tant que personnage supplémentaire du roman, exercice que je pratiquais abondamment dans mon enfance. Par contre, je suis désormais presque convaincue que les chiens me comprennent, ce qui donne lieu à d’étranges soliloques face au husky de mon patron…

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commentaires
  1. Maman dit :

    Bon sujet de roman: dialogues avec les chiens. À moins que ça ait déjà été fait…?

  2. Aimée V. dit :

    Bien oui, ça a été fait dans le livre que je suis en train de lire! 😉 lol

  3. Elise dit :

    Dis, Aimée, en quoi consiste ton projet de prose?

  4. Aimée V. dit :

    Ah… J’aime pas trop parler de ça avant que je sois sûre de mon coup… hi hi. C’est de la semi-fausse modestie mélangée avec de la lâcheté! Mais je vous tiendrai au courant de tout développement notable… Peut-être même dans un avenir pas si lointain! 😉

  5. Sylvie Tremblay dit :

    Allo toi,
    Tu viens de tomber dans ma  »talle ». J’adore Dean Koontz, j’ai tout lu et je possède au moins un douzaine de ses bouquins à la maison. Bizarrement, c’est Watchers que j’ai préféré et moi aussi je l’avais lu en anglais la première fois. En effet, les traductions de Koontz sortent toujours 2 ou 3 ans après la parution originale anglaise. Mais, je l’ai quand même relu en français, juste pour être certaine de n’avoir rien manqué.

    Si tu aimes ce genre, je te recommanderais Graham Masterton, James Herbert et même, Maxime Chattam, un jeune auteur français tout à fait extraordinaire (j’ai tous ses livres!!!)

    Comme tu vois, je suis une dévoreuse de bouquins!!!

    A plussss

    Sylvie

  6. Aimée V. dit :

    Merci, merci, pour ces commentaires et ces suggestions. Je ne manquerai pas d’y jeter un coup d’oeil. Je ne connaissais pas Koontz du tout, mais on dirait que j’ai commencé par le meilleur! Il y avait une postface franchement drôle dans mon édition où il se disait qu’il n’arriverait jamais à refaire un autre livre aussi apprécié (mais sans amertume, du tout, il se moquait plutôt de lui-même).

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