Bon, alors je vais continuer sur cette lancée de Fellini pour terminer ma liste Zip (ça fait bien longtemps que ça traîne!). Je finis ça en beauté avec une catégorie qui me tient particulièrement à coeur, soit les films classiques américains. Je suis une fille de même; certains soirs, il me faut un film en noir et blanc. (Bon, Giant est en couleurs, mais c’est pas grave, l’épique est quand même là.)

1- Citizen Kane

On commence avec le classique d’entre les classiques. Mais même si Citizen Kane porte son lourd fardeau de « meilleur film de tous les temps », il ne faut pas avoir peur de lui. En plus de ses innombrables qualités esthétiques (n’oublions pas qu’à l’époque, Orson Welles était un précurseur, notamment dans l’utilisation du cadrage et de la profondeur de champ), ça reste un film très agréable à écouter, plein d’humour. Outre le fait qu’il soit un scénariste et réalisateur de génie, Welles est un acteur d’une grande prestance et d’un charisme incroyable, capable au début de la vingtaine d’incarner un personnage pendant toute sa vie. Je suis complètement amoureuse de lui, surtout dans le prochain film dont je vais vous parler. Pour la petite histoire, Citizen Kane débute alors que Charles Foster Kane, magnat de la presse, meurt en murmurant un mot mystérieux: « Rosebud ». Un reporter part de cette énigme pour reconstituer le parcours de l’homme à travers les témoignages (parfois contradictoires) de ceux qui l’ont connu. Bien oui, c’est un peu le même scénario dont je vous ai déjà parlé à propos de Velvet Goldmine! 😉 Blague à part, cette prémisse donne donc lieu à une exploration des dessous de la presse (dans les années 1930-1940, mais quand même d’actualité), de l’argent, du pouvoir. Et même si les références à ce film sont multiples et que vous avez fini par savoir ce que « Rosebud » signifiait, il ne faut pas pour autant croire que ça ne vaut pas la peine de voir le film. Ça vaut la peine.

2- Jane Eyre

Je vous parle ici de la version de 1944 avec Joan Fontaine et nul autre que ce cher Orson, qui ici ne réalise pas mais interprète le rôle du redoutable M. Rochester. C’est en regardant ce film que je fus conquise par Orson dès ma plus tendre enfance, et que je suis maintenant aux prises avec le complexe de l’homme ténébreux (comme en témoigne mon autre fantasme de jeunesse, Gomez Addams. Mais j’ai aussi pas mal trippé sur David Bowie dans Labyrinth, mais ça, c’est plutôt le complexe du queer-glam-spray-net qui m’afflige toujours également.). Le noir et blanc sert très bien ce film dont l’intrigue se déroule dans les landes brumeuses du Royaume-Uni, donnant un petit côté gothique-film noir à cette histoire d’amour dramatique. Jane Eyre est tiré du roman de Charlotte Brontë, la soeur d’Emily Brontë qui nous a donné Wuthering Heights. Si vous connaissez, vous voyez déjà le genre. Il y a eu plusieurs adaptations, et je préfère celle-ci, mais ça risque d’être à cause d’un attachement sentimental, comme je la regarde depuis très longtemps. Évidemment, le roman étant très long, on a coupé à l’essentiel pour en faire un film de 2h. Il raconte l’histoire d’une orpheline, la petite Jane, que sa tante riche envoie à l’orphelinat, l’accusant de tous les maux. Maltraitée avec ses petites camarades, Jane refuse un poste d’institutrice au sein de l’établissement et trouve une position de gouvernante dans un manoir reculé, appartenant à l’énigmatique M. Rochester. Dans certaines ailes du château, des choses étranges semblent se passer, on y entend des voix, on y voit des ombres… Le brouillard, les ombres, les chandelles, le manoir gothique, tout confère au film une atmosphère particulière qui permet de transcender le cliché de la petite orpheline qui tombe amoureuse de son protecteur. Fait à noter, la petite compagne de Jane à l’orphelinat est interprétée par une toute jeune Elizabeth Taylor dans l’un de ses premiers rôles, ce qui nous amène à notre film suivant.

3- Giant

Je n’ai pas vu Giant souvent, mais j’en garde un souvenir indélébile. C’est mon seul film de James Dean jusqu’à maintenant, et Elizabeth Taylor y est magnifique. Il s’agit d’un long film (200 min), pratiquement une fresque texane, qui se passe dans le milieu de l’élevage de bétail et de l’exploitation pétrolière. En le regardant, j’ai tout de suite trouvé qu’on comprenait la mentalité « texane », redneck comme on dirait par ici. Pas comprendre dans le sens d’y adhérer et d’être convaincu; au contraire, le film s’attache plutôt à nous démontrer les ravages sur les plans familial, personnel et social de ce type de position et de comportement. Plutôt, on comprend d’où ça vient, comment ça se propage, quels en sont les enjeux, d’où naissent les hommes comme George Bush finalement. Giant bénéficie de tous les atouts d’une superproduction: une ampleur de moyens, des plans spectaculaires des foreuses, un scénario en béton, un casting de vedettes qui savent tout de même jouer, etc. Bref, la magie de Hollywood à son zénith, avec un propos en plus!

4- Some like it hot

Si Giant est en couleurs, je peux vous expliquer pourquoi Some like it hot, produit en 1959, est en noir et blanc… Ce film n’est pas une comédie musicale à proprement parler, bien qu’il contienne quelques chansons (2 ou 3) interprétées par cette chère Marilyn Monroe, dont le très célèbre « I wanna be loved by you Pou pou pi dou ». Le scénario a pratiquement été écrit pour mettre de l’avant les charmes de miss Monroe, qui incarne la chanteuse (et joueuse de ukulele) d’un orchestre de fille itinérant. Dans ce film, messieurs, vous la verrez à son meilleur sur la plage, dans des robes de soirée, etc., et elle est toujours aussi délicieuse. Et moi qui ai vu une très grande partie des films de Marilyn, je peux vous affirmer qu’il s’agit de son meilleur (il y en a d’autres de très bons; Gentleman prefer blondes, Niagara…). Ce film prouve que Marilyn était une grande actrice, du moins grande actrice comique. Elle est hilarante, car elle est désarmante de naturel, au point où tout le monde la prenait vraiment pour une tarte. Cependant, certaines de mes lectures m’ont appris que le réalisateur Billy Wilder avait failli se pendre, car la dépendance de l’actrice aux médicaments l’avait rendue complètement ahurie, elle oubliait son texte et piquait des crises terribles. C’est donc un miracle si on a un tel chef-d’oeuvre aujourd’hui. Oui, Some like it hot est un chef-d’oeuvre de la comédie, même si l’intrigue est mince comme une feuille de papier. Deux musiciens de jazz (Jack Lemmon et Tony Curtis) sont accidentellement témoins d’un règlement de compte de la mafia et doivent s’enfuir. Quelle meilleure cachette qu’un orchestre entièrement féminin! Maquillés, ou plutôt grimés, en talons hauts, ils deviennent les « amies » de Sugar Kane (Marilyn). Tout va pour le mieux jusqu’à ce que « Josephine » se fasse passer pour un millionnaire afin de séduire Sugar, et que « Daphne » soit courtisée par un vieux millionnaire à son tour… Oui, c’est terriblement déjà vu aujourd’hui les hommes qui se déguisent en femmes, mais n’oubliez pas que ce film est pré-Tootsie et consorts. Et ne bénéficiant pas des ressorts de Mrs. Doubtfire, ils sont LAIDS! Mais le film demeure hilarant en raison de son scénario, et la réplique finale demeurera dans les annales du cinéma pour toujours.

Ah oui! Le film est en noir et blanc parce qu’avec leur maquillage, Lemmon et Curtis avaient l’air de clowns… et ça ne fonctionnait pas du tout en couleurs.

5- Sunset Boulevard

Tout comme Some like it hot, Sunset Boulevard est réalisé par Billy Wilder (wow! J’ai réussi à faire des liens entre tous mes films. Je me trouve pas mal bonne). Wilder est un très grand réalisateur hollywoodien, ayant en plus de ces deux excellents opus Irma la Douce et Sabrina à son actif. C’est bien que je finisse mon cycle Zip avec ce film, car il s’agit véritablement d’une ode au 7e art. Gloria Swanson, qui fut elle-même une grande star du muet, y incarne Norma Desmond, ancienne vedette qui n’arrive pas à réaliser que son règne est terminé. Elle se prépare pour son grand retour, mais c’est une femme brisée, qui manipule un scénariste et l’entraîne dans ses hallucinations. Le film réussit à être touchant, surtout en évoquant le passé de Desmond, mais est en même temps sans concessions, brut. Il jouit aussi d’une mise en scène et d’images magnifiques, rappelant la plastique des films muets, où aucun mot n’était prononcé mais où l’émotion passait, car « they had faces then« .

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commentaires
  1. Maman dit :

    Je ne peux qu’approuver tes choix, les classiques sont les classiques! Cependant je n’ai jamais vu Giant, la longueur me rebute. Faudrait bien un jour…

  2. Miss Vilaine dit :

    J’ai finalement vu Citizen Kane (que j’avais repoussé pendant toutes ces années à cause de sa foutue étiquette de « Meilleur film de tous les temps ») et du coup je me suis laissée emporter et je me suis pâmée sur lui tout le long de Jane Eyre. Maintenant je comprends tout quand tu dis: « Ah! Orson… »

  3. Aimée V. dit :

    METS-EN!!! Ah, Orson!!!

  4. jeux dit :

    Citizen Kane !!!

  5. Aimée V. dit :

    Est-ce une exclamation de joie ou d’incrédulité? 😉

  6. […] épaissi, etc. LE film pour découvrir le sex-appeal d’Orson Welles, c’est selon moi Jane Eyre, où il incarne un ténébreux aux accès de violence imprévisibles. Orson, c’est tellement […]

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