La bande-annonce comme genre

Publié: 25 juillet 2010 dans Cinéma
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Je ne sais pas si vous êtes comme moi quand vous regardez des bandes-annonces de films; j’adore vraiment ça et je trouve qu’un bon montage de bande-annonce est parfois supérieur au film lui-même. Plus efficace, moins bavard. Je peux même vous citer quelques-unes de mes bandes-annonces préférées: 2046, Congorama, Be kind rewind… Ça va tout à fait à l’encontre de la tendance hollywoodienne qui consiste à résumer tout le film en 3 minutes. À chaque fois, je me dis: « Bon, un autre film que je n’aurai pas besoin de regarder. »

Dans un autre ordre d’idée, on peut affirmer que dans le domaine du court-métrage, la tendance est définitivement à la bande-annonce. Il n’y a qu’à fréquenter les KINO ou les festivals SPASM et Fantasia pour s’en rendre compte. Si le mouvement avait commencé à poindre avant, c’est tout de même la sortie en 2007 de Grindhouse, de Tarantino et Rodriguez, qui a lancé la mode; le programme double était précédé d’une flopée de bandes-annonces bidon, réalisées par des invités tels qu’Eli Roth. Directement issus de l’ère du vidéoclip, les previews utilisent, bizarrement, les mêmes procédés que les poèmes pour construire un discours: le rythme (via le montage) et la condensation du sens. Les courts-métrages en forme de bande-annonce n’ont plus besoin de s’embarrasser des poncifs narratifs ordinaires. Ils n’ont qu’à évoquer les points forts de l’intrigue et à laisser au spectateur le soin de reconstituer l’histoire.

Pour cette raison, ces fausses bandes-annonces ont un fonctionnement archétypal, qui permet au public de saisir immédiatement (un cliché valant mille mots) la psychologie des personnages, les rebondissements potentiels de l’intrigue, la fin du film, etc. Pour cette raison, les westerns, les films de combat style ninja ou de « vengeance » et, surtout, les films d’horreur se prêtent particulièrement bien à l’exercice. Ces films de genre possèdent leurs propres codes et un langage établi, accessible à tous, repris par nos jeunes réalisateurs sur un mode à mi-chemin entre l’hommage et la parodie, où l’humour se construit par le biais du « référence-dropping ». Mais, malgré les apparences, la fausse bande-annonce demande peut-être un travail de scénarisation encore plus poussé qu’un court-métrage.

Rodriguez travaille depuis 2007 à un long-métrage tiré de la fausse bande-annonce Machete qu’il avait présentée dans le programme Grindhouse. Reste à savoir s’il aura su mettre de la chair autour de l’os…

Machete, l’original:

Machete, version 2010:

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commentaires
  1. C’est tellement intéressant ce que tu racontes… genre, tout le temps. Faut vraiment que je vienne ici plus souvent.

  2. Aimée V. dit :

    MERCI!!!! J’ai vraiment besoin de commentaires comme ça ces temps-ci 😉 J’écris pas souvent parce que c’est le bordel, mais je compte bien revenir en force bientôt.

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