Un recueil en putréfaction

Publié: 30 novembre 2010 dans Lecture, Poésie
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Il y a longtemps qu’un livre ne m’a pas fait cet effet. Estomaquée. Par des poèmes, trois ou quatre vers, quelques mots sur une page, concis, presque secs. Mais ça brûle, ça blesse, c’est presque inhumain parce que tant de mort, tant de rigueur. Et c’est la poussière, les roches volcaniques, les fossiles, c’est le corps éventré, pendu, amputé, décomposé. La viande. La mort du corps, la mort de l’esprit fossilisé par le temps. La mort de l’intérieur, qui jaillit comme la lave d’un volcan, qui vous coule par la bouche après la collision.

Ce sont de petites suites indépendantes, portant chacune un titre, composées de quelques poèmes, trois, quatre cinq, les suites reflétant la structure des poèmes, les poèmes devenant à leur tour des vers sous-tendant les suites, chaque suite faisant image, une image claire, brossée par cette hiérarchie vers/poème/suite, une image emboîtée dans ses détails, une image devant laquelle on ne s’émeut pas, mais qui nous frappe en plein coeur.

Un recueil sans une seule fausse note et sans aucune complaisance. La dernière phrase m’a jetée par terre.

les mouches    la viande, d’Alexandre L’Archevêque, Éditions du Noroît


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commentaires
  1. jobougon dit :

    Ca donne vraiment envie de le lire.
    J’essaierai de le trouver un de ces jours.
    Merci

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