Ups and downs: La garçonnière et Nouvel abécédaire russe

Publié: 8 janvier 2011 dans Lecture
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Coup de coeur: La garçonnière de Mylène Bouchard, La peuplade, 2009

Au départ, j’étais sceptique. La quatrième de couverture décrit, très précisément, l’allure et la disposition d’une garçonnière. C’est tout. Avec un titre pareil, je m’attendais à lire à propos d’un gars (ou d’une fille) célibataire vivant dans une modeste chambre, cherchant l’amour de manière désabusée et cynique. J’ai finalement lu le livre sur le conseil de Simon-Philippe des éditions de La peuplade. Grand bien m’en fit.

Non, La garçonnière ne parle pas de sexe ou de désabusement, mais raconte une histoire d’amour impossible. Pas impossible avec des cris, des larmes et des déchirements; impossible avec des rires, des silences et de l’amitié. Sans pathos. Par petites touches, faisant fi de la chronologie mais épousant les aspérités de ses personnages, Mylène Bouchard trace un tableau non pas impressionniste mais simplement juste de la relation entre un gars de Péribonka et une fille de Noranda. Sa prose simple, limpide, qui résonne autant grâce à une ligne seule en haut d’une page que grâce au mot « jamais » répété sur deux pages complètes, m’a véritablement séduite et m’a donné l’impression de quelque chose de tout à fait nouveau même si c’était sans artifices. Elle rappelle plus Richard Desjardins, d’ailleurs convoqué dans le livre, qu’Helen Fielding ou que ce à quoi vous vous attendriez d’un roman d’amour.

J’ai vraiment adoré.


Bof: Nouvel abécédaire russe de Katia Metelizza, Les Allusifs, 2010

J’étais vraiment contente quand on m’a offert un exemplaire du Nouvel abécédaire russe, premièrement parce que le livre est très, très beau, avec des illustrations/collages un peu rétro et une grille graphique en deux couleurs super intéressante, mais aussi parce que je me suis dit que ce serait sûrement rafraîchissant et instructif de lire sur la Russie actuelle. En effet, comme son titre l’indique, ce livre est un abécédaire composé de 26 articles traitant de la vie quotidienne des Russes. Je ne prétends pas être une passionnée de culture russe; en fait, j’en connais relativement peu sur ce pays, mais il a une aura particulière et j’étais enchantée de pouvoir en apprendre plus. Je voudrais d’ailleurs saluer le travail de la traductrice, qui a non seulement dû se dépatouiller pour que les articles fonctionnent en ordre alphabétique français, mais qui a rendu un style assez vivant et agréable à lire. Évidemment, je ne peux comparer avec le texte original, mais je pense qu’elle a fait du beau boulot.

Ce qui est triste, avec cet abécédaire, c’est son manque de substance. Oui, c’est charmant, plein de spontanéité, ça parle de collants (le vêtement) et d’anchois, de saucissons et d’orientation dans la ville de Moscou… et alors? Ce n’est pas parce qu’on décrit une réalité dans laquelle un peuple se reconnaît spontanément que c’est nécessairement profond, que ça apporte un regard neuf. J’ai refermé le livre et je n’ai pas vraiment eu l’impression d’avoir appris quelque chose sur la Russie. Ah oui! J’ignorais qu’il y avait des coupures d’eau chaude ponctuelles l’été. C’est pas mal ça.

Peut-être aussi que, justement, je ne connais pas assez la culture russe et celle du temps de l’ex-URSS pour apprécier le livre et en comprendre le fondement. Peut-être que c’est plein d’insides que les gens un peu versés dans la « slavophilie » comprennent. Mais, si c’est le cas… what’s the point?

Je pourrais peut-être faire un abécédaire québécois. Il y aurait les passages obligés: P pour Poutine (mets national et querelle des origines), M pour Météo (notre sujet de discussion préférée), H pour Hockey (Dah, et expliquer notre supériorité sur les autres pays qui pratiquent ce sport) et O pour Orignal, l’animal emblématique de notre pays. Je commencerais par une anecdote savoureuse: « L’an dernier, mon copain s’est rendu à Londres pour affaires [en fait, c’était pour assister à un match de cricket et enregistrez des sons avec des vrais joueurs pour faire un jeu vidéo. Mais ça fait plus sérieux de dire que c’était pour affaires]. Un soir, il se rend à un pub londonien [touche d’authenticité] où il rencontre deux Anglais de la région. L’un deux lui demande: « Do you guys ride moose? » [Vous promenez-vous à dos d’orignal?] Sur ce, tous éclatent de rire. Puis l’homme reprend: « No, seriously? »  » Sur ce, j’enchaînerais en y allant de mon expérience personnelle: « Ah, vous savez, moi qui suis québécoise pure laine, qui ai toujours vécu ici, la seule fois où j’ai vu un orignal vivant, c’était dans un zoo! » Je pourrais continuer en évoquant le potentiel exotique de l’orignal et la symbolique du panache. Le tout en 2 pages. Et vlan!

Oui, c’est charmant, léger, authentique, parfois même drôle car j’ai un style vif qui sait capturer l’essence de mon quotidien. Mais avouez que vous êtes morts d’ennuis, non?


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commentaires
  1. François dit :

    Pour faire découvrir le Québec, il suffirait de faire lire les bandes dessinées Paul… de Michel Rabagliati. Bien sûr, le Québec n’est pas le sujet principal, mais elles ont de la substance et on y reconnaît la province à presque toutes les planches.

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