Autoportrait

Publié: 2 février 2011 dans Photos
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J’ai fouillé dans mon mémoire de maîtrise, où je parlais beaucoup de la photo dans une pratique personnelle, familiale, pas du tout artistique, pour voir si je me penchais à un moment donné sur l’autoportrait, quelque chose qui me fascine vraiment. Au début de mon mémoire, comme je n’arrivais pas à écrire des poèmes, j’avais fini par prendre ma caméra et faire des photos de moi. Les photos étaient belles sur le petit écran de mon appareil numérique, mais floues et décevantes sur mon écran d’ordinateur au moment où j’ai voulu les revoir, le lendemain matin. J’avais produit des gros plans à ne pas agrandir, des gros plans impossibles. J’essayais de les recréer en mieux, mais on n’y arrive jamais, en photo, à recréer.

Quand mon chum m’a laissée, au mois d’août dernier, la seule chose que j’ai voulu faire le lendemain, c’était prendre des photos. Je suis allée dans le parc en face de notre appartement et j’ai fait plusieurs clichés, la plupart sont laids, il y en a un dont je suis fière. Puis, je me suis mise à prendre mon visage, à bout de bras. Inutile de dire que j’ai une face de merde. En plus, j’avais enlevé mes lunettes, chose que je ne fais jamais habituellement car je ne supporte pas de me voir sans lunettes. Les photos sont laides, croches, et je fais vraiment dur dessus. Mais je vais les garder, même si je ne veux pas les montrer à personne.

Chose curieuse, depuis que je suis dans mon nouvel appartement, je n’ai presque pas ressorti ma caméra. Les seules photos que j’ai prises ici, si je ne m’abuse, sont celles que j’ai prises quand j’ai gardé Paprika, la chatte de Mélodie Nelson.

L’autoportrait, on peut le régler au quart de tour, utiliser un trépied et travailler son cadre, ou aller au petit bonheur la chance, à bout de bras, comme moi, avec une surprise à chaque fois, sans savoir si on a réussi à prendre le visage au complet ou non. On est control freak, on choisit le concept, on l’exécute, on figure sur l’image. Totalitaire. Mais on n’est aussi jamais soi, toujours un personnage. Un autoportrait ne peut révéler qu’une facette de quelqu’un, à un moment donné. L’autoportrait véritable n’existe pas. Et c’est triste de penser que ça veut dire que, dans le fond, un soi total n’existe pas non plus.

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commentaires
  1. Maman dit :

    C’est trop personnel pour vraiment commenter, mais je suis heureuse de retrouver ma blogueuse avec un si beau texte.

  2. Valérie dit :

    Beau billet. Belles photos.
    PS: Ton livre m’a vraiment aidée à traverser l’automne. Je l’aime.

  3. Aimée V. dit :

    L’automne a-t-il été si dur à traverser? Donne-moi de tes nouvelles si tu en as envie!

  4. michaël dit :

    beau billet, en effet…

    salutations amicales,

  5. Alexie dit :

    Belles images. Beau visage. Et cette estrade ressemble un bijou en nacre très usé.

  6. Aimée V. dit :

    @ Alexie: Contente de te lire, par un fait du hasard, j’ai moi-même découvert ton blog cette semaine. Et j’aime beaucoup ta description de l’estrade, cette photo m’obsède depuis que je l’ai prise, j’ignore pourquoi je l’aime autant, mais elle me touche. Au plaisir de te croiser bientôt!

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