Where the Wild Things Are

Publié: 17 mars 2012 dans Cinéma
Tags:,

Un film pour enfants réalisé par Spike Jonze. Moi, je dis OUI. Plus d’un an après mon premier visionnement, il me reste en tête, m’accompagne.

Je ne sais pas si Jonze a lui-même ajouté une twist dark au conte de Maurice Sendak dont il s’inspire; reste que le résultat peut être déconcertant. Le film, par son montage et ses effets sonores, est empreint d’une violence qu’on tente habituellement d’occulter chez les enfants. C’est si bon de voir des personnages d’enfants ne pas être toujours de bonne humeur et ressentir de vraies émotions, pas une tristesse bien léchée ou une culpabilité après avoir fait un « mauvais coup ». Max et les créatures qu’il rencontre ont un spleen bien réel: ils se demandent ce qu’ils font là, quel est leur rôle, ce qu’ils vont devenir. Parce qu’avec l’innocence qu’on leur attribue et qu’on s’entête à vouloir mettre de l’avant et à magnifier, on oublie que les questions existentielles font aussi partie de la vie des enfants, et que leur esprit fonctionne tout à fait comme le nôtre.

Et ce spleen, cette angoisse sont plus prégnants encore pour eux, puisqu’ils savent qu’ils n’ont pas le contrôle de leur vie encore, qu’ils ne peuvent passer à l’action par eux-mêmes. Par son voyage en mer initiatique, et en étant fait roi par les bêtes avec qui il est ami, Max est appelé à prendre des responsabilités qui semblent amusantes au premier abord, mais qui se révèlent lourdes de conséquences. Et ce qui est le plus menaçant est souvent ce qui est le plus familier.

Dans une très belle scène, KW, un monstre féminin, engoutit Max afin de le cacher de Carol, qui est entré dans une grande furie destructrice. Elle le protège en le gardant dans son ventre, puis le fait sortir par sa gueule. Cette métaphore de la maternité conclut les rapports entre KW et Carol, qui se disputent depuis le début du film et dont on devine qu’ils furent, à un moment, amoureux. Ces simples échanges sont plus à même de nous en apprendre sur le personnage de Max que des scènes entre ses véritables parents.

Je ne sais pas ce qui a résonné si profondément en moi à la vue de ce film, mais reste qu’il a trouvé un vrai écho. Avec la rédaction de mon livre jeunesse, j’en suis venue à me poser beaucoup de questions sur ce qu’on veut « montrer » ou non aux enfants et même aux ados, et je suis soulagée de voir que certains pensent encore qu’on peut créer une oeuvre pour les jeunes sans faire de concessions, exactement comme on le ferait pour des adultes.

Publicités
commentaires
  1. François dit :

    Si ton livre a été inspiré un peu par ce film, j’ai encore plus hâte de le lire. Nous étions sortis du cinéma les larmes encore aux yeux.

  2. Aimée V. dit :

    En fait, mon livre n’a pas été inspiré par le film, mais ça a beaucoup nourri ma réflexion.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s