Breaking Bad

Publié: 26 avril 2012 dans TV
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Dans la vie, tout est une question d’équilibre. C’est dur, l’équilibre. Et ce qui fait pencher la balance d’un côté peut être autant de raisons d’aimer que de détester quelque chose.

Dans le cas de Breaking Bad, je le dis d’emblée, même si je semble pas mal toute seule de mon bord, la balance penche du mauvais côté. Moi, je trouve que l’équipe de Breaking Bad, c’est des poseurs. Qui veulent tellement nous choquer et nous en mettre plein la vue. Et ça marche pas pantoute pour moi. On a un prof de secondaire et « bon » père de famille qui se met à manufacturer et à essayer de dealer de la drogue. Ouf. Pour ma part je ne suis pas choquée ni outrée, mais ce n’est pas non plus à cause de ça que je vais triper sur la série.

Certains me parlent des personnages. Oh! Les personnages. Il y a juste deux personnages dans cette série, du moins pendant la première saison: Walter White et son acolyte Jesse Pinkman. Le reste, c’est du remplissage. Même pendant la deuxième, c’était limite. Les arcs des autres protagonistes sont souvent écourtés et toujours soumis à ceux de Walt et de Jesse. Et, bien que le côté underdog de Jesse me le rende assez sympathique, je dois avouer que Walt m’énarve que le saint-christ. Mais je sais que c’est fait exprès: on est dans la mode des personnages antipathiques à la Dr. House. Et c’est très bien, moi j’aime ça les personnages nuancés qui ne sont pas parfaits. Sauf qu’on dirait que, chaque jour, les scénaristes s’assoient en se disant: « Comment est-ce qu’on pourrait bien faire pour rendre Walt encore plus antipathique, donc? Ah oui! Il pourrait obliger son fils de 15 ans à boire de la tequila jusqu’à ce qu’il soit malade. Génial! » (cue high fives). Tout le monde a droit à ses défauts, mais, à un moment donné, you gotta give me something to work with. J’ai aucune sympathie pour lui. « Everything I did, I did for my family »? « Everything I did, I did out of loyalty towards my partner »? Come on, Walt. Je le sais depuis le début que t’es un psychopathe.

Mais les scénaristes, maudit qu’ils veulent. Ils veulent tellement! Tellement que, parfois, ça donne des petits trous dans le scénario. Surtout au début. Par exemple, quand la femme de Walt essaie de savoir qui leur passe des coups de fil bizarres, elle fait une recherche sur Internet avec le numéro de téléphone et, non seulement elle tombe sur un site qui parle de Jesse Pinkman et qui dit pratiquement qu’il vend de la dope (!), mais elle y trouve SON ADRESSE. Si vous décrochez pas à ça, moi j’abandonne. Les scénaristes aiment aussi créer en début d’épisode, voire en début de saison, des gros suspenses sales pour nous mettre en haleine, mais leurs ballounes se dégonflent assez vite et on se rend compte qu’on nous prend pour des cons en nous faisant miroiter des drames qui finalement n’aboutissent pas. C’est un peu comme si on nous disait constamment: « Oh, faut pas croire tout ce qu’on voit à la télé, là. Vous interprétez trop. On n’a jamais dit que ça avait rapport avec la vie ou la mort d’un de nos personnages principaux. » Et moi, j’aime pas vraiment me faire prendre pour une conne.

Les réalisateurs aussi, ils veulent nous en mettre plein la vue. Ils arrêtent pas! Ils nous concoctent des beaux petits plans inusités, comme des points de vue subjectifs de bol de toilette (oui, oui, ça existe) et de fonds de casserole (faut le faire, prendre une casserole avec un fond transparent, faire bouillir de l’eau et placer sa caméra juste pour voir des pâtes sèches tomber dedans. C’est d’une profondeur artistique!). C’est le fun, la créativité, mais il faut que ça veuille dire quelque chose. Leurs beaux plans, ils sont vides. Les réalisateurs aiment aussi les scènes rapides avec de l’action, surtout avec des explosions spectaculaires et des gars qui s’éloignent au ralenti. J’ai des petites nouvelles pour vous autres (et pour les scénaristes aussi): si tu fais exploser un camion au milieu du désert, où il ne semble pas avoir plu depuis des lunes, le feu va se propager dans les broussailles autour pis tu vas avoir un feu de brousse. Les méchants auront pas le temps de s’éloigner en slow motion, et il va y avoir un désastre.

Bon j’arrête de chialer. C’est juste que j’ai l’impression qu’ils veulent trop. Étant moi-même quelqu’un qui veut trop, je sais que ça a souvent l’effet contraire de celui qu’on recherche. Et ça finit par avoir l’air fake. Alors désolée pour tous ceux qui trouvent que cette série est géniale, je n’embarque pas.

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commentaires
  1. davidhbrt dit :

    Moi aussi j’ai complètement décroché tôt dans la deuxième saison. J’avais l’impression qu’on avait fait le tour du sujet et que peu importe ce qui pouvait se passer par la suite, ça deviendrait vraiment « too much ». Ma blonde continue à aimer ça. Moi j’arrive même pas à imaginer comment ils puissent en être à une quatrième saison.

  2. Aimée V. dit :

    Moi c’est le contraire, c’est mon chum qui aime ça! Je l’écoute pour lui faire plaisir. Je l’écoute encore! C’est ça le pire. 🙂

  3. Boooooooooooooooooouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh!

  4. […] que c’est fait tout à fait sans prétention. Contrairement à Californication ou à Breaking Bad (vais-je en revenir, un jour?), Don’t Trust the B*** ne semble pas avoir comme seul et […]

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