Carnage

Publié: 20 août 2012 dans Cinéma
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Un tout petit Polanski d’une heure et vingt, un film minimaliste, un « talking heads » adapté d’une pièce de théâtre, avec un casting plus-béton-que-ça-tu-ressuscites-Brando: Jodie Foster, Kate Winslet, Christoph Waltz et John C. Reilly (J’ADORE John C. Reilly). Un film bien fait, bien interprété, qui se laisse regarder (et surtout écouter), mais qui m’a quand même laissée sur ma faim un peu.

C’est un huis clos: un couple de parents dont le fils a frappé à la tête un autre petit garçon avec un bâton rend visite aux parents de ce dernier. Il s’agit donc de voir comment le vernis social s’égratigne au fil des sous-entendus et des remarques cordiales, mais de plus en plus mesquines. Tous ceux qui ont déjà vu 12 Angry Men savent toutefois qu’on peut réussir à rendre captivant un film, bien qu’il n’y ait pour ainsi dire aucune action et qu’il se déroule dans un seul lieu. Mais je crois que le problème avec Carnage, c’est son côté facilement prévisible. Évidemment, les couples finissent par se monter l’un contre l’autre, puis ensuite les époux s’en prennent à leur douce moitié, on se retrouve les femmes contre les hommes, et enfin tous se dévoilent sous leur vrai jour, qui n’est pas un très beau jour. En regardant le preview, on sait que c’est ce à quoi on aura droit; c’est même ce qui m’a attirée au départ. J’avais envie de voir ça. Mais une fois que j’ai été installée devant l’écran, on m’a servi ce qu’on m’avait promis, sauf que j’en voulais plus.

Certaines répliques, certaines réactions faisaient sourire, voire carrément rire, étaient même parfois franchement surprenantes. Mais on aurait dit que tout était savamment orchestré pour démontrer la thèse de départ (i. e. nous ne sommes pas des êtres civilisés, finalement). En fait, je pense que c’est ça: on sentait l’orchestration, la mise en scène. Il y a quelque chose de particulier à voir de grands acteurs « oscarisés » s’affronter, comme si la performance prenait définitivement le dessus. Ou peut-être que c’est le texte dramaturgique qui est en cause. Je dois cependant lever mon chapeau à Christoph Waltz, paradoxalement le personnage le plus antipathique au premier abord et celui auquel on s’attache le plus, peut-être parce qu’il était si baveux, peut-être parce qu’il était authentique, et sûrement parce que Waltz semblait vraiment s’amuser.

Donc: loin d’être un mauvais film, mais pas une oeuvre enthousiasmante non plus.

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