The Descendants

Publié: 10 février 2013 dans Cinéma
Tags:,

Je suis une grande fan d’Alexander Payne. Election et Sideways sont deux films auxquels je reviens constamment, que je revois avec bonheur année après année. Et, si The Descendants se présente de prime abord comme un film moins léger, plus dramatique, plus profond si on veut, j’ai retrouvé le même plaisir à le regarder, malgré le fait que j’ai terminé le visionnement en larmes (eh oui, je suis de même).

Devant Election, je ris, je ris, je ris. Devant Sideways, je ris, je ris, je ris, peut-être encore davantage, parce que le ton est plutôt pince-sans-rire et prouve qu’on peut être drôle sans pondre trois punchlines à la minute. The Descendants commande un état plus introspectif, ce qui ne l’empêche pas de regorger de répliques savoureuses qui m’ont fait m’esclaffer à haute voix à plusieurs reprises (imaginez que vous vous promenez tout bonnement dans la rue et que, soudain, passant sous une fenêtre, vous êtes assailli par un unique «HA!!!!» très sonore; vous avez une bonne idée de c’est quoi, regarder un film avec moi).

Cette dérision s’accompagne toutefois ici d’un certain désenchantement; la souffrance des personnages, authentique et palpable, n’est plus uniquement risible. Aux moments de grande clarté suscités par ces répliques décoiffantes succèdent les moments de grande noirceur dévolus à ceux qui veillent, à ceux qui disent au revoir, à ceux qui restent, ultimement. Miles de Sideways était seul par sa grande faute, et c’est un peu pour ça qu’on en riait plutôt que de le prendre en pitié; le Matt de Clooney est seul au coeur de sa famille, et c’est bien pire. Pour lui, il ne s’agit pas que de perdre la personne qui a partagé sa vie; il s’agit de découvrir une femme qu’il ne connaissait pas du tout, et il s’agit surtout du fardeau d’expliquer cet écart à ses filles. Le salut passe par l’héritage familial, qu’il soit tangible comme une terre ou évanescent comme le souvenir qu’on laisse. Car oui, le salut est possible, l’espoir est présent, mais l’heure n’est plus aux impunités.

Je me relis et je trouve tout ça très peu engageant. La vérité est que je suis entrée dans The Descendants avec beaucoup d’attentes. J’ai passé le premier tiers non pas sur ma faim, mais dans l’expectative. Le deuxième tiers m’a conquise. Le dernier tiers m’a achevée. C’est un film qui a touché une corde sensible en moi, et j’espère que mon charabia ne vous en a pas dégoûté. Je suis consciente qu’il ne parlera pas à tous d’une manière aussi personnelle, mais, croyez-moi, ses grandes qualités le placent déjà à part de bien des films américains des derniers temps.

Publicités
commentaires
  1. Mullard dit :

    Merci pour ce témoignage sensible, précis, et pas du tout charabia pour moi…

  2. Aimée V. dit :

    🙂 Je me trouvais vraiment déprimante! Merci de me rassurer.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s