Vous le savez déjà, je m’intéresse à la littérature jeunesse. Ce n’est donc pas un hasard si je me suis penchée sur L’emprise, un livre de la collection TABOU chez de Mortagne, qui traite de violence psychologique, ici dans les relations amoureuses.

Quand j’allais vers la fin de mon adolescence, une de mes très grandes amies a fréquenté un gars violent. Il a d’abord été possessif; il l’a convaincue de ne pas retourner à l’école, de ne pas travailler. Il l’a poussée à délaisser ses proches. Puis, il a été violent physiquement. Une fois, on tournait un film pour l’école et nous avons dû maquiller un oeil au beurre noir. Je voulais dire à mon amie de le quitter. Je ne l’ai pas fait; comme Laurence et Joanie, les copines de Mathilde dans le roman, j’avais peur qu’elle me tourne le dos et qu’elle s’isole définitivement. Elle s’était coupée de sa famille, d’autres amis qui avaient émis leur opinion. Je ne sais pas si j’ai bien fait à l’époque; aujourd’hui, tout ça est derrière nous et je suis bien heureuse d’avoir été présente le plus possible. Elle me téléphonait; elle voulait s’enfuir, puisqu’elle en était venue à habiter avec lui. Parfois, elle restait une heure ou deux, puis partait le retrouver. Parfois elle n’arrivait pas du tout.

Une autre de mes amies a été aux prises avec un chum manipulateur et possessif. Son attitude était moins extrême et donc on pourrait la croire moins grave; ce n’est toutefois pas le cas. Il a miné la confiance de mon amie, l’a aussi éloignée de ses amis. Elle s’en est sortie, elle aussi, par chance. Mais les séquelles demeurent.

Souvent, je reproche aux livres jeunesse de traiter de sujets «chauds» vraiment didactiquement; on sent un peu trop la volonté d’éduquer les jeunes lecteurs. Il n’y a pas de mal à ça, mais ça vient un peu lourd des fois, et mon amour premier est la littérature, le plaisir de la lecture. Ici, j’ai été emportée par le texte. Je ne sais pas si c’est parce que le sujet m’interpellait véritablement… J’y ai reconnu tous les comportements qui font en sorte que les choses dégénèrent imperceptiblement et qu’on se retrouve là sans même s’en rendre compte.

L’isolement est la pire des erreurs. Si vous ou un(e) de vos proches vous trouvez dans une telle situation, n’hésitez pas.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s