Girls S02

Publié: 17 avril 2013 dans TV
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J’ai adoré la première saison de Girls.

Pour la deuxième, ça s’est un peu gâté. Au premier épisode, on constate que les personnages principaux se sont éloignés: Marnie et Hannah sont en «chicane», Jessa, mariée, a disparu dans la brume, Shoshanna est en couple. Les intrigues sont donc fragmentées, dispersées, parfois délaissées pendant un ou deux épisodes pendant qu’on se penche sur autre chose. Le manque d’unité de cette saison est selon moi le plus gros défaut de cette dernière, et les scènes qui ressortent du lot n’arrivent pas à racheter ce fait. Ça s’est bien un peu resserré dans la deuxième moitié, mais il m’aurait fallu trois ou quatre épisodes de plus pour ne pas rester sur ma faim.

Je suis toujours d’avis que les dialogues sont très forts par contre, même quand les personnages disent les pires inepties; ils conservent ce côté hyper brut, où tout sort pêle-mêle, qui a fait leur charme dès le départ, et c’est pourquoi je me refuse à véritablement parler d’authenticité au sujet des répliques, parce que, dans la «vraie» vie, on ne parle pas comme ça. On ne dit pas TOUT. On a un filtre. Mais c’est jouissif de voir des personnages rejeter ce maudit filtre.

Et ce sont les gars qui le font avec le plus de brio. Les personnages masculins sont les plus forts de la série, n’en déplaise au titre. Ils sont vulnérables, ils sont parfois cons, mais ils se tiennent debout et ils n’ont pas la langue dans leur poche. À ce titre, j’adore Adam (même si je suis pas sûre que je voudrais fréquenter ni même connaître un gars de même. Brrr! Il me donnerait la chair de poule je pense). Les gars sont en quelque sorte la voix de la raison, celle qu’on croit imprononçable, qu’on voudrait taire ou qui au contraire paraît si évidente qu’on ne la voit même plus. De leur côté, les filles mentent à qui mieux mieux, à elle-même en premier lieu (évidemment), et semblent jouer à qui sera la plus antipathique.

Dans l’ensemble, on poursuit le travail sur le malaise amorcé durant la première saison, surtout en mettant en scène les corps dans des fonctions complètement dés-érotisantes, voire dégoûtantes (je pense à la scène du Q-Tip dans l’oreille, entre autres). Sauf que, quand on travaille le malaise, on doit tout de suite accepter de se mettre à dos une bonne partie du public. Si on réussit, toutefois, celle qui reste va fort probablement crier au génie, et c’est un peu ce qui s’est passé avec Girls à ses débuts. Mais le risque de se retrouver à côté de la plaque est toujours très grand. Durant cette deuxième saison, on se retrouve de temps à autre, comme spectateur, avec l’impression qu’il aurait pu se passer quelque chose, que l’intention des créateurs est louable, mais n’atteint pas un résultat probant.

Mais bon, je préfère tout de même une saison imparfaite de Girls qui essaie d’atteindre quelque chose qu’une copie conforme des autres saisons/sitcoms américaines. Au moins il y a une certaine substance.

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