Archives de la catégorie ‘Family Guy’

Ce soir, je suis allée parler de poésie dans un cours de littérature au cégep Marie-Victorin. Mon amie Élise m’avait invitée en tant que « poète à venir » pour discuter sur mes textes qui semblent en avoir déconcerté plus d’un… Je suis super contente d’y être allée, car j’ai trouvé la gang allumée et dynamique. C’est à peine s’il y en avait quelques-uns qui jouaient avec leur cellulaire (sûrement pour mettre l’adresse de mon blogue dans leurs favoris). 😉
Entre autres faits saillants, je leur ai parlé de mon obsession pour Family Guy et je leur ai fait des jokes de geeks, en plus de leur dire des choses d’une profondeur indéniable telles que : « Je suis super paresseuse », « C’est mon éditrice qui a trouvé mon titre », « Je sais pas pourquoi j’ai écrit ça » et « J’aime pas qu’on me lise. » Comme le but était de faire sortir l’Auteur avec un grand A de l’institution, je pense que je peux clamer haut et fort : mission accomplie.

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Oh mon Dieu, je suis en train de regarder la saison 7 de Family Guy. La fan en moi est au comble du bonheur. Pour ceux qui l’ont pas vu, je vais quand même vous parler de l’épisode 2, qui je pense restera dans l’histoire de la série! lol


Dire que j’ai déjà sous-titré cette chanson… C’était dans Full Metal Jacket. Sérieusement, si vous êtes sourd et que vous comprenez ce que « Ba-ba-o-mow-mow, o-o-m-mow-m-mow » veut dire, chapeau…

L’extrait est très long, mais il faut le regarder au complet pour bien en comprendre l’impact! Encore une fois, les scénaristes utilisent l’élongation du gag pour le rendre drôle. Cette fois-ci, pourtant, rien ne vient briser la logique narrative; le montage est la classique illustration du temps qui passe. C’est réellement l’accumulation qui rend la scène hilarante (ou insupportable).

Bien entendu, Peter est subjugué par la musique et le rythme de la chanson Surfin bird, comme en témoigne sa petite danse. Mais le plus fabuleux, c’est qu’il prend le texte au premier degré; il achète du temps d’antenne pour « conscientiser » la population au fait que the bird is the word. Mais comment trouver même un premier degré de sens dans ces paroles?

Everybody knows about the bird

The bird, bird, bird, the bird is the word […]

Don’t you know about the bird

Everybody knows that the bird is the word

Même si la phrase est correcte, elle ne veut rien dire! La seule piste de sens demeure l’euphonie, la rime, et bien entendu la répétition, comme le souligne d’ailleurs Stewie en bon enfant d’âge préscolaire: « Again! I love repetition! » Eh bien, c’est exactement comme ça que tout le show fonctionne. Cet extrait est en quelque sorte la métaphore du principe de Family Guy. La répétition, c’est ce point de vue particulier sur le temps, les gags interminables qui se répètent presque à l’infini. Et l’euphonie, c’est la construction par affinité qui vient contrer la logique linéaire (les fameux flash-backs qui prennent souvent le pas sur le récit principal).

Et il va sans dire que depuis ce temps, la chanson a repris ses lettres de noblesse… on l’entend maintenant dans les bars et il y a toujours 2 ou 3 freaks (hum hum…) qui hurlent et qui chantent tout le long… Et ensuite, impossible de se la sortir de la tête. Nous sommes devenus Peter Griffin!

Connaissez-vous Mélodie Nelson? Pas celle de la chanson de Gainsbourg, la blogueuse et sex addict invétérée, qui adore le vernis à ongles, prendre des bains avec du bain moussant à la poire et Roger DesRoches. Non seulement j’aime bien la lire, mais il se trouve que c’est une copine à moi. Ça vous en bouche un coin, hein?

Bon, je vous parle d’elle en ce moment parce que je suis complètement RÉVOLTÉE de la mauvaise foi des gens. Vous voyez, hors du monde virtuel, Mélodie occupe un emploi qui la met en contact avec les enfants. Et elle adore les enfants. Et certains osent prétendre qu’elle ne serait peut-être pas la meilleure personne pour travailler avec des enfants juste parce qu’elle écrit un blogue qui parle de cul!!!

Premièrement, est-ce que quelqu’un a déjà entendu parler de la différence entre réalité et fiction?? Et deuxièment, si nous supposons que tout, tout, TOUT ce que Mélodie écrit, jusqu’à la dernière virgule, est « vrai », c’est-à-dire est un récit fidèle de ses faits et gestes, who cares about ce qu’elle fait en dehors du travail. Jamais elle ne fait la moindre allusion à la pédophilie ou quoi que ce soit, et elle adore les filles de son amoureux, Alexandre Le Grand. Pour moi, c’est exactement la même chose que de renvoyer un prof parce qu’il serait homosexuel. C’est pas de vos affaires!

Un courant de droite est vraiment en train d’envahir notre société. Si vous êtes comme moi, vous trouvez complètement aberrant qu’il n’y ait plus de cours d’éducation sexuelle dans les écoles. Non mais, on habite-tu aux États-Unis ou quoi??? D’ailleurs, cette thématique a donné lieu à un épisode fort réjouissant de Family Guy (saison 5, épisode 6), où Lois commence à donner des cours d’éducation sexuelle à l’école et où, après nombre de quiproquos, les étudiants pensent qu’avoir des relations sexuelles par l’oreille (!) n’est pas un péché!

L’édition de livre jeunesse est aussi en train de prendre un tournant de droite. Vous souvenez-vous du livre, publié à La Courte échelle, Venir au monde? Moi oui. C’était la première fois dans mon existence que je me faisais traiter de cochonne, lorsque je l’ai emprunté à la bibliothèque en 2e ou 3e année.

Venir au monde, de Marie-Francine Hébert (avec des illustrations de Darcia Labrosse), expliquait aux enfants de manière claire, sans hypocrisie, ce qu’est l’acte sexuel entre deux personnes qui s’aiment, que sont les systèmes reproducteurs, les spermatozoïdes et ovules, la grossesse. C’était en toute simplicité, vraiment pas effrayant, et ça ne donnait pas non plus le goût de devenir prostitué ou je sais pas quoi! Eh bien, Mélodie Nelson m’a appris que La Courte échelle ne rééditerait plus jamais ce livre.

Moi, j’ai peur de voir une horde de petites filles de quinze ans enceintes, parce qu’elles croient que si le gars se retire, il n’y a pas de danger. Ou encore des ados qui attrapent la gonorrhée parce qu’ils pensent que la pilule protège contre les MTS. Pire, on va peut-être leur dire qu’utiliser un condom, c’est péché, maintenant? Faire l’éducation sexuelle de nos enfants, ce n’est pas promouvoir la précocité ou la banalisation du sexe; de toute façon, ce n’est pas parce qu’on se cache la tête dans le sable qu’ils ne s’émanciperont pas sexuellement. Ça va arriver de toute façon, et soyons au moins sûrs que ça se passe de façon agréable et sécuritaire!

(Mon Dieu, je sonne comme une vieille matante ou je sais pas quoi.)

Vous savez, quand on introduit un sujet et que, enfin, on entre dans le VIF du propos… Que de satisfaction!

Ce qui m’a toujours fascinée avec l’utilisation du temps dans Family Guy, c’est qu’elle est toujours à contre-pied des autres. Et je ne parle pas ici des digressions ni du manque de continuité qu’on peut aussi observer dans d’autres émissions, même si tout n’y est pas traité de la même manière. Je fais plutôt référence à la notion de timing qui est primordiale en humour. Il s’agit en général de faire monter la tension jusqu’à un paroxysme, tension que l’on relâche par un punch bien placé. Par les temps qui courent, on observe une augmentation substantielle du rythme du montage et même du débit des acteurs dans quantité d’émissions (les Gilmore Girls en étant jusqu’à présent l’apogée). En France, les capsules humoristiques de trois minutes font fureur; on n’a qu’à penser à Samantha oups! et Kaamelott (cette dernière série étant si populaire que le format a été allongé à une quarantaine de minutes – une heure avec les pauses publicitaires – et qu’une trilogie de films en sera bientôt tirée).

Au contraire, dans Family Guy, l’étirement des séquences constitue le gag, comme dans l’incroyable bataille avec le poulet ou encore lorsque Peter tombe sur le trottoir et gémit parce qu’il s’est fait mal :

Désolée pour la piètre qualité… Cet extrait est toujours désactivé!

Ça a beau ne durer qu’une trentaine de secondes, c’est extrêmement long dans un épisode télévisé de 21 minutes, surtout pour une scène qui n’a aucun impact sur le développement du récit. On peut bien sûr considérer ces séquences en longueur comme d’autres types de digressions, sauf qu’ici ce n’est pas le contenu mais bien la durée qui est drôle, voire absurde, pour en revenir à aux propos de notre dernier article. Mais pourquoi est-ce drôle?

Bien sûr, c’est hilarant parce que ça n’a aucun sens, et pour cette raison, cela cadre parfaitement avec la touche Family Guy. On peut évidemment y voir une manière pour les créateurs de la série d’agacer un peu leur auditoire, comme ils aiment le faire, en s’adressant souvent directement à lui et en brisant le « 4e mur » dressé entre le public et les artistes. Par exemple, lorsque Stewie sort du simulateur et qu’on apprend qu’il n’a jamais essayé de tuer Lois ni de contrôler le monde dans la réalité, Brian lui dit : « Theoratically, if someone watched the events of this simulation from start to finish only to find out that none of it really happened […] you don’t think that it would be like a giant middle finger to them? » (Lois kills Stewie, saison 6). Loin de prendre le public pour des idiots, les auteurs aiment quand même s’amuser à leurs dépens. Ainsi les séquences seraient juste assez longues pour être énervantes et retarder le déroulement de l’intrigue.

Une seconde possibilité est d’y observer une (autre) critique du mode de vie américain, où tout roule au quart de tour, c’est-à-dire le fameux cycle du métro-boulot-dodo-reconduire les petits au hockey-faire du temps supplémentaire-économiser pour ses REER. Cette inférence n’est probablement pas gratuite. Time is money, et Seth MacFarlane, le créateur de la série, est bien placé pour le savoir. Comme il le dit lui-même (je traduis…), si un show aussi radicalement de gauche que Family Guy peut être diffusé sur un réseau aussi à droite que Fox, c’est que ce réseau est géré par des businessmen. Tant et aussi longtemps que Family Guy rapportera de l’argent, la série continuera. (Pour en savoir plus, voir le spécial Just for laughs, dans les bonus du coffret DVD de la saison 6.) Les téléspectateurs qui regardent religieusement les épisodes à la télé se disent, en toute rationalité, que l’émission n’est pas soumise à la censure, car on y voit des images plus outrageantes les unes que les autres. Erreur.

Je prends pour preuve un autre épisode la saison 6, Movin’ out (Brian’s song). L’intrigue principale est que Brian, critiqué par Lois pour son manque d’engagement conjugal, consent à contrecoeur à déménager avec sa superbe mais ô combien cruche blonde Jillian. Toutefois, à court d’argent, il se voit obliger d’accepter Stewie comme colocataire. J’ai vu l’épisode en première le 30 septembre 2007. J’ai eu droit à l’intégralité, car je suis au Canada. Mais aux États-Unis, comme le témoigne les copies piratées disponibles sur Internet, plusieurs scènes ont été coupées[1].

La première est très violente, et cette violence est de surcroît dirigée contre une autre émission de Fox, The Simpsons. On y voit Marge Simpson, au bas de l’écran, devant un bandeau qui dit Watch the Simpsons, ou un truc similaire. Une pub tout ce qu’il y a de plus commun, donc. Soudain, un petit Quagmire débarque et viole carrément Marge Simpson (le tout pendant que Lois débite une tirade sur le couple que plus personne n’écoute). À la fin de la scène, on voit un plan fixe de la maison des Simpson. On entend à l’intérieur Marge et Quagmire qui remettent ça, Marge s’étant « abandonnée au plaisir ». Puis, la voix d’Homer se fait entendre, suivi d’un coup de fusil. Marge s’exclame : « You killed my Homie! » Second coup de fusil. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que les trois enfants y aient passé aussi. Évidemment, pas besoin de vous expliquer les raisons de cette coupure.

La seconde scène était plus pernicieuse. Après que Brian eut maladroitement avoué qu’il était réticent au déménagement au départ, Jillian le quitte en plein milieu de la nuit. Stewie, qui bien sûr est à l’origine du quiproquo, reste au lit avec Brian. Il lui dit un vague « Tu vas voir, ça ira mieux demain », et Brian éteint la lumière. Ensuite, dans le noir, Stewie dit : « Hey, you know what you should do? You should have sex with somebody else just to get back at her […] Just have sex with somebody. Anybody. Don’t even think about it. The next person you see. The very next person you see. » Puis, la lumière se rallume et Stewie est littéralement nez à nez avec Brian. Les allusions à la sexualité entre un chien et un bébé sont donc, semble-t-il, mal vues.

Enfin, la dernière réplique de l’épisode, « Welcome home, asshole! » a été remplacée par un plus tendre « Welcome home, douchebag! ». Pourquoi je vous raconte tout ça? Eh bien, ma théorie est que, le temps étant de l’argent, et le temps de Family Guy étant réglementé, compté, amputé, il est de mon avis que les gags basés sur une durée absurdement longue ne sont pas innocents. En effet, quel meilleur pied de nez à la censure que d’affirmer ainsi : « Mon temps m’appartient, et j’en fais ce que je veux, en dépit des conventions télévisuelles. » Aux scènes coupées s’opposent donc les scènes allongées, où il ne se passe soit strictement rien, soit une action continue et sans évolution.

Évidemment, cette théorie n’évacue pas les autres effets de cette durée que j’ai expliquées plus haut, mais j’aime à croire que tout cela n’y est pas étranger. Et j’oserais ajouter qu’une nation où les humoristes ne peuvent plus s’exprimer librement n’est en aucun cas un endroit où règne la libre expression et ce, même si ce n’est plus le gouvernement mais bien les dirigeants des conglomérats médiatiques qui censurent ou qui exigent réparation après un sketch comique. Lisez entre les lignes…

 


 


[1] Les DVD présentent toutefois les épisodes dans leur intégralité.

Ah! La vie de famille idéale! Un papa et une maman qui s’aiment et qui vivent dans la même maison, un garçon, une fille, un petit bébé très éveillé et un beau chien qui, reconnaissons-le, a quand même quelques traits en commun avec Snoopy. Mais si je vous disais que le père est un imbécile heureux, le fils un débile léger, le bébé un psychopathe qui veut tuer sa mère, le chien un alcoolique, et j’en passe?

Quiconque a déjà regardé des épisodes de la série Family Guy sait que cette émission carbure à l’absurdité la plus totale, absurdité provenant d’une parfaite disjonction des liens de cause à effet. Si on revient quelques instants sur notre cours « Littérature et imaginaire » au cégep, on se rappellera que le courant littéraire de l’absurde, où se sont commis Beckett, Camus et Ionesco, est né de la désillusion causée par la Grande Guerre. Ne trouvant plus de sens à l’existence humaine, ces auteurs ont produit un théâtre sans prétention narrative et, tout en ayant l’air de ne rien revendiquer d’autre que l’incohérence, ont créé des œuvres presque politiques, où l’engagement est manifeste.

Dans Family Guy, l’engagement se joue surtout à un autre niveau, c’est-à-dire dans la conception des personnages et dans la satire des personnalités connues qui défilent dans chaque épisode. La conception du temps, en revanche, revêt pour moi une tout autre dimension. Au lieu de prendre conscience de l’insignifiance de la vie, de l’impuissance de l’individu, celui-ci occupe au contraire toute la place, jusqu’à nier totalement l’existence des autres. Les actions sont ainsi posées sans la moindre réflexion et sans aucun souci pour leurs conséquences.

Car il n’y a pas la moindre conséquence! Chaque épisode commence de la même manière : tout est normal, il n’y a jamais la moindre évolution (on peut bien sûr en dire autant des Simpsons et de la plupart des téléséries animées, de même que la majorité des sitcoms — les sitcoms utilisent habituellement la technique que j’appelle du « sabotage » : dès que quelque chose de nouveau se produit, un concours de circonstance vient en annuler la portée et rétablir la situation initiale). Parfois, on offre une explication logique pour rétablir les faits; dans Stewie kills Lois, et la suite, Lois kills Stewie, saison 6, il fallait bien sûr justifier le retour des personnages principaux d’entre les morts. Or, habituellement, on laisse les choses aller, comme dans l’épisode Viewer mail #1, saison 3, où les personnages donnent chacun quelques os à Peter pour l’opérer (suite à une situation trop longue pour l’expliquer ici!) Toute la famille se retrouve donc éclopée et part dans le soleil couchant sans demander son reste. Deuxième partie de l’épisode : tout le monde est entier.

Pire encore, quand les personnages réfèrent au passé, ce qu’ils font sans arrêt, ce n’est jamais un passé que les téléspectateurs ont déjà vu, mais bien une sorte de passé potentiel, multiple et encore une fois complètement absurde, puisqu’il n’a eu aucun impact sur leur vie actuelle. (Autre parenthèse : j’ai trouvé une occurrence où un personnage se rappelle une scène d’un épisode antérieur. Lorsque Stewie veut boire son verre de jus, Brian est sur le point de lui dire que Peter a craché sa chique dedans, avant de se remémorer une scène où Stewie l’a battu pour une histoire d’argent. Il lui laisse donc boire le verre pour se venger. Voir Airport ’07, saison 5). Un des occurrences les plus courantes est une référence de Peter à un de ses anciens emplois :


Et voilà justement ce qui fait la spécificité de la conception du temps dans Family Guy : les digressions. Non seulement les personnages évoquent un passé sans queue ni tête, qui ne connecte pas du tout avec leur existence présente, mais ils font également appel à la vie des gens riches et célèbres ou des hommes politiques américains, Bush Jr. étant une de leur victime favorite :


Les digressions opèrent même dans le présent : Peter quitte la cuisine en plein milieu d’une phrase pour se battre avec un poulet géant, aller au restaurant avec lui, se battre encore — plus longue scène de bataille animée au monde, soit dit en passant — et revient poursuivre la conversation avec Lois, couvert de plaies. Celle-ci est restée assise à l’attendre pendant ce qui paraît être des heures.

Incroyablement violent!


Même quand cela concerne le présent, tout ce qui déroge de la trame narrative principale dans Family Guy semble se dérouler dans un espace-temps autre. C’est un peu comme si les Griffin vivaient de multiples existences parallèles, comme s’ils expérimentaient chaque alternative de tous les choix qu’ils ont pris dans leur vie. Bien entendu, je sais qu’il s’agit d’une série animée! Or jamais un tel procédé n’a, à ma connaissance, été appliqué d’une manière aussi systématique et aussi poussée dans un épisode narratif (parce que si on embarque sur la structure de Robot Chicken, par exemple, on n’est pas sorti du bois). Le traitement du temps dans Family Guy est celui du refus des responsabilités. C’est ce dont tout le monde rêve : personne ne vieillit, tout le monde fait tout ce qui lui passe par la tête, on n’a pas à assumer les conséquences de ses actes.


Donc, si Peter Griffin est l’archétype de l’Américain comme on aime bien se l’imaginer, obèse, crédule, sûr de son importance, la forme même de l’émission adopte le style de vie américain : détruire tout sur son passage sans prendre conscience de l’impact sur autrui, déformation de l’Histoire et « démonisation » de la différence. Comme le dirait si bien le chef de leur département de pub : Freakin’ sweet!

Ne manquez pas le prochain épisode, dans quelques jours probablement : « Family Guy et la négation du temps, épisode 2 : un pied de nez à la censure? »