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Beyond chick lit

Publié: 9 avril 2010 dans Lecture, Mélodie Nelson, Plogues

Eh oui, j’ai eu l’insigne honneur de lire le premier livre de Mélodie Nelson, son autobiographie « total assumée », parce que c’est à moi qu’est revenue la tâche de la corriger, tâche délicate s’il en était une, car j’avais beaucoup plus envie de dévorer le texte que de m’arrêter à chaque mot pour voir s’il était bien écrit (alors si vous l’achetez et que vous trouvez des fautes, s’il vous plaît, ne me le dites pas et laissez-moi mes illusions!)

Depuis que Mélodie Nelson a ouvert son blog, en fait depuis que je la connais, il y a de ça presque 7 ans, je crois, alors que nous allions dans les mêmes cours de création littéraire et de danse contemporaine, son écriture lui vaut à la fois des fleurs et des foudres. Alors que beaucoup reconnaissent son talent, plusieurs trouvent que le fait qu’elle parle de sexe, et de façon hyper crue, n’est qu’un recours cheap pour se bâtir un lectorat et se démarquer. Soit, Mélodie ne cache pas le fait qu’elle aime attirer l’attention. Mais je pense que ces gens laissent l’arbre cacher la forêt. OK, peut-être que sur un blog, tous les textes ne sont pas du même calibre, mais quiconque a déjà lu les textes de fiction de Mélodie (dans Moebius, Biscuit chinois…) sait que c’est beaucoup plus que de la porno.

Sans vouloir rien vous dévoiler, je peux vous dire que dans son livre, oui, il y a du cul, il y en a en masse et dans toutes les positions, plein de gros mots, il y a aussi le ton léger et pétillant de Mélodie, qui peut nous faire rire aux éclats. Mais il y a également beaucoup de profondeur, et une fille qui lève le voile sur ses angoisses, dans un témoignage d’une honnêteté comme on en voit peu, et qui réussit le tour de force d’être profonde sans être dramatique (et sans nous emmerder). J’ai été profondément touchée par le livre de Mélodie, j’en ai eu les larmes aux yeux et je me suis dit, crisse, moi aussi j’aimerais ça écrire comme ça.

Au-delà de la superficialité et de l’humour associés à la chick lit, Mélodie campe une narratrice à laquelle chaque fille, qu’elle ait été escorte, qu’elle soit mariée ou encore vierge, peut s’identifier. Et elle nous offre un point de vue à mon avis inédit et rafraîchissant sur l’industrie du sexe, dénué de complaisance mais aussi de volonté de dramatisation. Elle nous parle des bons et des mauvais côtés de la vie d’escorte, et de pourquoi elle a adoré son expérience.

Je vous invite donc, le 4 mai 2010, à prendre part au lancement de ce livre, au Gymnase, dès 17h30. Et pour vous faire patienter, en voici la bande-annonce:

Connaissez-vous Mélodie Nelson? Pas celle de la chanson de Gainsbourg, la blogueuse et sex addict invétérée, qui adore le vernis à ongles, prendre des bains avec du bain moussant à la poire et Roger DesRoches. Non seulement j’aime bien la lire, mais il se trouve que c’est une copine à moi. Ça vous en bouche un coin, hein?

Bon, je vous parle d’elle en ce moment parce que je suis complètement RÉVOLTÉE de la mauvaise foi des gens. Vous voyez, hors du monde virtuel, Mélodie occupe un emploi qui la met en contact avec les enfants. Et elle adore les enfants. Et certains osent prétendre qu’elle ne serait peut-être pas la meilleure personne pour travailler avec des enfants juste parce qu’elle écrit un blogue qui parle de cul!!!

Premièrement, est-ce que quelqu’un a déjà entendu parler de la différence entre réalité et fiction?? Et deuxièment, si nous supposons que tout, tout, TOUT ce que Mélodie écrit, jusqu’à la dernière virgule, est « vrai », c’est-à-dire est un récit fidèle de ses faits et gestes, who cares about ce qu’elle fait en dehors du travail. Jamais elle ne fait la moindre allusion à la pédophilie ou quoi que ce soit, et elle adore les filles de son amoureux, Alexandre Le Grand. Pour moi, c’est exactement la même chose que de renvoyer un prof parce qu’il serait homosexuel. C’est pas de vos affaires!

Un courant de droite est vraiment en train d’envahir notre société. Si vous êtes comme moi, vous trouvez complètement aberrant qu’il n’y ait plus de cours d’éducation sexuelle dans les écoles. Non mais, on habite-tu aux États-Unis ou quoi??? D’ailleurs, cette thématique a donné lieu à un épisode fort réjouissant de Family Guy (saison 5, épisode 6), où Lois commence à donner des cours d’éducation sexuelle à l’école et où, après nombre de quiproquos, les étudiants pensent qu’avoir des relations sexuelles par l’oreille (!) n’est pas un péché!

L’édition de livre jeunesse est aussi en train de prendre un tournant de droite. Vous souvenez-vous du livre, publié à La Courte échelle, Venir au monde? Moi oui. C’était la première fois dans mon existence que je me faisais traiter de cochonne, lorsque je l’ai emprunté à la bibliothèque en 2e ou 3e année.

Venir au monde, de Marie-Francine Hébert (avec des illustrations de Darcia Labrosse), expliquait aux enfants de manière claire, sans hypocrisie, ce qu’est l’acte sexuel entre deux personnes qui s’aiment, que sont les systèmes reproducteurs, les spermatozoïdes et ovules, la grossesse. C’était en toute simplicité, vraiment pas effrayant, et ça ne donnait pas non plus le goût de devenir prostitué ou je sais pas quoi! Eh bien, Mélodie Nelson m’a appris que La Courte échelle ne rééditerait plus jamais ce livre.

Moi, j’ai peur de voir une horde de petites filles de quinze ans enceintes, parce qu’elles croient que si le gars se retire, il n’y a pas de danger. Ou encore des ados qui attrapent la gonorrhée parce qu’ils pensent que la pilule protège contre les MTS. Pire, on va peut-être leur dire qu’utiliser un condom, c’est péché, maintenant? Faire l’éducation sexuelle de nos enfants, ce n’est pas promouvoir la précocité ou la banalisation du sexe; de toute façon, ce n’est pas parce qu’on se cache la tête dans le sable qu’ils ne s’émanciperont pas sexuellement. Ça va arriver de toute façon, et soyons au moins sûrs que ça se passe de façon agréable et sécuritaire!

(Mon Dieu, je sonne comme une vieille matante ou je sais pas quoi.)