Articles Tagués ‘Poésie’

Tiens ta langue si tu veux être accepté. Ici on n’aime pas les pipelettes, les femmelettes, les tapettes. On aime juste ceux qu’on connaît, et encore, faut qu’ils laissent leur linge sale à la maison. Le moins on en sait le mieux on se porte, mais ne vous avisez surtout pas de nous faire des cachotteries. Faudrait pas nous prendre pour des caves avec des poignées dans le dos.

Les rives du canal ne séparent personne mais nous unissent en nous donnant quelque part où nous refléter. Et puis les ponts, parce qu’il faut bien faire quelques coutures, quelques points de rapprochement; malgré l’apport en ciel on ne peut toujours pas voler, à peine marcher lorsque la glace est prise, louer un kayak et naviguer.

Glissade, jeté, temps levé, pointe les pieds, étire les genoux, grandit. Rien qui dépasse, rien qui déroge. Dans ces contes, les cygnes sont amoureux, la princesse marche sur le bout des pieds, les bonbons ont une souveraine. On sait qu’on ne volera jamais, mais l’important c’est surtout de ne pas s’écraser.

Le son des griffes sur le parquet, puisque les talons hauts je ne les mets jamais, la fourrure bon marché non brossée, bonne à jeter de la poudre aux yeux des dames argentées à l’hermine reniée. Bouvier numéro cinq, espèce consanguine, tares congénitales en prime. Jamais de ma vie je n’aurai été autant regardée. Noir blanc feu, son arthrite l’a déjà empaillé. À partir de là, on peut bien finir en étole.

Je voudrais la force surhumaine, jamais peur de rien, des recoins sombres où les mains se font araignées, plus collantes que la neige qui fond à moitié sans cesser de briller, d’éblouir. Je façonne le bonhomme je lui donne des formes inoffensives, rondes comme un ballon qu’on reçoit à deux mains. C’est froid, c’est blanc, on y laisse des traces qui s’évanouiront dans la boue. Flatte le mercure pour que ça lève.

La tradition (après combien d’années ça devient une tradition?) veut qu’on achète (au moins) un livre québécois le 12 août. Voici donc quelques suggestions de mon cru. La plupart des auteurs sont mes ami-es, oui, c’est vrai. Mais que voulez-vous: mes ami-es, c’est les meilleur-es.

Certains de ces livres ne sont plus nécessairement en librairie, commandez-les sur les libraires.ca
9782924519165

La chambre Neptune

Pour toi si tu crois qu’ici bas tout est lié, que tu t’intéresses aux mystères de l’univers et que tu penses que d’accompagner un enfant en fin de vie est en quelque sorte la plus belle chose du monde.

Pas pour toi si tu cherches une narration linéaire et traditionnelle.
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9782890318489
Pour toi s’il y a des choses que tu as toujours voulu dire à ton père, mais que tu n’en as jamais eu le courage.
Pas pour toi si tu penses que la poésie doit obligatoirement être en vers, et surtout si tu penses qu’elle doit rimer.
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9782923530406
Pour toi si tu voudrais essayer la poésie mais que tu as peur de ne pas comprendre; Geneviève Gravel-Renaud parle à tout le monde.
Pas pour toi si tu n’es pas capable de t’arrêter et t’intéresser aux petites choses de la vie.
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9782896626014
Pour toi si tu t’intéresses à la littérature jeunesse et aux relations amoureuses, en particulier aux attentes que l’on se fait à notre égard et à celui des autres.
Pas pour toi si tu penses qu’une relation sexuelle réussie se clôt obligatoirement par un orgasme.
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9782896981564
Pour toi si la lutte, le clinquant, l’usé et les magouilles te fascinent autant qu’un roman dont l’intrigue nous happe.
Pas pour toi si tu trouves que les films des frères Coen sont plates et que tu cherches «plus d’action».
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9782764431139
Pour toi si tu es fasciné-e par le ballet, le deuil et la solitude, et si tu aimes entendre la musique au creux d’un texte.
Pas pour toi si tu n’aimes pas les récits intérieurs qui se développent lentement.

J’en ai parlé, j’en ai parlé, et peut-être que vous commenciez à ne plus y croire, mais… c’est aujourd’hui que mon recueil de poèmes, Ce qui a brûlé, se retrouve en librairie! Alors je vous invite fortement à aller le zieuter et, évidemment, à l’acheter. Mais pas à le lire. 🙂

Bien oui, je suis contente que mon livre sorte, mais je suis super stressée et j’ai peur. Peur parce que ça fait longtemps que j’ai écrit ça, et on change si vite. Peur parce que je suis une fille d’être étiquetée « littérature féminine ». Peur qu’on me trouve quétaine.

Je sais que je réinvente pas la roue (de toute façon, après Baudelaire, pfff à quoi bon écrire de la poésie, me rappelait un lecteur récemment), mais j’espère qu’il y aura au moins un texte qui trouvera une petite résonance chez vous. Alors si vous m’en parlez, faites attention. C’est ma première fois.

ps. Je ne sais pas encore la date du lancement, mais vous avez le droit d’acheter le livre avant et de venir me donner un bisou ce jour-là quand même. 😉

MAJ: On m’informe que le lancement aura lieu le mercredi 6 octobre au Pub Quartier latin dès 17h30. Venez en grand nombre!